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Qui a dit que le pays n’avance pas ?

20/04/2017
23:28

Qui a dit que le pays n’avance pas ? Qui a dit que nous patinons dans la semoule ? Mais regardez autour de vous, le pays avance, à grand pas ! La démocratie est en marche et court au galop. Les institutions fonctionnent plus que les hommes. L’économie est en pleine érection et la croissance fait bander les chiffres. Le développement s’évalue en termes de promesses à hauteur de cantines. Le progrès se conjugue au conditionnel, l’avenir est un pronostic en pointillé. Mais ce n’est pas grave ! La chance de tirer une boule noire est élevée, mais rassurez-vous, les magiciens ont déjà truqué le jeu. L’alchimie est de taille. Parfois, on est surpris de voir qu’on a évolué à son propre insu. Rappelez-vous le mythe de la caverne. On est étonné de savoir que le bonheur est à ses pieds. Dans les détours d’un discours on peut guérir de sa faim et boire à la russe. Il suffit de dire « amen » à l’évangile et la parodie devient paradis. Croyez sans avoir vu ; suivez sans savoir où l’on va. L’essentiel n’est pas dans le chemin, mais plutôt la destination. On est presque au bout du rouleau. Le bout du tunnel pointe déjà à l’horizon. Bientôt, nous serons émergents.  Qui a dit que le pays n’avance pas ? N’exagérons pas ! Prenez le pouls de la cité et vous verrez que le front social se porte bien. Il y a des grèves partout et ce n’est pas donné à tous ; la liberté d’expression est devenue une passion ; il y a même des citoyens qui sont passés maître dans l’art de la critique calomnieuse et diffamatoire. Mais le chien aboie et la caravane passe. La tension sociale est électrique. Il y a même des masses sur les poteaux haute-tension. Mais il suffit de casser le thermomètre pour faire baisser la fièvre. La « décharge insurrectionnelle » est toujours là. Mais il suffit de penser que les victimes ont tous déjà oublié. Et le tour est joué ! Même les plus disciplinés sont excédés. Mais il suffit de ne rien céder. On tape du poing sur la table avec flegme et on finit par se rétrécir comme une peau de chagrin. L’autorité peine à s’autoriser sa propre force. Entre la légalité républicaine et la légitimité sociale, c’est du deux poids deux mesures. La tremblote est au bout des doigts. On s’emmêle les pinceaux comme un puceau face à un tabou, sans bandeau. Ce n’est pas très bandant ! Qui a dit qu’on n’avance pas ? Regardez tout ce ballet frénétique autour de la réconciliation. La paix est déjà là, à portée de main, au point que certains veulent en venir aux mains. Avant de fumer le calumet de la paix, on s’enfume. C’est la bousculade vers la paix. C’est la course vers la réconciliation ; la réconciliation « sap-sap ». Qu’est-ce qui fait tant courir ces colombes blanches qui portent des serres ? Parfois, on se demande finalement, qui a offensé qui ? Qui a fait quoi à qui, quand, où, comment et pourquoi ? Il n’y a pas de code pour aller à la paix, mais au moins, il faut décoder certaines intentions. Mais encore faut-il avoir les mots-clés pour apaiser les cœurs blessés. On n’a jamais vu autant de bons offices courir à s’essouffler sur la route de la paix, pour la paix, rien que la paix. S’il suffisait de rencontrer le Pape pour servir de soupape sociale, il y a longtemps l’homme politique s’est mû en agneau. S’il suffisait de se jeter au pied du Mogho Naaba, la tête dans les épaules, l’air contrit et sage, il y a longtemps que l’intégrité est une réalité. On peut faire le tour du monde, mais très souvent, ce qu’on cherche vraiment se trouve déjà dans nos cœurs. La vraie réconciliation ne se balade pas, ne se proclame pas, ne se réclame ni s’acclame. L’alarme retentit déjà. Seuls les sourds ne l’entendent. Les signes sont évidents. Seuls les aveugles continuent de ne rien voir. On ne se précipite pas pour aller à la réconciliation. On ne vend pas la réconciliation, parce que la paix ne s’achète pas. Qui a dit que le pays n’avance pas ? Il avance avec des bruits de casseroles. Mais même ceux qui peuvent s’autosaisir ont lâché prise. Des lièvres sont levés à tout bout de champ, il n’y a plus de chasseur. Où sont les hommes dignes qui avaient pignon sur rue et dont la parole reflétait la volonté du peuple ? Où sont passées ces icônes de l’intégrité et du droit qui juraient de porter la croix jusqu’à Golgotha ? Ils ont fini par rejoindre le gotha dans le cercle restreint des quotas de la transhumance. On les entend très rarement, on les voit à peine, même en peinture. Quand ils ouvrent la bouche, c’est pour dire que plus rien ne sera comme avant. Finalement, « avant » commence quand ?


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr





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