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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Juste un peu d’eau et de lumière

07/04/2017
00:21

Avant de commencer, sachez qu’il y a trois saisons au Burkina : la saison des pluies, la saison sèche et la saison des coupures. Enfin, nous avons réussi à avoir une troisième saison. Mais nota bene, cette troisième saison n’est pas une fiction. Elle n’est liée ni de près ni de loin au changement climatique. Nous en avons la paternité. Que les choses soient claires ! Bienvenus en avril, l’épicentre de la saison des coupures ! Bienvenus au Burkina, la destination à ne pas manquer ! Avril, le mois de toutes les merveilles du Faso : il fait chaud, il n’y a pas d’eau,  il n’y a pas d’électricité. A partir d’avril, les pendules reviennent à zéro. Nous reculons à grands pas pour mieux contempler nos progrès. Avril, avril, comme tu nous fais goûter au péril du sous-développement. Heureusement que nous ne sommes plus à l’âge du Tiers-monde. Heureusement que nous sommes «in-dépendants» avec un réseau d’interconnexion, sans friction. Heureusement que nous avons suffisamment d’air dans nos robinets, sans sifflements ni essoufflement. La pression de nos robinets à air est si forte, qu’on pourrait gonfler toute une montgolfière et dépoussiérer la ville. Nous ne savions pas que la nationale de l’eau servait aussi de l’air, l’air pur. Ah, comme c’est sublime de voir un «robinet asthmatique» respirer à fond ; c’est une véritable trouvaille, un chef-d’œuvre ! Parfois, quelques gouttes rougeâtres chuintent de la gueule du tuyau, mais ne paniquez pas, c’est juste une petite hémorragie interne. Ça peut arriver ! Et puis, une coupure de quelques jours, ce n’est pas la mer à boire. Oublie ta soif et tu n’auras plus besoin d’eau pour vivre. Reste dans le noir et accepte les ténèbres de l’espoir.Le noir porte conseil ! Parfois, c’est dans le blackout total qu’on est mieux éclairé.Pourquoi donc chercher la lumière où il n’y en a pas et quand il n’y a plus rien à voir ? 
Un camion géant comme la terre marcherait comme un caméléon avec du matériel de la BRAKINA, de la Côte d’Ivoire au Burkina. Et les fils électriques qui barrent le passage du mastodonte hors gabarit, seront débranchés. Nous avons une dizaine de jours pour subir les délestages. Tant pis pour ceux qui ne peuvent plus repartir à l’état de nature, dormir à la belle étoile et suer comme un robinet foiré. C’est la saison des coupures, l’ère de la rupture ! A cette allure, Sisyphe lui-même finira par abandonner. Les mauvaises langues se lècheront les babines en crachant leur venin.Parfois, on se demande jusqu’à quand le calvaire va durer. Quand prendrons-nous enfin notre indépendance véritable ? Quelle preuve d’engagement vrai comptons-nous léguer à la postérité ? Quel héritage préparons-nous pour les générations à venir ? Non, entre le discours et la réalité, il y a des masses. Entre la volonté et les efforts, il y a trop de coupures, trop de délestages. Jusqu’à quand allons-nous tâtonner sur les sentiers du développement ? Jusqu’à quand allons-nous user d’excuses et de subterfuges pour justifier les ratures ? Pendant que le soleil crame nos tronches, l’assiette énergétique ne vaut même pas une bouchée. Pour un lavage de canalisation, on assoiffe la populace déjà lasse de sa propre poisse. Il n’y a pas de plan B. C’est A ou A ! On communique sur les coupures avec des coupures et des pointillés. On annonce en grande pompe la fin du calvaire. On se dédit aussitôt, comme un serpent en pleine mue. On se contredit au battement de paupière près, comme si le lapsus n’était qu’une mini-méprise. Il n’y a pas de poisson sans eau, mais ce 1er avril, le déluge annoncé n’était qu’une tempête dans un verre d’eau. Le poisson était sec. L’aquarium tant annoncé n’était qu’une capsule vide, une bulle d’alevins jetée en l’air. Le 1er avril, les robinets sont restés bouche bée. Finalement, personne ne connaît la fin de la grève de l’eau. Notre soif a été renvoyée aux calendes grecque ; sine die ! «L’opération soif au Faso» se poursuit et certains ont même appris à se laver avec un gobelet d’eau. «Le manque de moyen est un moyen». Beaucoup ont appris à boire un verre d’eau par jour. Mais vivement, à défaut de pain, donnez-nous au moins un peu d’eau et de lumière ! Nous pourrons rivaliser de bonheur avec les dieux.


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr





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