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Boukari Khalil Bara, secrétaire permanent du 11-Décembre

17/11/2016
21:07

A quelques trois semaines des festivités du 11-Décembre, le comité national multiplie les rencontres pour réussir  le pari. Dans cette interview, le secrétaire permanent du comité national d’organisation du 11-Décembre, Boukari Khalil Bara, nous parle du niveau des préparatifs, des problèmes financiers auxquels seraient confrontées certaines commissions et sous-commissions, les innovations du 11-Décembre de 2016.

Sidwaya (S) : Comment vont les préparatifs du 11-Décembre ?

Boukari Khalil Bara (B.K.B.) : Merci de vous intéresser à nos activités. Le comité national d’organisation de la fête nationale du 11-Décembre est présidé par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, avec un vice-président, le colonel-major Moïse Minoungou. Le comité national d’organisation est structuré en neuf commissions au niveau national et des commissions répondant au niveau régional. Le comité national d’organisation a été mis en place depuis le mois de juillet et a commencé à travailler sans désemparé depuis lors. Les différentes commissions  sont constituées en sous-commissions et chaque sous-  commission compte au moins une dizaine de membres.  C’est toute cette équipe qui travaille pour l’organisation pratique des festivités du 11-Décembre à Kaya. Aujourd’hui, nous sommes pratiquement prêts pour relever les défis. Nous avons pu acquérir notre budget, les commissions ont déjà élaboré chacune son budget et son programme d’activités. De façon générale, aucune commission ne nous a signalé, jusqu’à présent, un fait majeur susceptible d’entraver l’organisation pratique des festivités.
 
S : Mais il nous revient que des commissions et des sous-commissions rencontreraient des difficultés financières. Qu’est-ce qui  peut expliquer cette situation ?

B.K.B. : Il faut dire que le comité national d’organisation s’occupe de deux volets.  Il  s’agit  d’abord du volet investissement et réalisation des infrastructures en vue de rendre agréable le séjour des officiels, des invités et des défilants. C’est ainsi que l’Etat et ses démembrements se sont engagés à réaliser un certain nombre d’infrastructures telles que la salle polyvalente de Kaya, le village artisanal qui est une unité socioéconomique bénéfique à cette région dont la capitale est la ville des cuirs et peau, la maison de l’Appelé, l’auberge du 11-Décembre, les infrastructures routières, le stade régional. Il y a l’autre volet de la mission du comité national qui est l’organisation pratique des festivités. A ce niveau, les commissions sont organisées en sous-commissions. Les commissions qui ont été mises en place sont : la cellule de coordination, la commission parade, la commission matériel, transport et logistique, la commission sécurité, la commission presse et communication, la commission sport, la commission protocole, la commission thème, la commission infrastructure et enfin la commission finance. S’il arrive que des commissions ou des sous-commissions rencontrent des difficultés d’ordre financier, c’est certainement dû à des problèmes organisationnels. Sinon en principe, il ne devrait pas se poser ces questions de difficultés. Dès le début des activités du comité national, il a été clairement dit aux différentes commissions que plus rien ne sera comme avant. Cela veut dire qu’il faut qu’on s’engage à respecter les procédures en matière d’exécution budgétaire. Pour exécuter une dépense, il y a des procédures à suivre. Il n’est pas question cette fois-ci de remettre des numéraires à des gens pour effectuer des dépenses et justifier par la suite. Et en matière de procédure, il faut un marché, un contrat pour le cas  des dépenses qui l’exigent. Et il faut respecter la procédure à tous les niveaux comme cela a été clairement dit dès le début. Si vous voulez effectuer une dépense et il se trouve que la procédure n’a pas été suivie, c’est sûr que des difficultés surviendront dans l’exécution de la dépense. Le comité national a un budget et le comité régional a également le sien. Comme je suis du comité national, il m’est vraiment difficile de savoir quels sont les problèmes réels qui se posent sur le terrain surtout pour les détails dans l’exécution du budget au niveau local.  Sinon, il ne s’agit pas d’une question de disponibilité budgétaire qui se pose mais un problème d’organisation interne ou des incompréhensions par rapport aux procédures d’exécution. 

S : Il n’est donc pas question de remettre à chaque commission ou sous-commission son budget pour gérer et lui demander après des comptes ?

B.K.B.  : Non, il n’est pas question de remettre à un président de commission ou de sous-commission  son budget pour qu’il se balade avec. Cela ne respecte pas l’orthodoxie financière. Mais lorsque vous avez une dépense, vous devez amener un dévis ou une facture pro-formant que vous présentez au financier, qui examine et vous fait exécuter la dépense. Cependant, il y a des dépenses où on peut  remettre de l’argent à des gens surtout lorsqu’il s’agit des états de paiement. Si vous envoyez quelqu’un en mission dans le cadre des festivités, vous êtes tenu de lui remettre ses frais de mission. Mais s’il s’agit de louer du matériel de sonorisation par exemple, vous devez envoyer une facture. Il est hors de question de venir dire au responsable de la commission finance que telle chose coûte tant mais donnez-moi l’argent je vais aller remettre au prestataire. Seulement, le comité national ne cherche pas à s’ingérer dans le choix du prestataire, c’est le président de la commission qui choisit son prestataire.  

S : D’aucuns estiment que Kaya a eu deux ans pour préparer la fête, est-ce que toutes les infrastructures prévues sont prêtes pour accueillir les festivités ?

B.K.B.  : La quasi-totalité de ceux à qui nous avons attribué les marchés de ces infrastructures nous ont rassurés que d’ici le 30 novembre au plus tard, ils vont nous remettre les clés. C’est vrai que Kaya a eu deux ans pour les préparatifs, mais un grand nombre d’infrastructures ont été programmés à la dernière minute. C’est le cas de l’auberge du 11-Décembre qui va coûter au bas mot 800 millions de FCFA  et financée par la CNSS, le stade régional en finition ainsi que bien d’autres infrastructures qui ont commencé à sortir de terre, il y a à peine trois mois parce que programmés tard. Mais les entreprises nous ont promis d’être dans le délai. On ne peut pas dire que tous les chantiers seront terminés avant le 11-Décembre, mais la plupart des infrastructures seront remises le 30 novembre. 

S : Quelles sont les spécificités de la célébration de cette année ?

B.K.B.  : Cette année, il y a eu beaucoup de réalisation à Kaya. C’est vrai que ce n’est jamais suffisant au regard du niveau de développement de nos villes, mais l’Etat a fait un effort de réaliser  33 Km de voirie à l’intérieure de Kaya. C’est la première ville qui accueille les festivités à avoir un tel linéaire en voirie. Il y a également le fait que nous allons faire défiler, si tout va bien, des cavaliers locaux cette année. L’autre spécificité est que beaucoup de défilants seront en Faso-danfani. Il y aura aussi un grand concert à la fin pour bien animer la ville ainsi que bien d’autres activités culturelles. 

S : Le 11-Décembre se tient cette année dans un contexte économique difficile et d’aucuns craignent une célébration au rabais. Que leur répondez-vous ?

B.K.B.  : Il n’y aura pas du tout une célébration au rabais. La preuve est qu’il y a des investissements qui ont été programmés et qui seront réalisés. C’est pour créer un noyau urbain à même d’impulser le développement de la région. Après la fête, nous pensons que le problème d’hébergement et d’accueil des  séminaires et autres ateliers ne vont plus se poser comme avant. La maison de l’Appelé, par exemple, va compter, elle seule, au moins 200 lits qui pourront accueillir des personnes à revenus modestes. Il y a aussi l’auberge qui est une infrastructure de grand standing, le stade régional qui aura un gazon synthétique. On ne peut donc pas dire que c’est un 11-Décembre au rabais. 

S : Il paraît que les motivations de 5000 FCFA qui étaient données aux défilants dans le passé ont été supprimées cette année. Pourquoi cette suppression ?

B.K.B.  : Les choses ont changé et il faut faire avec. Dans le passé, on donnait  5 000 FCFA à chaque défilant. Mais c’est sur la base de quel texte cette somme était donnée ? Nous avons essayé de chercher les textes en question, mais nous avons trouvé que la pratique n’a pas de base légale. Ce qui fait qu’au moment de justifier les dépenses du 11-Décembre, des gens ont eu des problèmes pour les fois passées. Comme nous voulons nous conformer aux textes, nous nous sommes dit qu’il serait mieux de trouver d’autres formes d’accompagnement  des défilants au lieu du numéraire. On peut par exemple améliorer le repas, leur trouver peut-être des pagnes en termes de souvenir. Notre problème fondamental avec l’ancienne pratique, c’est la base légale qu’on peut utiliser comme justificatif. 

S- Quelle est la suite de l’affaire des parcelles dont Sidwaya avait  d’ailleurs fait cas entre-temps ?

B.K.B.  : Pour l’affaire des parcelles, il faut distinguer deux cas. Pour avoir les terrains  en vue de l’aménagement et la viabilisation en faveur des promoteurs privés de la région du Centre-Nord, l’Etat s’est adressé aux propriétaires terriens qui ont accepté volontairement céder leurs terres à l’Etat pour le lotissement. En retour, l’Etat s’est engagé à faire un autre lotissement pour les propriétaires terriens. C’est là que le problème se pose. Les propriétaires sont connus et un recensement a été fait de façon exhaustive. Malheureusement ou heureusement, les parcelles dégagées au profit des propriétaires terriens a dépassé le nombre de personnes recensées. Le travail d’attribution a été confié à la mairie de Kaya et il y a eu un reste. Le restant des parcelles a été distribué à des personnes qui ne le méritaient pas et il y a eu des dénonciations. Ce qui a amené le ministre en charge de l’administration territoriale a demandé une enquête et l’inspection technique du ministère est allée constater qu’il y a eu effectivement des irrégularités. Et la conclusion a été que ces parcelles doivent être retirées et remises à la mairie pour une gestion selon les textes.  Cette affaire de parcelles a un autre aspect. En effet, l’Etat a dégagé aussi des parcelles  bien aménagées au profit des forces vives de la région et remises au gouverneur qui est le président de la commission d’attribution de ces parcelles. Il a été demandé aux fils et filles de la région qui ont les moyens de venir souscrire pour bénéficier gracieusement de ces parcelles en vue de réaliser des villas avec des cahiers des charges. Ces villas seront remises au comité national d’organisation pour utilisation temporaire lors des festivités. Les gens ont souscrit et se sont engagés à livrer les villas au plus tard le 25 novembre. Malheureusement, parmi les souscripteurs, il y a eu des gens qui n’ont même pas pu poser une seule brique. Ces parcelles ont été aussi retirées et réattribuées à d’autres personnes. 

S : Quel est votre message à l’endroit de la population ?

B.K.B.  : Au nom du président du comité national d’organisation, je demande à la population de participer massivement aux festivités. Il y aura beaucoup d’activités comme les inaugurations des infrastructures, des conférences pour permettre aux gens de comprendre le thème qui est «Démocratie, défis sécuritaires et progrès économique et social». 

Entretien réalisé par 
Lassané Osée OUEDRAOGO



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