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Trait de plume : Dans la posture du tyran

03/04/2017
18:35

Alors que le président Recep Tayyip Erdogan accusait le prédicateur islamiste Fethullah Gülen d’être derrière le coup d’Etat raté intervenu en juillet 2016 en Turquie, le religieux vient d’être blanchi par la communauté internationale, notamment les services de renseignements extérieurs allemands. Bruno Kahl, patron de ces services secrets, a démenti toute implication de l’opposant exilé depuis 1999 aux USA, précisément dans l’Etat de Pennsylvanie. «Contrairement à ce qu’affirme Ankara, Fethullah Gülen n’est pas à l’origine du putsch raté de juillet dernier en Turquie», a-t-il déclaré à la presse récemment en mars 2017. Une réfutation partagée par le président de «United Satate House Intelligence Committee», David Nunes aux USA. «Dans ces conditions, il sera difficile d’extrader Fethullah Gülen», a ajouté M. Nanes. A la vérité,  la confession de Bruno Kahl   est venue  confirmer le  doute que les médias et les chancelleries occidentales avaient  déjà sur  l’implication  du prédicateur dans le putsch manqué. Certains observateurs avertis de la scène politique turque n’avaient d’ailleurs pas hésité à affirmer que le coup d’Etat est une affaire montée de toutes pièces par l’homme fort d’Ankara pour opérer des purges. Eh bien ! la tournure des événements leur avait donné raison. Puisque les jours suivants furent assez éprouvants pour nombre de familles qui ont connu des enlèvements et des exécutions sommaires. Depuis le putsch manqué, plus de 40 000 personnes ont été arrêtées, 100 000 travailleurs limogés, notamment des magistrats, des militaires et des enseignants, selon des sources allemandes. Les médias n’ont pas échappé aux mesures draconiennes. Des dizaines d’entreprises de presse ont été mises sous scellé et de nombreux journalistes licenciés. Les partisans et sympathisants du mouvement Gülen, eux, avaient amorcé une descente aux enfers. Et les figures les plus emblématiques ont dû user de tous les moyens pour quitter le territoire turc.  Comme si cela ne suffisait pas, la fermeture des établissements appartenant au mouvement Gülen a été ordonnée par les autorités turques, y compris celles situées hors de la Turquie, notamment dans les pays voisins. Toute chose qui atteste la thèse irréfutable d’une chasse aux sorcières. Fethullah Gülen a été pendant longtemps un compagnon fidèle du chef de l’Etat turc avant de devenir son adversaire, voire son ennemi dont il cherche coûte que coûte sa tête. Cette attitude d’Erdogan semble se comprendre aisément. Car, pour lui, Gülen qui jouit d’une grande influence et d’un charisme auprès de ses concitoyens, peut constituer un obstacle au système de gouvernance qu’il travaille à installer à la tête de la Turquie. Donc un empêcheur de tourner en rond qu’il faut « dompter ». Cette haine viscérale pour le prédicateur a amené le pouvoir turc à qualifier son mouvement d’organisation terroristes auquel on a attribué la mort de près de 250 personnes dans la nuit du coup d’Etat avorté. Manifestement, la voie sur laquelle Erdogan s’est engagé ne peut qu’éloigner la Turquie de la démocratie, vu qu’il glisse peu à peu dans la posture d’un monstre politique, dont le parcours serait pavé d’ossements humains. Le referendum prévu pour se tenir, le 16 avril 2017, en vue d’un passage du régime parlementaire au régime présidentiel ne fait pas de doute sur les intentions monarchiques du chef de l’Etat. Car, si le «Oui» venait à l’emporter, Erdogan verrait ses pouvoirs renforcés au détriment de l’Assemblée nationale. Cette réforme prévoit également la suppression du poste de Premier ministre, et lui confère un droit de regard sur la nomination de certains membres du Haut-conseil, des juges et des procureurs. Ainsi le président peut destituer et remplacer les magistrats au gré de ses humeurs, toute chose qui compromet l’indépendance de la justice, gage d’une démocratie vraie. L’opposition ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme broient du noir, manifestant de sérieuses inquiétudes face à ce qu’ils qualifient de dérives autoritaires du chef de l’Etat. La communauté internationale va-t-elle laisser Erdogan  se tailler la posture du tout-puissant  au mépris des règles démocratiques ?  

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr


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