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France : Huguette Tiegna, burkinabè d’origine, élue député de La République en Marche, parti du président français Macron.//Sahel : Un programme d’urgence de 415 milliards de FCFA entre 2017-2020 (Conseil des ministres).//Galian 2017: Sidwaya remporte les Galian en reportage, en enquête  et plusieurs prix spéciaux.

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Ne pas perdre le Nord

12/03/2017
20:03

Il ne se passe pas un seul jour, sans que les médias n’évoquent la situation sécuritaire de la partie Nord de notre cher pays, le Burkina Faso. « Des hommes armés non identifiés se sont signalés dans telle localité », « des individus lourdement armés sur des motos ont été aperçus à tel endroit ». 

Des propos véhiculés par les médias traditionnels et amplifiés, en un temps record, grâce aux réseaux sociaux, ont provoqué la débandade dans le Sahel burkinabè. Beaucoup d’enseignants ont pris la poudre d’escampette, en laissant derrière eux, écoles et élèves. Le vendredi 10 mars dernier, dans toutes les provinces du pays, des enseignants ont marché pour rendre hommage à leur collègue Salifou Badini, froidement abattu le 3 mars à Kourfayel dans le Soum, par des hommes armés. Les enseignants dans leur mouvement dénoncent en outré, « les attaques à répétition dans le Nord du pays, sans que l’Etat ne puisse réagir de façon concrète pour assurer leur sécurité ». La rumeur et les multiples incursions des assaillants ont fini par créer une peur bleue, une psychose et la fermeture de plusieurs écoles en l’occurrence celles du Soum. L’heure n’est plus donc aux grands débats, mais à l’action pour rassurer. 
Aujourd’hui, les nombreux enseignants du Sahel qui ont déposé leurs valises dans les centres urbains, attendent des mesures claires et visibles de l’Etat. Certains parents d’élèves, craignant une année blanche dans le septentrion burkinabè, n’ont pas hésité à courir vers les établissements privés de Ouagadougou et d’ailleurs, pour solliciter de la place pour leurs progénitures. L’inquiétude est devenue réelle et grande.  Il revient aux gouvernants de rassurer par les actes et par la communication. Aucun citoyen burkinabè ne demande à l’Etat de dévoiler sa stratégie pour combattre ceux qui rêvent de créer « le Macina land » sur les terres de nos ancêtres. Il n’est pas question non plus d’aller filmer des positions de nos Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le Sahel. Mais savoir faire usage des médias, surtout de proximité, pour expliquer les actions en cours dans cette partie du pays, pour réaffirmer la présence effective de l’Etat et sa capacité à protéger ses citoyens est une nécessité. La stratégie de communication d’hier ne peut et ne doit pas être celle d’aujourd’hui. Opter pour le silence ne sied pas dans un contexte de forte rumeur et de psychose généralisée. A titre d’exemple, contrairement à la Côte d’Ivoire qui, depuis les attaques terroristes de Grand Bassam, communique autour de l’évolution du dossier d’enquête, le nombre de personnes interpellées par-ci, par-là, c’est le secret absolu qui entoure les attaques terroristes du 15 janvier 2016 à Ouagadougou. L’on a appris, qu’il y a eu des interpellations et que l’enquête suivait son cours, mais sans plus. Cette façon de traiter des questions de sécurité des citoyens est parfois contre-productive. 
Les Burkinabè ont besoin d’être rassurés. Ils souhaiteraient savoir que le déploiement des forces de défense et de sécurité est une réalité au Sahel. S’il y a eu des interpellations ou des découvertes de caches d’armes dans cette région, qu’on le dise aux Burkinabè. Si des attentats ou autres attaques ont été déjoués, qu'on le dise... C’est la preuve que des actions produisent des résultats sur le terrain. Ceux qui peuvent donner des informations aux FDS ont souvent peur pour leur vie, parce qu’ils ne sont pas rassurés quant à l’efficacité des hommes en charge de leur protection sur le terrain. C’est pourquoi, il est de bon ton que l’on communique pour rassurer. Déjà, il nous revient que certains enseignants fuyards du Sahel soutiennent que tant qu'ils n’auront pas l’assurance de pouvoir mener leur tâche qui est de donner le savoir aux élèves, dans la quiétude, ils n’y retourneront pas. Si cela devrait arriver, osons reconnaître que c'est une victoire pour l'agresseur.  Et pourtant, nous ne devons pas perdre le contrôle du Nord de notre pays. Et la bataille pour la défense de l'intégrité de notre pays, qu'on se le dise, n'est pas et ne doit pas être le seul fait des Forces de défense et de sécurité. Tout Burkinabè doit se sentir concerné. Il ne s'agit pas de nous  s’entre-déchirer au moment où l'ennemi gagne du terrain. Ce dernier qui cherche à provoquer le plus de dommages possibles, frappe sans tenir compte de nos appartenances politiques, culturelles, religieuses et autres. C'est ensemble et unis que nous devons défendre notre territoire.

Par Rabankhi Abou-Bâkr Zida 
rabankhi@yahoo.fr


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