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Les mutations contemporaines du terrorisme international

07/08/2014
22:06

Treize ans après les attentats de New York, qui ont touché les tours jumelles du World Trade Center, le terrorisme international a muté vers de nouvelles formes. Mais la menace reste tout aussi importante et dévastatrice.

Si les attentats de New York commandités, selon les Etats-Unis, par Oussama Ben Laden, restent le fait d’arme le plus important et spectaculaire du terrorisme moderne, la disparition de ce dernier n’aura pas eu d’impact significatif à ce jour sur l’ampleur de la menace. Mais on note une mutation des formes de terrorisme. Le premier constat que l’on peut dresser est que le terrorisme touche des foyers nouveaux et que certaines zones mondiales, jusque là épargnées, sont maintenant concernées à cause d’intérêts stratégiques et économiques importants (I). Le second fait remarquable concernant la menace terroriste, se situe au niveau du mode opératoire des terroristes qui se diversifie(II). 

De nouveaux foyers terroristes

Il est vrai à ce niveau que certaines régions du monde qui étaient traditionnellement des foyers terroristes, continuent de vivre au rythme de la menace islamiste. De ce point de vue, l’assassinat d’Oussama Ben Laden, en mai 2011, au Pakistan, n’aura pas changé la donne ni touché le moral ni les sources de financement des terroristes plus diversifiés que jamais et davantage déterminés. Ainsi, depuis la campagne militaire menée par les Américains en Afghanistan puis en Irak, ces pays n’ont jamais connu de répit. Malgré le retrait progressif des forces militaires américaines, ces pays sont marqués par une montée en puissance du terrorisme. D’ailleurs en Irak, l’Armée islamique en Irak et au Levant souhaite désormais créer un grand Califat à cheval entre l’Irak et la Syrie. Pays au bord de l’implosion, l’Irak de N. AL Maliki qui semble lâché de toutes parts, même par ses confrères chiites, semble se diriger tout droit vers la guerre civile. Quant à l’Afghanistan, il est marqué par les attaques régulières des talibans, plus déterminés que jamais à reconquérir le pouvoir. Le Yemen également est un foyer de tension du fait du terrorisme. Mais le fait nouveau depuis la disparition du leader charismatique du mouvement, est l’apparition de nouveaux foyers dans des zones d’intérêt stratégique. De ce point de vue, si la Somalie reste marquée par la division et le règne des islamistes shebab, le Nord-Mali est devenu une nouvelle zone de tension du fait du terrorisme. Depuis le putsch du capitaine Sanogo, les différents groupes islamistes armés que sont le MLNA, ANSAR DINE et le MUJAO règnent en maître dans le Nord du pays.  Se réfugiant périodiquement dans le désert algérien, ces terroristes islamistes semblent indélogeables de cette zone par l’armée française et les forces onusiennes, ce d’autant plus que les intérêts économiques et stratégiques semblent nombreux. Cette zone regorge de beaucoup de richesses minières, notamment de l’Uranium déjà exploité au Niger voisin, par les Français, le pétrole, l’or, le manganèse, le zinc. Bref, les raisons de convoiter cette région du monde ne manquent pas. Dès lors, une lutte à distance s’est engagée entre l’occident avec la France, ancienne puissance coloniale en  tête et certains pays arabes dont l’Arabie Saoudite et le Qatar qui n’hésitent pas à apporter leur soutien total aux djihadistes. Au Nigéria également, une nouvelle menace a émergé dans le même contexte de lutte pour le contrôle des ressources économiques avec la secte islamiste Boko Haram, dont la signification interpelle à plus d’un titre :  «L’éducation occidentale est un pêché ! ». Egalement soutenue par plusieurs pays arabes, cette secte mène des incursions régulièrement au Cameroun voisin, où ils viennent d’enlever par exemple l’épouse d’un membre du gouvernement camerounais. En Syrie, nouveau foyer terroriste également, les islamistes se battent contre le régime de Bachar El Assad, soutenu lui aussi par les monarchies sunites, la Russie et la Chine d’où l’enlisement du conflit. 

Une mutation des formes du terrorisme

 Ces mutations du terrorisme traduisent le fait que, loin d’être une simple lutte pour le triomphe de l’islamisme, le terrorisme s’adapte également aux intérêts économique et stratégique et s’implante dans de nouvelles régions du monde en fonction de l’évolution des intérêts. Mais ce n’est pas là la seule mutation à signaler. On note également une mutation des formes de terrorisme. Désormais le terrorisme, en particulier djihadiste, a changé de mode opératoire. Si par exemple au Nord-Mali ou au Nigéria les actions collectives sont légion, en Europe ou en Syrie, le terrorisme est devenu individuel. Les groupes terroristes ont compris qu’avec l’évolution des services de renseignement et des moyens de renseignement, ils gagneraient pour mener leurs actions jusqu’au bout à agir seul. Ainsi, les départs vers la Syrie pour combattre aux côtés des islamistes se font de manière individuelle. De même, les nouveaux djihadistes qui vont se former en Afghanistan, le font individuellement et planifient désormais leurs attaques terroristes tous seuls, d’où les difficultés à les repérer. Un exemple significatif de cette mutation du terrorisme est le cas de Merah, djihadiste formé en Afghanistan et qui, de retour en France, a semé la terreur dans la ville avant d’être finalement délogé par les forces spéciales françaises. Un autre exemple significatif est le cas du terroriste auteur de l’attaque dans une synagogue belge, retrouvé et finalement extradé par les autorités judiciaires françaises vers la Belgique, malgré son refus, craignant d’être ensuite remis à Israël par la Belgique. Même lorsqu’ils agissent en groupes, les terroristes se contentent de prendre en otage les occidentaux dans certaines zones stratégiques comme le Nigéria, le Cameroun, le Nord-Mali, les utilisant comme moyen de chantage ou de rançon. Cela traduit le fait que le terrorisme djihadiste s’adapte également aux évolutions des services de sécurité et de renseignement et cherchent toujours à se rendre les plus cachés possible sinon invisibles pour agir. Au total, il ressort de cette analyse que trois ans après l’assassinat d’Oussama Ben Laden, le terrorisme reste bien présent et sait, semble t-il,  s’adapter au contexte nouveau auquel il doit faire face. 

Pierre Claver MILLOGO

Doctorant en Droit public à l’Université de Ouagadougou
Chargé de TD en Droit 
administratif à l’Université Saint Thomas d’Acquin 
(Ouagadougou). 



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