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La justice burkinabè face à son destin

07/06/2016
20:02

La crise de confiance entre les citoyens burkinabè et leur justice  est loin  d’être une page tournée. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont  cru à une réconciliation entre le justiciable et le pouvoir judiciaire sous le soleil du pouvoir des insurgés. Mais c’est mal connaître l’origine de la crise qui semble profonde. Dans la théorie, la volonté politique semble affichée pour une véritable indépendance de la justice avec les états généraux de la justice, la relecture des textes sur le statut de la magistrature et le relèvement  du niveau de vie des magistrats. Mais dans les faits, la justice peine  toujours à redorer son blason aux yeux d’une population qui a toujours du mal à comprendre certains de ses actes. En effet, depuis quelques temps, la justice  accorde la liberté provisoire à plusieurs pontes du régime Compaoré impliqués dans certaines affaires comme le putsch manqué, les détournements de parcelles et d’autres biens publics. S’il est vrai que la détention est l’exception en matière pénale et qu’aucun juge n’est obligé de justifier une décision, les libérations en cascade devraient être accompagnées d’une communication, au regard de la situation actuelle, pour permettre à la population, qui aspire à plus de justice, de comprendre les contours de ces libertés provisoires quand on sait que d’autres ont vu leurs demandes rejetées. Cette communication permettra à la justice d’éviter, si elle  est convaincante, les sobriquets de « justice corrompue » et « de justice des bourgeois contre les pauvres ». Un autre fait qui a jeté le pavé dans la mare est le spectacle que la justice a donné dans l’annulation des neuf mandats d’arrêt dans l’affaire du coup d’Etat du 16 septembre 2015 pour vice de procédure. Courant mai 2016, la Cour de cassation, juridiction suprême de l’Ordre judiciaire, a rendu une décision relative à la régularité des mandats d’arrêt émis dans le cadre de l’affaire du putsch de 2015 et objet de poursuites devant le tribunal militaire. En l’espace d’une journée, deux décisions ont été rendues. La première,  dans la matinée en audience publique, rejetait la requête aux fins d’annulation introduite par le ministère public. La seconde, qui annulait les mandats d’arrêt, a été portée à la connaissance de l’opinion publique par voie de presse. Ce qui a amené le syndicat des greffiers à s’insurger contre ce qu’il appelle « une manipulation des écritures du plumitif de la Cour de cassation ». Si cette annulation a permis de purger, selon le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, les huit autres mandats d’arrêt de leurs vices de procédure, elle a été l’occasion pour la justice militaire de se débarrasser du mandat d’arrêt encombrant contre Guillaume Soro. Cette renonciation au mandat d’arrêt contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne a fini par convaincre les détracteurs de l’appareil judiciaire que la justice a du mal à s’affranchir de l’influence de l’exécutif qui n’a jamais caché sa volonté de gérer le cas Soro par la voie diplomatique. En outre, la justice burkinabè traîne un passif comme un boulet au pied qui contribue à saper ses efforts. Il s’agit de la gestion des affaires Thomas Sankara, Norbert Zongo, Dabo Boukary, Salifou Nébié et bien d’autres qui ont souffert dans les tiroirs des juges sous le régime Compaoré avant de connaître un coup de pouce sous la Transition. Tous ces facteurs ont contribué à ternir l’image de la justice et les conséquences sont visibles sur le terrain : création de groupe d’auto-défense ou Kogl-weogo, incivisme, vindicte populaire, sit-in contre la justice. Mais l’espoir n’est pourtant pas perdu avec les gages donnés par la justice militaire sur le dossier Thomas Sankara et l’affaire du putsch manqué dont le commissaire du gouvernement annonce les procès avant la fin de l’année. Avec ces grands dossiers judiciaires de l’histoire politique du Burkina Faso, la justice  burkinabè joue sa crédibilité aux yeux de l’opinion nationale et internationale au regard des attentes du peuple. Il ne s’agira pas pour le pouvoir judiciaire d’organiser une parodie de justice où des petits poissons seront sacrifiés au détriment des requins, mais des procès équitables où le droit  sera dit  et la vérité manifestée. La justice est donc face à son destin et joue sa crédibilité face à l’histoire. C’est à elle que revient la décision de prendre son indépendance et de voler de ses propres ailes pour une véritable justice pour le riche et pour le pauvre. Une chose  aussi est de demander à ce pouvoir de prendre ses responsabilités, mais une autre est de purger nos textes juridiques, copiés souvent du colon français pour les adapter à nos réalités.


Lassané Osée OUEDRAOGO
oseelass2009@yahoo.fr





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