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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Et si on protégeait le mariage forcé et précoce ?

09/03/2017
21:26

Bravo ! C’était balèze ! La fête était belle et elles étaient toutes belles. Il y en a même qui ont fugué. La femme de mon voisin a découché. Elle n’est toujours pas rentrée. Hier nuit, son mari a tenu le quartier en haleine avec un discours à la Nation. Il a fustigé le 8-Mars et ses organisateurs, avant d’égrener un chapelet de griefs contre la raison d’être même de la célébration. Pour lui le 8-Mars n’est pas une fête mais une journée de réflexion sur la condition féminine. C’est une halte symbolique pour interpeller ce monde d’hommes à plus d’égard pour la femme. Le 8-Mars ne doit pas être une journée de bamboula, de djandjoba et de ripaille. Parce que, dit-il : quand on réfléchit, on ne fait pas de bruit. Quand on cogite, on médite, on ne joue pas de la fanfare, on se passe du vacarme des sirènes. On ne réfléchit pas dans un maquis au rythme de «Couper-décaler», on creuse la tête et quand on creuse la tête, on ne fait pas la fête. Il m’a dit qu’il est découragé de voir toutes ces scènes d’exhibition de femmes qui rivalisent de démarche et de modèle. Il a ajouté qu’il n’y a pire pauvre que celui qui dépense des millions pour lutter contre sa pauvreté. Il m’a dit que s’il avait la manne financière de cette «kermesse», il donnerait le tiers à la vieille de soixante ans qui casse et concasse chaque jour des blocs de granites pour des broutilles. Cette dame se bat à mains nues, se fait écraser les doigts, sans parvenir à manger par jour deux repas dignes de ce nom. Il donnerait l’autre tiers à la veuve qui pédale des centaines de kilomètres par jour pour aller chercher du bois ou des légumes à vendre. Il concèderait le reste pour rapprocher le centre de santé à la parturiente qui accouche à dos d’âne ou à bord d’une pirogue.
Mon voisin était visiblement amer. Malgré mes appels au calme, il est resté de marbre. Je lui ai dit que le thème de la célébration était quand même pertinent. Il m’a répliqué que la pertinence ne se trouvait pas dans la belle formulation. Selon lui, il y a loin de la coupe aux lèvres. Il ne suffit pas de parler d’exclusion pour mettre fin à l’exclusion sociale des femmes. Tous les jours des femmes sont exclues de la vie de la Nation, parce qu’elles sont au bas de l’échelle. Chaque jour, des femmes sont persécutées par des hommes, battues par des hommes et violées par des hommes. Mais leurs cris perçants n’effleurent même pas le tympan des titans. Chaque jour, des fillettes sont excisées sur ordre des hommes, mais ce sont les mains frêles de la vieille «décapsuleuse» qui prennent les menottes. Il y a même des intellos qui ont une dent contre le clito. Il m’a dit qu’il peut me citer des noms de grands ayant arraché l’épine de leur coquine gamine. Chaque jour, des femmes sont condamnées à monnayer leur charme et à passer par le canapé pour mieux décoller. Et toutes ces «crudités non épluchées» qui jonchent nos rues à la recherche de clients végétariens ? Très souvent, ce sont des fonds rouges qui franchissent la ligne rouge. Arrêter de rire, ça fait rougir ! 
Mon voisin était rouge de colère contre les femmes. Il ne comprend pas que chaque année, ce sont les mêmes discours qui sont réchauffés et servis. Il ne comprend pas que chaque année on décore mieux la tribune officielle que la femme sacrificielle. Il m’a dit que s’il avait une médaille, il la décernerait à la brave tisseuse sans moyen qui rivalise de dextérité avec une araignée. Il la décernerait à la jeune étudiante qui fait preuve de pugnacité dans la filière dite des hommes. Il la décernerait à l’athlète qui court plus vite que son homme avec des chaussures en lambeaux. Il la donnerait à la femme qui avance sans céder aux avances de la mouvance. 
A la fin de sa diatribe, il m’a confié impuissamment ceci : si nous voulons vraiment que plus rien ne soit comme avant, il faut supprimer le 8-Mars et laisser les gens travailler. Là, je n’étais pas d’accord avec lui. Parce que le 8-Mars permet aux femmes de se défouler en foulant au pied leurs propres droits. Le 8-Mars permet aux femmes d’oublier un tant soit peu leur condition en attendant l’année suivante. Le 8-Mars, c’est l’opium des femmes sans podium. Le 8-Mars, «tous les chats sont gris» et tous les coups sont permis. Le 8-Mars, le pagne fait la femme et tant pis pour celles du bagne qui  ne valent pas un pagne. Malheureusement, cette année le «pelage» de nos femmes était bigarré avec des zébrures et même des ratures. Du «Danfani» aux pagnes bannis, ce fut un bon cocktail «dafani». Même l’effigie du président n’a pas échappé à la pagaille. Il y avait même un thème plus original : «Protéger le mariage forcé et précoce». Pauvres âmes précoces du négoce ! Voyez comme l’inconscient nous parle ! Il semble que ces pagnes de la honte ont été retirés. Mais dans deux jours, ils seront portés par nos femmes. Parce que le 8-Mars, «on s’en fout» du thème !  


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr



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