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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Les faiseurs de deuil

30/03/2017
01:44

Les faiseurs de deuil


Jusqu’à quand vont-ils continuer à endeuiller les foyers des pauvres citoyens ? Nous avons marre de ces chauffards qui filent au hasard sur les boulevards en nous écrasant comme des cafards ? Ces fêtards soulards au regard blafards sont les véritables tares de notre société. Les ratés de la cité. Ce soir-là, sur son vélo, dans le mélimélo de la circulation, ce pauvre vieux n’a rien fait à personne. Le visage en sueur, le regard sans lueur, il tanguait de gauche à droite sous le poids de chaque coup de pédale fébrile. Ce soir-là, il ne faisait que passer son chemin, il a croisé les crampons du destin. Il ne rentrera plus jamais chez lui. Il ne reverra plus jamais sa pauvre famille qui l’attendait pour mettre la marmite au feu. Leur faim n’aura plus de fin. Le pilier du foyer s’est effondré à jamais, dans les larmes de l’innocence. Ce soir-là, dans sa marche ankylosée, il a été fauché de plein fouet par un bolide en trombe. Il a été renversé par-derrière par un animal sans permis. L’idiot a brisé les jambes du vieux, broyé sa tête avant de fuir les lieux. Il n’a même pas daigné se retourner pour voir sa « proie » se débattre. Dans la voiture meurtrière, des minettes en guenilles sirotaient des canettes de liqueur en compagnie de copains clopinclopant. Une musique de quincaillerie assaisonnait la pagaille. Ils avaient à peine dix-sept ans. Au soir de leur puberté, ils entamaient leur majorité les mains sales. Le sang de l’insolence, le sang de l’innocence coupable, le sang de l’irresponsabilité parentale. Ce soir-là, le vieux n’a pas souffert. Il a rendu l’âme sur le macadam comme une flamme qui s’assoupit sous le souffle de ma voix. Il s’est éteint sous le poids de la douleur atroce et brutale. Il n’a même pas eu le temps de boire une gorgée  du sachet d’eau qui pendait sur son guidon. Il est mort, assoiffé. Il est mort, parce que des bambins mal dressés dans l’enclos familial ont décidé de faire le show et arroser leur anniversaire avec le sang du père d’un autre enfant qui n’a jamais su qu’un an de plus, ça se fête. Il est mort, parce que ce soir-là, un père ou une mère digne de ce nom a gratifié son fils de 100 000 francs CFA pour célébrer ses dix-sept ans en or. Ils lui ont jeté les clés de la voiture en lui sommant simplement de ne pas rentrer tard. On les appelle des « fils à papa », mais en réalité, ce sont des papas sans fils. Ce sont ces parents nuls, sans autorité qui sonnent le requiem dans nos familles, avant de se morfondre en excuses qui accusent. Il y en a qui aiment leurs enfants comme on raffole de chocolat. Ils ne peuvent même pas dire non à leur rejeton, de surcroît leur hausser le ton. Mais ne vous en faites pas, le jour où vous vous ferez écraser par ces ratés sociaux, reposez en paix. Vos ayants droit auront le droit d’encaisser vos droits, après une dure procédure qui traîne jusqu’aux bordures du futur. A toutes ces familles endeuillées, dépouillées d’un être cher, je jette un coup de plume et je verse une larme. A toutes ces familles nanties, coupables de nos larmes, joyeux anniversaire et que la fête continue.

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr






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