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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Aller au-delà des vœux pieux

17/05/2017
21:38

Le secteur agricole demeure aujourd’hui la base du développement socioéconomique du Burkina Faso. Il fait partie, à ce titre, des secteurs auxquels le pays accorde une importance particulière. La Journée nationale du paysan (JNP) procède par exemple de la volonté des plus hautes autorités du pays des Hommes intègres de créer un dialogue permanent avec les couches paysannes en vue de bâtir des politiques agricoles audacieuses et mettre en œuvre des actions consensuelles de développement rural. Une noble ambition qui s’apparente, cependant, dans les faits, à une simple déclaration de bonnes intentions. En effet, depuis que  l’idée de cette tribune d’échanges et de propositions a germé sous la période révolutionnaire en 1983, l’intérêt des gouvernants pour la promotion du secteur rural s’est sans cesse manifesté dans les différentes interventions. Mais dans les faits, pendant que sont évoqués dans les salons feutrés, les différents axes du Programme national du secteur rural (PNSR), qui fait office de politique agricole pour le pays, des actes constitutifs d’une remise en cause, voire de la négation d’un développement agricole durable sont enregistrés dans l’arrière-pays. Cela, sans qu’il ne semble y avoir aucun antidote. L’Etat peut-il  continuer à prêcher une meilleure coordination des actions dans le secteur agricole lorsque des forêts classées (certaines ne le sont plus que de nom) sont devenues de meilleures zones de production au nez et à la barbe des agents des eaux et forêts ? La même tolérance laxiste prévaut également  dans l’occupation des zones pastorales, souvent par des fermes ou des champs de personnalités haut placées, avec des conséquences incalculables. De nombreux conflits agriculteurs/éleveurs sont directement liés à ce phénomène d’engorgement des espaces de passage et de transhumance des éleveurs. Au-delà de l’intérêt manifeste que font les pouvoirs publics pour mettre fin à ces occupations anarchiques ? Que font-ils contre les braconniers d’un nouveau genre qui installent nuitamment des scies bruyantes dans les réserves forestières du Sud-Ouest pour scier et transporter le bois de l’autre côté du fleuve Mouhoun ? Pas grand-chose visiblement. Car, les forestiers manquent du minimum en carburant pour assurer les patrouilles nécessaires. Qu’à cela ne tienne, nos valeureux planificateurs viennent de nous révéler un scoop. Il y aurait nécessité de « redimensionner » le projet de développement intégré de la vallée de Samendeni (PDIS) si l’on tient à aménager des hectares supplémentaires dans la vallée du Sourou comme le prévoit le Plan national de développement économique et social (PNDES). A quelques mois de la mise en eau du barrage de Samendeni, censé être un tremplin pour valoriser le potentiel hydraulique, faunique, forestier, agricole, pastoral et touristique des Hauts-Bassins, les planificateurs viennent de se rendre compte que le projet qui utilise la même ressource en eau (le Mouhoun) que la vallée du Sourou, nécessite une mise en commun des organes de gestion des deux projets en vue d’assurer la coordination des ajustements à faire. L’une des plus importantes infrastructures économiques du Burkina (1,5 milliard de m3 d’eau, 21 000 hectares de périmètres irrigués, 18 gigawatts/heures d’électricité) se trouve imbriquée dans des paramètres non pris en compte au départ. Et si la réussite de toute politique agricole dépendait en définitive de la gestion de ces « petites questions d’options ». L’on aura beau affirmer en plus des ambitions du  PNSR II en cours de validation, adopter un nouveau format pour la JNP, tant que l’Autorité ne se donnera pas les moyens de mener le combat impopulaire contre les fossoyeurs du domaine foncier rural, la politique agricole la plus volontariste est vouée à un échec prévisible. Il convient dès lors d’aller au-delà des vœux pieux et embrasser une véritable promotion du secteur rural. 



Mahamadi TIEGNA    





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