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"Il faut aussi penser aux hommes dans l’offre des services de PF" , Mariam Diakité du Bénin

20/02/2016
16:38

Tékponon Jikuagou,  qui signifie « faire tout ce qui  est possible pour prévenir la mortalité infantile » dans la langue locale adja au Bénin, est un projet  dont l’objectif est de réduire les besoins non satisfaits en matière de Planification familiale (PF)  à travers des interventions menées au sein des réseaux sociaux. La recherche montre que le réseau social d’un individu a une influence importante sur ses désirs de fécondité et de santé reproductive. Mariam Diakité, Coordonnatrice recherche et suivi /évaluation dudit projet, explique dans l’entretien ci-après, des besoins non satisfaits des hommes et la nécessité de les prendre en compte  dans les programmes de PF.

Sidwaya (S.): Quand  parle-t-on de besoins non satisfaits chez les hommes ?

Mariam Diakité (D.K.) : Nous avons mené  des recherches sur les besoins non satisfaits chez les hommes au Benin et au Mali.  Il  ressort de l’étude que les facteurs socioculturels tels que les rôles que la société attribue aux hommes y sont pour quelque chose. Par exemple, un homme qui veut utiliser des méthodes contraceptives pourrait être empêché parce que dans les normes traditionnelles, un homme doit faire beaucoup d’enfants. Aussi, quand un homme est polygame, il peut se voir obliger de ne pas planifier ses naissances car  ses femmes peuvent se rivaliser en nombre d’enfants.  Certains hommes seraient contraints de suivre la volonté de leurs épouses. Ils n’oseront pas en parler à l’entourage parce que tout ce qui est relatif à la sexualité est  un tabou et ils auront peur de la réaction des autres. 

S. : Comment  définissez-vous  les besoins non satisfaits  d’un homme ?

D.K. : Selon la définition des Enquêtes démographiques et de santé (EDS), il y a des hommes qui veulent espacer les naissances mais n’utilisent aucune  méthode de contraception. Pire, on a trouvé qu’il y a des hommes qui ont un besoin non satisfait, mais qui  ne le savent pas. Par exemple, lorsque vous  demandez à un homme,  pourquoi vous n’utilisez pas une méthode de  planification familiale, il vous dira simplement que sa femme vient d’avoir un enfant, donc  elle ne peut pas tomber enceinte ; ou bien ma femme allaite, elle ne peut pas tomber enceinte. Il ignore que sa femme, bien qu’étant dans ces périodes, peut prendre une grossesse. Dans notre contexte, c’est amener cet homme à réaliser ses besoins et éviter une grossesse non désirée. Notre projet identifie et distingue les hommes qui réalisent leurs besoins et ceux qui ne réalisent pas les leurs afin de les amener à agir contre ce besoin non satisfait. 

S. : Vous estimez à combien  les besoins de planification familiale non réalisés chez les hommes ?

 D.K. : L’étude s’est menée dans le Coufo au Bénin. Nous avons trouvé que 50% des hommes avaient un besoin non satisfait. Notre intervention consiste à utiliser les réseaux sociaux dans les villages  pour promouvoir la PF. Quand on parle de réseaux sociaux, c’est les groupements influents ou les personnes influentes comme les leaders religieux ou les leaders communautaires sur lesquels on s’appuie. Et c’est la communauté qui nous renseigne sur les groupements les plus importants de leur village. Quand les leaders diffusent les idées, beaucoup de gens les suivent.  Les résultats de nos recherches ont montré que les gens sont gênés  de discuter de la PF.  Il y a  les stigmates aussi sur la PF. Nous organisons des groupes de discussions  qui permettent aux hommes de discuter des facteurs socioculturels et des rôles  au sein du couple. Ainsi, à la fin de la discussion, on ne tire pas de conclusion, on encourage les membres à aller discuter avec  leurs réseaux, c’est-à-dire avec la famille, les voisins ou les amis et demander leur avis sur le sujet. Cette stratégie permet à l’homme qui veut limiter ses naissances ou les retarder, d’en discuter avec sa femme et d’entreprendre  des actions pour répondre à ses besoins.

S. : Y a-t-il des femmes qui s’opposent à la PF ?

D.K. : Tout à fait ! Dans la communauté, il y a des femmes qui vont jusqu’à dire que si leurs époux  veulent utiliser des méthodes de contraception avec elles, c’est qu’ils ne les aiment pas. Il y a des familles où par exemple, la belle-mère  aimerait avoir beaucoup d’enfants.  Ainsi, elle va  influencer négativement l’attitude du couple dans la PF. En outre, il y a le regard des  amis  qui critiquent ceux qui tardent à avoir des enfants. S. : Quel pourrait être le dispositif de service pour les hommes ?D.K. :Nous  intervenons dans le cadre de la demande. Nous disons qu’il faut aussi penser aux hommes dans l’offre des services de PF. Dans les services de PF, les taux d’utilisation de la PF chez les hommes n’existent pas.  Il faut encourager les hommes à aller vers les centres de santé pour des services de PF. Dans les différents programmes, les hommes sont moins ciblés. Les actions de PF sont beaucoup orientées vers les femmes.

S : Dans votre projet, on ne pense qu’aux hommes. N’est-ce-pas ?

D.K. : On pense aux hommes de la même manière qu’on le fait pour les femmes parce que nous pensons que c’est ensemble que l’on va atteindre l’objectif. Si on prend les femmes à part, les hommes seront toujours là comme des barrières et vice versa ; c’est une affaire de couple. Je pense qu’il n’y a pas assez de méthodes de contraception pour les hommes hormis le préservatif masculin et la vasectomie. Le  choix des hommes est limité. Par exemple, une femme peut adopter une contraception en cachette; ce qu’un homme ne peut. Est-ce qu’il va oser faire la vasectomie à l’insu de sa femme ? Ce sont des barrières qui contribuent à l’augmentation des  besoins non satisfaits des hommes.

Interview réalisée à Bali (Indonésie) par Boureima SANGA
bsanga2003@yahoo.fr 


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