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Ouagadougou : Un homme à l’allure suspecte arrêté  par des commerçants aux environs de la grande mosquée  ce vendredi et remis à la sécurité. Marina Market et la mosquée centrale de la ville de Ouagadougou. Interpellés par son accoutrement et son comportement visiblement suspects, les jeunes commerçants aux alentours se sont organisés et ont exigé qu’il soit fouillé. Vu l’attroupement qui commençait à s’organiser autour de lui, les jeunes l’ont finalement remis aux forces de sécurité non loin des lieux. L'homme possédait trois pièces d'identité différentes dont une CNIB selon nos informations recueillies sur place. Marina Market et la mosquée centrale de la ville de Ouagadougou.// Harouna Dicko, responsable de plusieurs attaques dans le nord du Burkina à été abattu mercredi nuit sur une colline de Petega dans la province du Soum ; 18 autres  personnes ont été interpellées et des armes récupérées (média)//Le général Mathias Doué, 71 ans, ancien chef d’état-major de l’armée ivoirienne (2000-2004) est décédé, jeudi 23 mars, à l’âge de 71 ans, ( fille Nancée Doué)  //« Le Burkina Faso est aujourd’hui considéré comme un succès démocratique, et un modèle de bonne gouvernance en Afrique », Président du Faso. 
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Chronique : Aïe ! je me suis mordu la langue !

11/08/2016
18:42

Je me suis réveillé ce matin et je me suis rendu compte que mon fils ne parlera pas la langue maternelle de son père. J’ai eu peur pour lui, j’ai eu honte de moi. Regardez-moi, je ne peux pas dire le conte le plus court de ma langue. Plaignez-moi, je ne peux pas dire bonjour dans ma langue. Condamnez-moi, je ne sais même pas comment dire mon nom dans ma langue. Ne me demandez surtout pas le sens de mon nom, de surcroît d’où je viens. Je ne suis qu’un déraciné. Je ne suis pas digne de mon père ou de grand-père. Je n’ai jamais vu le clair de lune, je ne me suis jamais abrité à l’ombre de la « barbe à palabre ». Je n’ai jamais été au village, mais je connais le monde global, le « village planétaire ». J’ai lu tous les livres du Centre culturel français. J’ai même fréquenté le Centre américain de langue. Je connais Racine et Shakespeare ; j’ignore la sagesse du Larlé Naaba Anbga ; je ne comprends rien de la verve et du verbe de Zugnazagmda. Je ne suis qu’un lambda chez moi ! Sous d’autres cieux, le fait de manier la langue de Molière est un honneur. Même dans les ménages à peine lettrés où le français « se croque » comme la kola, on a mis le holà sur la langue des pères. C’est amer de voir certains érudits mal éclairés interdire leur propre langue dans leur foyer. Ma voisine a même  « limogé » sa nourrisse pour avoir commis le péché d’utiliser une « langue inappropriée et non officielle » avec son morveux « morpion ». Chez elle, le français se porte bien, la langue traditionnelle renvoie au péché originel. Ah, le mal de nous-même ! un syndrome, un complexe qui vexe ! Aujourd’hui, l’école a travaillé à tuer notre identité. La connaissance ne prend pas en compte le patrimoine culturel de nos univers variés et diversifiés. Le premier de la classe, c’est celui qui sait réciter par cœur l’histoire de « nos ancêtres les Gaulois » plutôt que celle de Yandabri, de Yennega ou de Samory Touré. Le bachelier, le doctorant ou le professeur connaissent souvent à peine le nom d’un oiseau dans leur propre langue. Et n’allez pas leur demander d’adjoindre à leur précieux prénom moderne un « barbarisme négroïde » parfois traité de prénom « botanique » aux relents « sataniques ». Quand ils s’expriment, ils prononcent le « r » dans la gorge en « chogobitant » mieux que le président français. Dans leur propre langue, ils sont bleus et le pire, c’est qu’ils ne sont jamais émus de leurs bévues. Face à leur propre équipe, ils supportent les Bleus !  Nous ne vivons peut-être pas que de nos langues locales ; nous ne les exploitons pas dans nos activités officielles. Mais nos langues traditionnelles nous donnent vie et notre survie s’y trouve. On ne peut pas détacher un homme de sa langue maternelle. La langue est le substrat même de l’identité, le repère historique et le creuset de nos valeurs. Face à l’adversité, se souffler à l’oreille quelques mots dans sa langue maternelle redonne confiance et inquiète le vis-à-vis. La langue maternelle est celle qui nous plonge dans notre univers des sens, nos croyances et nos valeurs. Sans notre langue maternelle, nous pouvons être tirés à quatre épingles, mais au fond, nous restons nus et délabrés, sans noyau. On parle à son âme dans sa langue maternelle ; on communique avec les ancêtres dans sa langue maternelle ; on s’engage et on jure dans sa propre langue. On n’emprunte pas la langue d’autrui pour chuchoter un secret à son père, pour murmurer un vœu aux mânes de la terre ou invoquer les vannes du ciel. Bref, parler sa langue ce n’est pas parler en langue. Sans verser dans la langue de bois, c’est plutôt prendre langue avec soi-même, loin des mauvaises langues qui se délectent en traitant la nôtre de dialecte. Rien ne sert d’avoir sa langue dans sa poche. Celui qui ne parle pas sa langue se mordra la langue. La langue n’a jamais fourché quand on parle sa langue maternelle et ça, je suis prêt à donner ma langue au chat ! Et si je pouvais écrire cette chronique dans ma langue, je ne tournerais pas sept fois ma langue dans ma bouche pour vous dire que sans votre langue vous êtes perdus. C’est étrange de passer toujours par une langue étrangère pour parler à ses parents. Ça dérange toujours quand vous êtes obligé de passer par un interprète pour comprendre les mots de votre propre langue maternelle et ce, à l’aide d’une langue d’ailleurs. Ma prochaine chronique sera dite dans ma langue maternelle et je suis formel !

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr


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