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Silence, ça tourne !

02/03/2017
22:40

A chaque FESPACO, ce sont les mêmes échos : « notre cinéma est au bord du chaos » ; « notre cinéma est toujours dans le ghetto » ; « notre cinéma est retro, souffre de multiples bobos et manque de cinéphiles accros ». On ne vient pas au cinéma pour le gros lot. On y va en solo et à vau-l’eau pour les beaux yeux d’un écran blanc, sans cran. Et il faut vraiment avoir du culot pour faire le poids entre deux pellicules. Un cinéma sans mât, navigant à vue, trottinant, clopinant et pédalant dans la semoule à une vitesse sur place. L’Afrique cherche sa place dans l’univers des imaginaires. L’Afrique cherche à se faire une image en zappant sur sa propre image. Parfois, même en cachant sa propre image ou pire, en la teintant d’autres images pour mieux être à la page. C’est dommage ! Notre cinéma traverse à la nage un monde de cultures qui rassure ou dénature, qui console ou désole. Quel cinéma l’Afrique entend montrer au reste du monde quand nos cultures sont des confitures de moisissures à peine visibles sur une pellicule ? De quel cinéma les Africains sont-ils fiers, quand nos écrans sont pollués par des « bêtises » venues d’ailleurs, mais consommées sans modération. Ces feuilletons à l’eau de rose dont la seule morale tourne autour des ‘‘fesses’’, le sexe et ses bassesses ! Ne soyez pas étonnés que votre mignonne de la petite section vous lèche les babines parce qu’elle a vu cela à la télé. Ne soyez pas surpris que votre bonne s’exerce à jouer à saute-mouton avec votre rejeton. Trop de platitudes pour un continent en perte d’altitude. La colonisation par l’image est une réussite. L’Africain contemporain divague entre des chaînes qui enchaînent les caprices puérils, au péril d’une identité délavée.  
Le cinéma africain ne décollera pas tant que la thématique de ses images ne reflètera pas la singularité de ses histoires quotidiennes. Nous ne sommes pas obligés de rattraper les autres. Nous ne sommes pas tenus de baisser le pantalon pour brader notre dignité. Nous n’avons pas besoin de nous courber pour nous élever. L’Afrique doit affirmer son refus d’un monde injustice, raciste et inculte. Elle doit donner sa lecture des vraies préoccupations contemporaines. Elle doit imprimer sa perception du développement ; sa vision de la gouvernance. Nous n’avons pas besoin d’un cinéma qui « zoom » sur les merdiers d’un continent merdique. Même lyrique et comique, l’Afrique peut être unique sans faire de la mimique. Mais l’Afrique a-t-elle les moyens, sinon la volonté politique de soutenir son cinéma, sans mât ? En dehors des discours de fiction et des promesses sans prouesse, le FESPACO reste l’écho sans égo. Nos dirigeants aiment-ils vraiment le cinéma africain quand ils préfèrent acheter des télénovéla bourrés de n’importe quoi à hauteur de centaines de millions de F CFA.  Juste pour endormir davantage leurs peuples somnolents. Nos petits écrans sont infestés de futilités, pendant que l’autorité passe son temps à zapper de canal en canal, par bouquets satellitaires interposés, à la recherche des légèretés les plus prisées. Mais devant les caméras, ils vous diront que le cinéma africain est à la croisée des chemins, « le cinéma africain est le cinéma de demain. Mais au fond, ils ne peuvent même pas vous citer deux films africains ou burkinabè déjà vus. C’est mal vu ! Tant pis pour le réalisateur qui filmera sans sourciller ni fermer l’œil, il ne sera pas financé. Tant pis pour celui qui n’aura pas dans ses malles des scènes obscènes de mâles qui emballent. Dommage pour celui qui tournera sans montrer des jeux de paumelles entre femelles. Il aura du mal à remporter la palme d’or ou l’Oscar des lascars. C’est ça le bazar du cinéma !
A chaque FESPACO, la télévision nationale nous bombarde des mêmes images de films africains. Dès le lendemain de la clôture, on les balance dans les poubelles de l’histoire. Le cinéma africain ou burkinabè n’est rien d’autre que du cinéma. Le cinéma africain peut-il vraiment décoller quand le professionnalisme manque parfois dans le secteur et que les sources de financement tarissent d’année en année ? Les grands films se voient de plus en plus rarement sur nos écrans. Les menus fretins sont tournés à tour de bras et diffusés à profusion. Les acteurs bégayent et tâtonnent, devant un public peu exigeant. Il regarde juste pour tuer le temps et perdre son temps. Pour ce public, le cinéma n’est que fiction et illusion. Il n’y a point d’allusion ! Nos cinéastes africains ont encore du chemin à faire. Il faudra des images plus nettes pour défaire les nœuds de l’ignorance. Il nous faudra retrousser davantage les ailes de notre imaginaire longtemps enchaîné. Cet imaginaire enfermé entre les murs de l’histoire ne doit plus se sentir complexé et sous-estimé. Silence, ça tourne ! 


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr



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