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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Le feuilleton Déby a commencé

10/02/2016
19:10

Le tripatouillage des textes fondamentaux en vue de s’éterniser au pouvoir est devenu une coutume très respectée de nombre de dirigeants africains. Inutile de vouloir dresser une liste des pays du continent noir qui ont, dans leur histoire post-coloniale, modifié la Constitution à des fins personnelles. Aujourd’hui encore cette honte, qui justifie amplement l’absence de démocratie et de bonne gouvernance, continue de coller à la peau de certains chefs d’Etat africains comme une seconde nature. Et  on le sait, à beau chasser le naturel, il revient au galop. Mieux, l’épisode du Burkina Faso n’a pas servi de leçon sous d’autres cieux. Au pouvoir depuis 25 ans, le président tchadien Idriss Déby Itno qui vient d’être investi par son parti le Mouvement patriotique du salut (MPS) n’a pas hésité à proclamer sa candidature pour la présidentielle prévue pour le 10 avril prochain. Ce sera son cinquième mandat consécutif à la tête du Tchad. Il est nécessaire d’ouvrir un pan du parcours de l’homme. Né en 1952 à Berboda, Idriss Déby Itno est diplômé en aéronautique. Homme politique, il participe au mouvement de rébellion de 1980 à 1984 contre Goukouni Oueddei. Se trouvant en désaccord avec le pouvoir en son temps, il part en exil à partir de 1989 et crée en 1990 son propre parti qu’il baptise le Mouvement patriotique du salut (MPS). La même année, ses forces s’emparent de N’Djamena et chassent Hissène Habré du pouvoir. Il est officiellement élu en 1996, puis en 2001, en 2006 et en 2011 avec 88 % des voix. Pendant que le procès de son prédécesseur Hissène Habré bat son plein devant les chambres africaines extraordinaires, Déby annonce sa candidature pour un autre quinquennat. Il propose du même coup la limitation prochaine des mandats présidentiels. C’est à dire l’homme fort de Ndjamena va remettre en place le verrou qu’il a lui-même fait sauter en 2005. « La réintroduction du principe de limitation de mandats présidentiels dans la Constitution doit être posée, car il y va de la vitalité de notre jeune démocratie. Rien ne nous permet de nous focaliser dans un système où l’alternance devient difficile. », a déclaré Idriss Déby comme priorité de son programme de société.  En 2001, le président Déby affirmait qu’il préparait le Tchad à l’alternance. Quinze ans après, il est toujours là. Seulement que cette fois-ci il affirme dans son agenda de campagne vouloir réformer la justice «dont le fonctionnement ne favorise pas la paix sociale«. Il entend également restructurer l’architecture étatique, en évoluant vers un Etat fédéral. « La forme de l’Etat doit être revue pour en finir avec l’Etat centralisé », propose le candidat Idriss Déby Itno. Comme il fallait s’y attendre, la nouvelle de la candidature de Déby a sonné au sein de l’opposition comme une déclaration de guerre. Abasourdi, les partis de l’opposition ont vite appelé le peuple tchadien à un sursaut patriotique contre tout accaparement du pouvoir. Ajouté aux récentes protestations à Ndjamena des structures de la société civile contre la suspension des intégrations à la Fonction publique, on craint fort que le pays ne bascule dans une crise qui compromettra la tenue des élections. Pour Laoukein Kourayo Médard, candidat à la présidentielle avec son parti, la Convention tchadienne pour la paix et le développement, «Idriss Déby veut mourir au pouvoir«. Le député Clément Bagaou, par ailleurs candidat sous la bannière du Parti démocratique du peuple tchadien (PDP), estime que cette annonce n’est pas prioritaire. Pour lui, il faut désormais une alternance démocratique et il s’interroge: Comment parvenir à l’alternance ? Sans tergiverser, ce dernier ne prend aucunément acte de la candidature du président sortant. Comme la plupart des leaders de l’opposition, il dit attendre  purement et simplement que le pouvoir soit transmis démocratiquement au candidat qui sera élu par la population tchadienne au sortir du scrutin à venir. C’est dire qu’entre le pouvoir et l’opposition le torchon brûle. Mais quel effet la lutte de l’opposition peut-elle bien avoir au niveau communautaire? Le président Idriss Déby Itno a été officiellement désigné pour occuper la présidence tournante de l’Union africaine (UA) lors de la cérémonie d’ouverture du 26e Sommet, le samedi 30 janvier 2016. Il succède au Zimbabwéen Robert Mugabe et devrait occuper le poste pendant un an. C’est dire combien il peut être tenté d’aller jusqu’au bout de son projet sans se soucier d’une injonction de la part d’une organisation sous-régionale. 

Wanlé Gérard COULIBALY
gerard_coul@yahoo.fr


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