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Le début de la ronde diplomatique de Roch

07/04/2016
09:46

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a sacrifié à une tradition politique et diplomatique qui date de depuis les indépendances. Depuis le début de la semaine, le chef de l'Etat est en visite de travail en France.   Au programme, la coopération militaire, la lutte contre le terrorisme, la sécurité dans la bande sahélo-saharienne, l'économie, etc. Sur le plan sécuritaire, la question de l'envoi à Ouagadougou d'éléments du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale française (GIGN) était au cœur des discussions avec le président François Hollande. En effet le déploiement de ces «super gendarmes» au "pays des Hommes intègres" avait déjà suscité des remous au sein de la population burkinabè qui estime que la présence de militaires français sur son sol va attirer les terroristes. Le chef de l'Etat lui-même se défendait de ne pas être officiellement consulté au préalable à propos de cette mission de la gendarmerie française dans son pays. En vérité l'intention est réelle et c'est le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve qui, lors de sa visite en république de Côte d'Ivoire à la suite de l'attentat terroriste à Grand-Bassam, a vendu la mèche de ce que le gouvernement français concoctait comme dispositif sécuritaire dans la sous-région africaine. Avant de s'envoler pour Paris, le président du Faso avait déclaré devant les medias en ce qui concerne, l'affaire GIGN, qu'il a fait part à l'ambassadeur de France au Burkina qu'il n'avait pas été saisi. En France, il a réitéré la même remarque à son homologue. Et au président Hollande de répliquer : «Ce sont les pays eux-mêmes, et le Burkina Faso en est parfaitement conscient, qui doivent organiser leur propre sécurité, et nous, la France, nous devons les appuyer autant qu’il est possible, mais simplement à leur demande. C’est aussi le respect que nous leur devons. Efficacité ne veut pas dire dépendance». En clair, il  s’agit d’une assistance technique d'un nombre réduit de pandores du GIGN à l’amélioration des conditions de travail au niveau de la sécurité intérieure du Burkina Faso. Aussi les pays du G5 Sahel composés du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad pourraient bénéficier des stratégies d'intervention, d'investigation et de renseignement de ces gendarmes blancs. Il faut dire que l'enjeu de cette visite au locataire de l'Elysée est d'abord la lutte antiterroriste. Depuis l'attentat du 15 janvier qui a fait 30 morts à Ouagadougou, le Burkina Faso a besoin de mieux sécuriser son territoire pour éviter l'infiltration de jihadistes en provenance du nord du Mali. De sources crédibles le pays entend se procurer des avions de reconnaissance spatiale avec le soutien financier de la France.
Sur le plan économique, le président du Faso va mettre son séjour à profit pour travailler à avoir des partenaires capables de remettre l’économie burkinabè sur les rails. Ce volet était une priorité dans le programme de gouvernance de Roch Marc Christian Kaboré. Mais le climat d'insécurité que le pays a connu a vite fait d'engloutir une bonne partie du budget prévisionnel et a pesé sur les finances destinées aux secteurs sociaux, comme la santé et l’éducation. Roch Kaboré compte maintenant sur le partenariat public-privé pour assurer une amélioration de bien de secteurs. C'est dans cette logique qu'il a rencontré hier, 6 avril, le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), le principal syndicat du patronat français, pour évoquer les opportunités d’affaires pouvant soutenir son programme national de développement économique et social. Du côté du secteur public, les rencontres devraient se concrétiser, entre autres, par un prêt de 30 millions d’euros, soit environ 20 milliards de francs CFA que Paris accordera à Ouagadougou pour juguler l'épineux problème d'accès à l’eau potable dans la capitale burkinabè. Le défi des nouvelles autorités burkinabè est de renouer avec un taux de croissance oscillant autour de 5 %, une moyenne enregistrée depuis le début des années 2000. Mais la baisse des cours de l’or et du coton, les principaux produits d’exportation du Burkina Faso, pourrait contrarier cette ambition.



Wanlé Gérard COULIBALY
gerard_coul@yahoo.fr





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