Suivez-nous                                                                                                   Contactez-nous  +22625312289

Flash info : 

Je suis « in-dépendant », donc je juge !

16/06/2016
20:13

Je suis fatigué de trainer dans ce trou à rat. Moi aussi je veux être libéré. Cela fait des lustres que je regarde le monde à travers des barreaux, sans fouler la liberté dehors. Franchement, je ne comprends pas. Pourquoi c’est toujours les autres qu’on libère sans procès avec ovations, pendant que moi je suis condamné par excès avec désolation ? Et puis, je n’ai rien fait de mal, mon avocat peut témoigner. D’ailleurs, j’ai un alibi, je n’étais pas là ce jour-là. Enfin, j’étais là mais je n’étais pas là-bas et il n’y a pas de débat. Je ne sais vraiment pas pourquoi je suis là et je suis las de vous dire que je n’étais pas là. Je suis innocent, regardez mes mains, elles sont un peu pâles mais pas sales et il n’y a aucune trace de sang ! Alors, pourquoi m’accuser de complicité de meurtre, alors que je ne peux même pas faire du mal à une mouche ? Pourquoi me soupçonner de fricoter avec des malfaiteurs, alors que dans ce pays nous sommes tous intègres et vous le savez ?  Ce qui me fait mal, c’est quand on m’accuse sans excuse de trahison, à tort et à raison. Non, je ne suis pas d’accord avec les rapports qui me déshonorent. Je n’ai jamais volé un kopeck, je suis un mec impec sans histoire. Moi, je suis un croyant pratiquant sans péché et je n’ai jamais soupé avec le diable. Je n’ai jamais commis de crime. Pourquoi voulez-vous que je trime en prison pendant que les autres friment dehors en faisant le « V » de la victoire sous les vivats de la populace ? En tout cas, moi aussi je veux être libéré et c’est à prendre ou à laisser. Même si je dois jouer au faux malade, je me défendrais. Même si je dois piquer une parodie de crise d’épilepsie et entrer en transe, je me débattrais dans tous les sens, pour me faire évacuer en France avant la sentence. 
Après tout, la Justice est indépendante, peu importe qu’elle soit en treillis ou en boubou. Et ne me parler pas d’affaires pendantes, d’objets contondants d’origine confondante non encore identifiés ou de pièces manquantes d’un puzzle évident. Je vous jure que la Justice est indépendante et je suis prêt à mettre ma main à la poche pour vous le prouver ! Il faut que mon étau se desserve. La Justice est indépendante à l’absolu, séparée de tout, paré à tout, de tout et contre tout. Comparez dans la balance, vous verrez que l’aiguille est comme une anguille, mieux, droite comme une faucille. Laissez la Justice travailler peu à peu et lentement, patientez sans trépigner, ne vous préoccupez pas du temps qui passe. Le temps n’existe pas chez les justes. La Justice, c’est comme le vin, plus ça dure, mieux c’est juste. Il n’y a pas de Justice « sap-sap ». Et ne me parler pas de corruption, la Justice est propre, sans opprobre ; la magistrature est sans rature et éviter de susurrer sur de piètres affaires de millions ; le magistrat est le substrat même de l’intégrité, arrêtez de les persécuter. Seule la vérité compte et la vérité ne vient pas toujours au moment où on l’attend. Très souvent, elle traîne les pas. Cela ne veut pas dire qu’elle est mise au pas ; elle fait plutôt du pas à pas et le premier pas est toujours le plus dur. C’est vrai, entre la vérité et son contraire, il n’y a qu’un pas. Le pas de géant est toujours attendu. Malheureusement, les traces de pas du mastodonte n’existent que sur la lune. C’est vraiment dommage qu’il y ait trop de faux pas dans la « démarche déhanchée » des Hommes de robe avides d’indépendance. Et s’il suffisait de lever la main droite et de jurer sans parjurer, il y a longtemps que la « clameur des cymbales » s’était tue. Sous « le soleil des indépendances », il n’y a pas que lueur et espoir. Il y a toujours des ombres tenaces qui se battent avec les rayons transparents, mais rien ne peut faire ombrage à la conscience du Juste. Finalement on peut croupir en prison et être plus libre qu’un hérétique albatros géant qui bat de l’aile. On peut rester derrière les barreaux et se leurrer de l’autonomie assujettie. Mais libérez-moi quand même, et n’oubliez pas de libérer aussi l’autre ; je veux dire l’Autre…


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr













56
Partager sur Facebook

> Recherche




>SOURIRE DU JOUR





>IMAGE DE LA CITE








> Inscrivez-vous à la Newsletter

Newsletter

> Conseil des ministres


Voir tous les comptes rendus