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Et si on se réconciliait d’abord avec notre hymne ?

27/04/2017
23:03

Le jeudi 20 avril 2017 à 21 heures sur la Radiodiffusion-télévision du Burkina, à l’émission « Controverse », un des participants a souhaité entonner l’hymne national en mémoire des victimes de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 et du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015. Deux participants n’ont daigné se lever ou même chanter l’hymne du « pays des Hommes intègres ». L’image n’était pas des plus belles. La scène était des plus insolites. J’ai failli verser des larmes pour toutes ces âmes fauchées à la fleur de l’âge. Pour tous ces blessés qui marchent avec des balles dans la chair, j’ai failli pleurer.  Pour la veuve et l’orphelin qui larmoient toujours sans savoir se consoler, une larme a trahi mon courage. J’ai souffert le martyre jusqu’à la fin de l’hymne. Cette chronique n’est pas faite pour plaire. Elle est l’expression même de l’amertume des indignés. Tant pis si elle ne plaît pas ! Personne n’est obligé de la lire. Mon fils est en petite section et sans fausse modestie, je me plais à le voir fredonner l’hymne de son pays. Bien sûr, il chante par moment faux. Il tâtonne et balbutie, mais cela n’enlève en rien le sens du patriotisme qui le hante déjà. Il ne sait même pas ce que chaque mot mal prononcé veut vraiment dire. Il n’a aucune notion de la charge historique que recouvre cette vibrante glorification. Mais il chante quand même, debout, la main sur sa petite poitrine, la tête dressée en conquérant. Ce môme n’est pas forcément une icône. Il n’est peut-être même pas le bon exemple. Mais à trois ans, il rivalise déjà avec certains barbus imbus bardés de diplômes, mais incapables de valider le premier couplet de notre hymne. Même en le lisant, beaucoup peinent à rester dans la gamme. Surtout ne faites pas attention au tempo, c’est le chaos. Il y en a qui le chantent en bégayant. C’est simplement honteux !
Si mon fils me demandait pourquoi  les deux ne se sont pas levés et pourquoi ils ne chantaient pas, j’aurais du mal à lui répondre. J’aurais du mal à trouver une exception à la règle, un faux fuyant, un prétexte valable. Il n’y a pas de raison et rien ne sert de brandir le côté improvisé et spontané de l’initiative pour s’en démarquer. Rien ne sert d’y voir une manipulation quelconque. Quand on est Burkinabè, on l’est jusqu’au bout. Peu importe les clivages, nos positions, nos appartenances politiques ou idéologiques. L’hymne national se moque éperdument des intérêts perso. S’il vous plaît aucune justification ne peut tenir. Aucun argument n’est assez fort pour réparer le tort. Même en pleine bagarre, deux Burkinabè dignes de ce nom, doivent être capables de s’élever au-dessus de leurs différences, de leur différend pour chanter l’hymne national avec déférence. Ils doivent patriotiquement taire les raisons de leur opposition pour chanter le Ditanyè. Hélas, le 20 avril 2017 à 21H, ils sont restés assis.
Hier, nous accusions tous Nagaré de s’être égaré. Nous avons tous tiré à boulets rouges sur ces futurs décideurs mal inspirés. Aujourd’hui, l’histoire nous rappelle que le syndrome de Nagaré n’est pas que scolaire. Il est aussi quinquagénaire et même plus. C’est dommage que le poisson pourrisse toujours par la tête. C’est dommage qu’une telle image ait été relayée via le satellite dans les autres contrées du continent et même au-delà. C’est dommage que nous voulions aller à la réconciliation en boudant notre propre hymne. C’est triste de voir que toutes ces gesticulations ne sont que fioritures et confitures politiciennes. Sommes-nous vraiment prêts à nous réconcilier ? Si seulement nos victimes pouvaient voir ça. Si seulement, elles pouvaient être témoins de la fausse note. Pour le blessé qui tâte encore les plombs qui couvent dans sa chair, c’est douloureux. Si la politique doit nous éloigner de nous-même, alors merde à la politique. Si la politique doit nous rendre éthylique, au point de fouler au pied le sacré, alors basta ! Il faut que nous fassions autrement la politique, si nous voulons vraiment construire le Faso autrement. Il faut qu’au-delà de nos divergences, le sens de la Nation ne nous échappe pas. Il nous faut joindre le cœur dans notre quête de la paix. Rien ne sert de scander à tout vent que le Burkina Faso est béni des dieux, pendant que Dieu lui-même ne figure pas dans nos agendas.  Déballons d’abord nos vraies intentions, confessons nos torts et nos tares s’il le faut. Brandissons nos casseroles et libérons la parole. La vérité ne se trouve pas qu’au prétoire. Un simple aveu suffit parfois pour apaiser un cœur. Il y en a qui n’attendent ni condamnation ni compensation. Ils ont déjà le pardon aux bouts des lèvres, face au mur de la vérité. Alors, si vous êtes vraiment des « Burkin bi », brisez la glace et dites-nous tout. Cela est autant valable pour la Majorité que pour l’Opposition. On peut aller en prison la tête haute. On peut porter une paire de menottes et entrer dans l’Histoire. Si « Lucifer » est vraiment sincère, il peut échapper à son propre enfer. Les hommes ne sont pas que des loups pour les hommes. Chacun de nous a un cœur qui bat ! Même les anges peuvent se tromper.


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr 





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