Suivez-nous                                                                                                   Contactez-nous  +22625312289
Burkina : le canton du Risiam  dans le Bam  disputé par deux camps //Sport : Le Colonel David KABRE a été élu président de l’Organisation du Sport Militaire en Afrique (OSMA).// Harouna Dicko, responsable de plusieurs attaques dans le nord du Burkina à été abattu mercredi nuit sur une colline de Petega dans la province du Soum ; 18 autres  personnes ont été interpellées et des armes récupérées (média)//Le général Mathias Doué, 71 ans, ancien chef d’état-major de l’armée ivoirienne (2000-2004) est décédé, jeudi 23 mars, à l’âge de 71 ans, (fille Nancée Doué)  //« Le Burkina Faso est aujourd’hui considéré comme un succès démocratique, et un modèle de bonne gouvernance en Afrique », Président du Faso. 
Flash info :

Ah, le deuil au riz gras !

24/03/2016
21:34

Quand je suis arrivé à la maison mortuaire, il n’y avait presque pas de larmes sur les visages. Il n’y avait presque pas de signe de tristesse. A part la photo mal accrochée du défunt qui pendait à l’entrée et au salon. Les murs étaient décorés avec des jeux de lumières de toutes les couleurs. Au centre, un cercueil argenté trônait sur un piédestal. Juste au-dessus, deux posters géants du Christ crucifié et du défunt se regardaient religieusement.  Mais j’étais sûr que le premier avait du mal à se tenir sur sa croix. En vérité, le sauveur lui-même souffrait plus de la bêtise des hommes que de la douleur de ses clous. Autour du cercueil, un petit bataillon de femmes pleureuses riait sous cape sous leur voile en téléphonant et même en se taquinant. Dehors les hommes avaient déjà commencé à « dépuceler » les premières bouteilles de bière fraiches. Pendant la prière, d’hilares  amis de longue date célébraient leur retrouvailles en se tapotant l’épaule et en se racontant les plus belles histoires de leur petites vies. Dans le rang des jeunes, quelques dragueurs aux pulsions effrénées verrouillaient la cible dénudée au collimateur. Avant même le départ pour le cimetière, ils réalisèrent la prouesse en arrachant le numéro de la « petite » ignare.
 Au cimetière, ils parleront de MP3 et de maquis en activant leur Bluetooth pour échanger des insanités. Pendant que les rares volontaires creuseurs s’échinent dans la dernière demeure, eux, ils tournent le pouce à l’ombre des neem en se plaignant de la lenteur du travail. Selon eux, avec une maîtrise en droit ou un doctorat en médecine, on ne peut descendre dans le trou. Généralement ce sont les mêmes, fourrés et cravatés qui jouent à l’ingénieur au moment d’arrondir les angles. Pendant que la foule égrène le chapelet, ils se retranchent dans leur voiture, mettent la climatisation à fond en hochant la tête sur les meilleurs tubes de « couper-décaler ». A l’heure d’asperger l’eau bénite sur le cercueil, ils se bousculeront avec quelques gouttes de larmes pour esquisser un signe de croix parfois mal exécuté, d’ailleurs. Au moment de boucher le trou, ils s’éloigneront des pelles et de la poussière, abandonnant à eux-mêmes les forcenés « petits voyous » du quartier. Après avoir balancé le « type » dans son trou, top c’est parti pour la partie ! A deux cents mètres de la cour du défunt, les décibels crèvent les tympans. Même si parfois c’est de la musique religieuse, l’ambiance autour n’est pas toujours catholique. Et ce n’est pas tout, vous sentirez le bon riz gras bien fumant. Vous écouterez votre soif en voyant toutes ces bouteilles de bières transpirées au frais. Après l’installation des « invités », la « fête » peut commencer. De charmantes demoiselles feront le tour des rangées avec des plateaux bien garnis. Si c’est du « self-service », vous verrez que certains gourmands n’hésitent pas à se tailler la part du lion en triant les bons et gros morceaux. Ils se goinfreront la bouche pleine en se parlant sans s’entendre. Il y en a même qui ont des points focaux dans la commission boisson. Ceux-là boiront comme des trous en balançant les bouteilles vides sous leur chaise. Parfois, d’impénitents buveurs puristes font échanger leur bouteille avec la marque de leurs vertiges. Ne parlons pas de ceux qui vont frauduleusement soutirer quelques bouteilles de bière et emporter à la maison. Oublions les sachets noirs remplis de riz et de viande. Ne faisons pas attention à l’adulte inculte qui exulte en dandinant devant la veuve inconsolable. A l’heure de la remise des « cadeaux », chacun brandira son enveloppe en prenant le soin de bien noter le nom du donateur. Après les accolades de « joyeuses » sincères condoléances, ils repartiront sans se retourner en attendant le prochain numéro.  Nous vivons dans un monde insensé, où le sacré est massacré. Nous vivons un univers de revers où de pervers personnages marchent à l’envers sans repère. Aujourd’hui, avant même que tu ne meurs, tu peux sentir le fumet de ton riz gras, la fraîcheur de ta bière, la bière de ton décès. En tendant bien l’oreille, tu peux même entendre depuis ton lit de mort l’organisation de l’événement. Ce qui fait surtout mal, c’est quand depuis ton cercueil, tu entends toutes sortes de ragots sur les raisons de ta mort. Il y en a même qui oseront contempler, convoiter et mieux, fantasmer sur ta belle triste veuve. Ô pauvres hommes de la terre, qui de vous n’ira pas six pieds sous terre ? Alors que chacun achète son mouton, son riz et sa bière de décès « en attendant Godot ». Si seulement le défunt pouvait se joindre aux invités affamés et assoiffés, pour gouter aux buffets de sa mort ! 



Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr














61
Partager sur Facebook

> Recherche




>SOURIRE DU JOUR





>IMAGE DE LA CITE





> Edito

 



> Inscrivez-vous à la Newsletter

Newsletter

> Conseil des ministres


Voir tous les comptes rendus