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Insécurité: et si le ver se trouvait dans le fruit?

19/10/2016
18:24

Les Burkinabè ont assez pleuré ces dernières semaines. Mais jusque-là, on semble ignorer ce qui ne va pas au niveau des hautes sphères  de la sécurité au "pays des Hommes intègres". Par intervalles réduits, des bandits et autres malfrats terrorisent les populations. Les Forces de défense et de sécurité lézardées ne savent plus sur quel pied danser. L'heure est grave. Si grave que la panique a envahi tout le pays. Il revient à l'Etat de créer la sécurité. Face à la barbarie des radicaux armés, aucun agent en poste, en milieu rural, ne ferme l'œil à la descente. Dans la frénésie de la déception, les groupes d'autodéfense, jadis déclarés persona non grata, semblent avoir reçu l'onction des populations apeurées. En réalité, le niveau sécuritaire ne convainc plus personne. Et pourquoi? Que faut-il donc faire pour espérer mieux protéger les citoyens et leurs biens? A ces interrogations, une trilogie de réponses se dégage. En effet, l'espoir est encore focalisé sur les Forces de défense et de sécurité, recrutées, formées, entraînées et équipées pour protéger les Burkinabè. Mais qu'en est-il véritablement de la  collaboration entre les Forces de défense et de sécurité sur le plan renseignement? De l'avis de bon nombre de personnes, chaque service de renseignement travaille de façon isolée et hermétiquement fermée aux autres corps. Or, en opérant ainsi, chaque entité détient, par devers elle, une pièce du puzzle. Ainsi le mieux serait sans doute de recouper à chaque fois que de besoin et périodiquement les informations collectées. Cette méthode devrait, en principe, permettre aux services de renseignement de comprendre si les "codos" de l'ex-régiment de sécurité présidentielle fomentaient un plan depuis les garnisons dans lesquelles ils sont mutés. Le croisement et le traitement des renseignements de la première catégorie à la troisième (police gendarmerie et bérets rouges) permettraient sans doute d'arrêter des suspects avant qu'une attaque ne soit opérée. Malheureusement, c'est après des vies perdues que des dizaines de soldats issus de l'ex- RSP ont été suspectés et mis aux arrêts. Ils seraient impliqués dans certains attentats. Mais comment ont-ils pu collaboré et planifier leurs attaques sans être soupçonnés avant le jour fatidique? Or, ils utilisent des téléphones, l'internet, circulent, voyagent etc. On pourrait tranquillement les filer et les stopper avant que certains ne passent à l'acte.  Mais les populations ont également leur part de responsabilité. Chaque citoyen est responsable de sa sécurité d'abord. Cela doit susciter une coopération spontanée avec les hommes en arme. Mais à beau publier les numéros verts des unités spéciales, ces téléphones restent en permanence muets. Il n'y a pas de dénonciation parce qu'il manque aux Burkinabè de la vigilance.  Par ailleurs, au nom du secret défense et du devoir de discrétion très souvent évoqué par les "bérets", on se demande comment l'autorité politique civile nommée à  la tête d'un département de sécurité peut bien travailler en toute transparence avec des militaires. N’y aurait-il pas de réserves par moment? Pourront-ils se comprendre et apprécier les urgences de la même manière? Pas toujours évident. Ce qui laisse croire que certains aspects hautement stratégiques et purement militaires ne pourront jamais être communiqués à un ministre de l'Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité intérieure du fait de son statut de civil. Ainsi, il convient de plaider pour la restauration du portefeuille du ministère de la sécurité. Il devra également être confié à un technicien du domaine. C'est-à-dire à un haut gradé, choisi parmi les corps de l'armée, de la gendarmerie, de la brigade des sapeurs-pompiers, ou de la police. Etant issu du milieu militaire, le commandement passera mieux et les chronogrammes et autres dispositions stratégiques et tactiques pourront être révisés conformément à un principe martial. Du coup, les communications horizontales et verticales inter disposition au sein dudit ministère seront désormais réalisées selon des codes ou dans un jargon déjà connu des parties prenantes et avec une rigueur indicible. Car, l'armée c'est le commandement, c'est l'ordre, la discipline et la loyauté. Ces valeurs ont un sens sacré dans le métier des armes, mais pour les appliquer à la lettre, les exécutants ont besoin d'une certaine droiture dans la logique hiérarchique. Ceci pour dire à quel point il est impératif de nommer un ministre délégué en charge de la sécurité intérieure, à défaut de créer un ministère digne de ce nom totalement dévoué aux questions sécuritaires et à la sûreté nationale. Vivement que les plus hautes autorités songent à prospecter sans complexe aucune cette suggestion afin de prendre des mesures utiles pour la pacification du pays et le renforcement des services secrets de renseignement au grand bonheur des populations.

Wanlé Gérard COULIBALY
gerard_coul@yahoo.fr


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