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Chronique : Le revers de la médaille

16/03/2017
18:12

Hier nuit, j’ai cherché le sommeil avec une lampe- tempête, jusqu’à perpète. Comme dans un rêve aux yeux ouverts, j’ai vu le monde tourner à l’envers. Le temps était si mauvais que les sabliers de l’histoire se sont lassés de s’écouler. La nuit fut plus profonde et longue que d’habitude. Dehors, des oiseaux de mauvais augure faisaient la ronde autour du bourg sans secours.

Je n’ai jamais regardé autant un plafond écran sans éclat. Il n’était pas allumé, mais il y avait trop d’images de dommages qui se profilaient. Il y avait trop de voix lugubres à entendre. Trop de vérités absolues à accepter de gré ou de force. Même les murs murmuraient en boudant, sans se taire. Il y avait des remous dans l’air. Mes oreilles étaient remplies de cris et de lamentations. Les murs des bastions tombaient à la moindre escarmouche. Les victimes n’avaient même pas le temps de faire une prière. Elles étaient prises au dépourvu, abattues comme des chiens. Les rescapés en sursis dorlotaient le serpent dans leur sein sans broncher. Ils avaient perdu la voix à force de pleurer leur malheur. Les réglos collabos marchaient nu-tête sans parapluie. Ils étaient traités comme des parias, pourchassés jusqu’à leur derniers retranchement. Les soupirs silencieux des abandonnés me transperçait l’âme et le cœur. On ne va pas en guerre les mains en l’air. Il y avait aussi des éclats de rire, des détonations de joie ; des klaxons et des coups de sifflets de victoire. De mon plafond, gouttaient des larmes, de la sueur et du sang. Entre le toit et le plafond, il y avait trop de mystères. Il y avait trop de non-dits à décrypter. Il y avait des mégaphones partout et pendant que les griots du roi scandaient des slogans de Houligans, les bourreaux marquaient des points en narguant la défense.  Il y avait tellement de paroliers volubiles qu’un cratère se tairait. Il y avait trop d’instruments à vent dans la cacophonie. Les uns défiaient les autres de ne jamais plier l’échine. Les autres poursuivaient leur caravane en jouant à la sarbacane. 
Hier nuit, j’ai perdu le sommeil dans le boucan de tous ces hommes et femmes imbus de pouvoir. Même les oreilles bouchées, j’entendais toujours le chant des vautours. Il n’y avait pas de lead vocal dans la chorale, même pas de refrain, les décibels venaient de la tour de Babel. Chacun fredonnait sa chanson sans être au diapason des violons. L’orchestre n’avait pas de chef. Il était dirigé par X ; le public applaudissait Y, resté dans les coulisses. Le concert était tellement miné de fausses notes que seuls les potes se chatouillaient en ricanant. Il y avait des danseurs, mais la chorégraphie manquait d’harmonie. Derrière la scène, des graffiti édentés faisaient des arabesques en mimant des « ouistitis » à la République. Finalement, il ne suffit pas d’être élu pour être le bienvenu. Il ne suffit pas d’être choisi pour être blanchi. Il faut être affranchi. Les voies de la démocratie sont parfois insondables. Le pouvoir est au peuple affaibli qui égrène ses espoirs anéantis. Ça sent le roussi, mais les narines sont assez bouchées pour flairer le pire. Sans un sursaut sincère, l’étau se resserre sur le panier de crabes.  Hier, j’ai vu dans ma nuit blanche, une peinture de génie, digne de Picasso. Sur le tableau, un bourreau cagoulé demandait pardon pour des péchés inavoués, dans un confessionnal sans confesseur. Dans la main du présumé coupable, une balance sans aiguille croupissait dans une cage bouclée à double tour. J’ai vu des gens derrière des barreaux perméables, condamnés et libérés à l’amiable. J’ai même vu une robe noire de luxe, bardée d’honneur mais mal ajustée, trainant dans la boue. J’ai vu des gens bien, avaler ou se mordre la langue en voulant dire la vérité. Au bas du tableau, un autre portait des gants pour convertir des preuves en épreuves. L’alchimie était de taille ! Mais l’histoire les regardait faire ; le temps contemplait la fin de l’intrigue. Seuls les dupes poussaient les pions au hasard. Les dés étaient pipés, le masque mal fixé. Le roi est nu ! C’est le revers de la médaille.

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr


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