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L'autre regard : Quand la diplomatie assène un coup dur à la justice

06/07/2016
18:16

L’avocate franco-camerounaise, Lydienne Yen Eyoum, est désormais libre de ses mouvements. Arrêtée en janvier 2010, l’avocate avait été condamnée à 25 ans de prison,  le 26 septembre 2014 par le Tribunal criminel spécial pour détournement de 1,077 milliard de francs CFA (environ 1,5 million d’euros). Selon son avocate, Caroline Wassermann,  Lydienne Yen Eyoum est sortie de la prison de Yaoundé,  le lundi 4 juillet 2016,  dans la soirée sur décision du Président camerounais, Paul Biya. 

« Une remise totale de la peine restante à purger est accordée à Yen Eyoum Lydienne Annette épouse Loyse, condamnée à 25 ans de prison pour détournement de deniers publics ». C’est la substance du décret présidentiel lu lundi 4 juillet 1016,  à la radio d’Etat.  Un coup dur pour la justice camerounaise qui a pensé que le politique lui avait enfin donné patte blanche à travers l’opération « épervier », un programme de lutte contre la corruption initié en 2006 par le président Biya. Cette justice qui s’était surtout lancée dans la poursuite de bandits à col blanc avec l’arrestation de nombreuses personnalités camerounaises,  a-t-elle encore le courage nécessaire pour poursuivre son combat ? Surtout quand on sait que cette condamnation a été d’abord prononcée par le Tribunal criminel spécial puis confirmée par la Cour suprême, la plus haute juridiction du Cameroun. Qu’est-ce qui a pu bien conduire le Président camerounais à prendre un tel décret même si l’on reconnaît que la Constitution le lui autorise. La justice camerounaise a-t-elle manqué de professionnalisme, où s’agit-il là d’une compassion à l’endroit d’une justiciable qui a toujours clamé son innocence ? Les Nations unies avaient estimé, en juin 2015, que l’arrestation et la privation de liberté de Lydienne Yen Eyoum étaient « arbitraires ». Le groupe de travail,  auteur de cet avis,  demandait au Cameroun de prendre les mesures « pour remédier au préjudice matériel et moral » subi par l’avocate franco-camerounaise. L’on se souvient aussi qu’à l’époque, ses avocats avaient été reçus par le président français, François Hollande, à l’Elysée pour lui demander d’intercéder auprès de son homologue Paul Biya. Ce qu’il fit quelques jours plus tard,  lors d’une visite à Yaoundé. « Tous les dossiers ont été mis sur la table, y compris celui-là », avait dit le chef de l’Etat. Juste après, Paul Biya avait répondu : « Je verrai ce que je peux faire. Si la Constitution m’en donne les moyens, je le ferai de bon cœur le moment venu ». Cette remise en liberté est le résultat de tractations diplomatiques, selon Me  Christian Charrière-Bournazel, un des conseils de la Franco-camerounaise. «Ce que l’on attend, depuis des mois, vient de se réaliser d’une manière tout à fait extraordinaire car on ne savait plus si on devait attendre six mois, un an, deux ans », a-t-il affirmé tout en soutenant que le président Hollande avait, de manière très ferme, demandé à plusieurs reprises à M. Paul Biya de libérer Mme Yen Eyoum. La diplomatie vient de remettre ainsi en cause une décision de justice. Le Cameroun n’est pourtant pas le seul cas. Au Sénégal, le président Macky Sall a eu l’échine souple, en accordant une grâce présidentielle à Karim Wade, le fils de l’ex-président sénégalais, Abdoulaye Wade, condamné également pour une affaire de corruption.  Au « pays des Hommes intègres », les autorités judicaires, dans l’affaire Guillaume Soro, en rapport avec le coup d’Etat du 15 septembre 2015, viennent d’abandonner la voie de la poursuite pour s’en remettre à celle de la dénonciation. C’est-à-dire qu’il revient à la Côte d’Ivoire d’intenter une action judiciaire contre son président de l’Assemblée nationale, si elle le désire. Au nom donc de la diplomatie ou de toute autre pression, les pays africains sont prompts à écorner un des piliers de la démocratie qu’est la justice. Il est évident que ces coups durs assénés à la justice ne sont pas de nature à lui garantir son indépendance.

Abdoulaye BALBONE  
  



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