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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Haute Cour de justice : faire mieux que les TPR

26/04/2017
19:18

C’est ce matin que s’ouvre devant la Haute Cour siégeant dans la salle d’audience du Tribunal de grande instance de Ouagadougou, le procès de l'ex-président Blaise Compaoré et les ministres de son dernier gouvernement. Ils sont poursuivis pour leur implication présumée dans la répression de l'insurrection populaire d'octobre 2014 qui s’était soldée officiellement par 24 morts (19 décès liés à l’insurrection et 5 par suite de tentative d’évasion à la Maison d’arrêt  et de correction de Ouagadougou), 625 blessés et plus de 260 cas d’atteintes aux biens privés. Dans le box des accusés, il ne faut pas voir seulement les anciens ministres qui n’ont pas eu le temps de franchir les frontières ou ceux qui se sont volontairement mis à la disposition de la justice. La Cour elle-même est sur la sellette depuis l’annonce de ces assises. Plus de 26 ans après son  institution dans la Constitution de juin 1991, plus de 22 ans après l’adoption en 1995 de la loi organique portant composition, fonctionnement et procédure applicable devant elle, la haute juridiction n’a connu ou jugé la moindre affaire relevant de sa compétence. Celle de juger les actes commis par le Président du Faso dans l’exercice de ses fonctions et constitutifs de haute trahison, d’attentat à la Constitution ou de détournement de deniers publics. Pas plus qu’elle n’a jusque-là inquiété aucun ministre de la république, elle qui est aussi compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits qui peuvent être qualifiés de crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. C’est donc à l’image d’une parturiente que justiciables et accusés attendent fébrilement de quoi accouchera ce procès qui marquera le baptême de feu de la Haute Cour de justice. Cette juridiction d’exception par essence fait déjà l’objet de vives critiques venant de certains partis politiques, dénonçant son utilisation supposée « à des fins de règlements de comptes politiques ». Le caractère exceptionnel de ce tribunal, sa composition (six députés et trois juges professionnels de grade exceptionnel) n’échappera pas non plus à l’attention des défenseurs du droit à un procès équitable, qui s’entend notamment comme le droit d’être jugé par un tribunal indépendant et impartial, garanti par la Constitution et au moins trois conventions internationales majeures que le Burkina a ratifiées. 
Il n’est pas exclu, en effet, que «des suspicions légitimes» soient nourries envers certains membres de la haute juridiction. Mais ce procès donne l’occasion à la Haute Cour de balayer d’un revers de main, toutes ces considérations et ces préjugés, en joignant les actes aux paroles de leur serment de « se conduire en tout comme un digne et loyal magistrat ». Il est de la plus grande nécessité que la conduite des débats et les décisions qui seront rendues consolident les fondements de l’indépendance de la justice que les Burkinabè réclament à cor et à cri. D’autant plus que ceux-ci ont en mémoire certaines dérives des Tribunaux populaires de la révolution (TPR) qui, par moment, ont confiné «à des vengeances d’Etat» au préjudice des accusés, dont le tort pour certains a été d’être au mauvais endroit au mauvais moment. C’est donc au prix d’un procès équitable, propre à  instaurer un climat de confiance entre les concitoyens qu’on pourra amorcer une véritable  réconciliation avec ceux qui, par leurs agissements, sont aujourd’hui frappés d’ostracisme. Le défi, a priori, n’est pas la mer à boire pour la Haute Cour de justice. Elle n’a qu’à juger des faits prévus et punis par la loi, indépendamment de toute autre considération. 



Mahamadi TIEGNA
camerlingue78@yahoo.fr





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