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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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L'autre Regard : Les alliances politiques à l’épreuve des réalités locales

12/04/2017
18:03

Tout porte à croire que les élections complémentaires et partielles annoncées ne seront pas une panacée contre le vent d’instabilités qui souffle sur certaines communes du Burkina Faso. On peut même dire que ces élections sont convoquées, non pas pour résoudre le vrai problème de gouvernance des communes, mais simplement pour satisfaire une exigence démocratique. Celle de doter les collectivités territoriales  d’organes dirigeants conformément à l’option politique de la communalisation intégrale. Les blocages de fonctionnement sont érigés en mode d’expression dans la conduite des affaires dans les collectivités, à telle enseigne que l’Assemblée nationale a interpellé le ministère de tutelle sur les réformes envisagées pour sortir du cercle vicieux élections-blocages-dissolution-élections.  Mais derrière l’impossibilité de tenir les sessions des conseils municipaux, d’élire les maires et le désaveu de certains organes exécutifs locaux, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation y a décelé l’ethnicisme, le régionalisme et l’immixtion de certains coutumiers dans la gestion de la chose communale locale comme étant les principales causes du chaos-mère.  Pour partie, la cacophonie en cours et immanquablement à venir est due aux alliances politiques plus ou moins opportunistes qui se sont nouées, parfois dans la précipitation aux seins des états-majors des partis politiques à Ouagadougou. Des transactions plus ou moins secrètes, avec à la clef, des postes et des positions convoitées, ont été menées en catimini au sommet, sans que les différents responsables des partis contractants puissent en rendre compte des tenants et aboutissants  à la base dans les différentes localités. Cela a permis à des politiciens, en disgrâce vis-à-vis de leurs électeurs, de conquérir,  revenir ou de se maintenir aux affaires, par le jeu des alliances, grâce à une majorité hétéroclite qui a tendance à voler en éclats au moindre mouvement d’humeur d’un camp ou de l’autre. Il ne sert à rien d’occulter ce fait si l’on veut changer la réalité. Pas plus qu’il ne sert à quelque chose d’indexer un parti en particulier, puisque la pratique est devenue monnaie courante au sein de la classe politique. Naturellement, les partis politiques qui arrivent en tête dans une commune avec une majorité confortable n’ont pas besoin de compromis éphémères avec d’autres formations pour gérer. Dans la plupart des cas, les alliances ont permis de renverser la situation en faveur des partis minoritaires, arrivés en deuxième, voire en troisième position, leur permettant ainsi de ravir le siège de maire devant ceux-là qui ont recueilli le plus grand nombre de conseillers municipaux.   Ces victoires à la Pyrrhus sont sans lendemains, car les adeptes du blocage seront toujours assez forts et présents pour empêcher «l’imposteur» d’obtenir le quorum nécessaire pour  gouverner tranquillement. Sans compter que l’heureux élu n’est aucunement assuré du soutien indéfectible de l’allié d’hier. C’est le cas dans plusieurs des 19 communes et arrondissements du pays où les crises multiformes ont conduit à la dissolution des exécutifs locaux, le 1er mars dernier.  Il y a lieu de trucider ce système antidémocratique qui permet de défaire les majorités acquises dans les urnes. S’il est difficile de combattre l’ethnicisme, le régionalisme et  l’immixtion de chefs coutumiers dans la gestion des communes, il semble cependant plus aisé d’empêcher par la loi, que les alliances politiques ne remettent en cause les équilibres sociaux ou même la cohésion sociale dans les communes. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’est inscrite dans cette dynamique. Avec, par exemple,  des propositions de réformes visant, à terme, à mettre directement sous délégation spéciale, les communes à problème, pendant tout le mandat jusqu’à de nouvelles élections. Tant mieux si cela peut calmer les velléités de tous les partisans «du moi ou le chaos» dans les communes. Pour cela,  il va falloir que les partis politiques s’asseyent et discutent avec en ligne de mire… l’intérêt supérieur des populations locales.

Mahamadi TIEGNA
camerlingue78@yahoo.fr


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