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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Là où la justice passe…

31/05/2017
20:56


Le 30 mai dernier, 27 manifestants de Nadiagou ont comparu devant le tribunal de grande instance de Fada N’Gourma pour répondre des faits de rébellion et de destruction volontaire de biens mobiliers. Pour venger un présumé braconniers qui a perdu la vie dans une course-poursuite avec les agents des Eaux et forêts, des villageois, comme à l’Etat de nature de Thomas Hobbes,  se sont arrogés le droit d’envahir le service départemental de l’environnement et le campement dit du Buffle rouge pour tout détruire devant les forces de l’ordre dont les moyens se sont révélés dérisoires face à la furia. Aux lendemains des élections municipales partielles et complémentaires, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé le dépôt d’une plainte en justice contre des chefs coutumiers de la commune rurale d’Andemtenga. Des notables ont fait régner leur loi au détriment de la seule référence qui vaille en matière d’élection : le Code électoral. Résultat, des populations ont été instrumentalisées pour empêcher une proportion de 30% de l’électorat d’accomplir leur devoir citoyen. Le message de la CENI et de la justice est clair dans les deux situations et dans d’autres cas emblématiques : que force reste à la loi. Un seul acte moral ne fait pas la vertu certes, mais il peut sonner le glas des petits arrangements entre amis en lieu et place d’un procès en bonne et due forme. Les arrangements ne font que créer des précédents, reporter les problèmes qui se posent plus tard avec encore plus d’acuité. Que vous soyez donc un « pied nickelé » instrumentalisé, « un bonnet rouge » manœuvrier, vous devez rendre compte de tout comportement délictuel ou de trouble à l’ordre public devant les tribunaux compétents et même éventuellement aller méditer quelques mois  votre sort en taule. Quelles que puissent être les sanctions encourues par les auteurs de cette forme insidieuse d’incivisme, les Burkinabè ont plus d’une raison de se réjouir face à l’affirmation des lois de la République grâce à la prompte réaction de la justice. Cette mue salvatrice de l’institution judiciaire gagnerait à aller au-delà des « procès pédagogiques » pour instaurer une saisine systématique des juridictions pour tous les cas connus de dégradations volontaires de biens, d’incendies provoqués, de lynchage sur la base parfois de simples soupçons. Cela aura le don de  tenir en respect tous les colériques et vengeurs de tout bord (lucides ou non) qui, au moindre incident, ont envie de tout détruire sur leur passage sans en être inquiétés. De toute façon, il ne nous reste que la voie judicaire au regard des résultats mitigés des formes de compromis utilisées jusque-là. 
De par le passé, des citoyens égarés par leurs faits et gestes auraient dû être ramenés sur le droit chemin par un procès exemplaire. Ils  ont, au contraire, bénéficié d’une totale impunité au nom du fallacieux principe de ne pas « vouloir envenimer la situation ».On a donc mis la voie judiciaire entre parenthèses depuis des années pour privilégier les bons et mauvais arrangements, souvent au prix de lourdes indemnisations-compensations pour faire taire les victimes et parents de victimes. 
Que sont devenus les auteurs du saccage de la maternité de l’ex-secteur n°24 de Bobo-Dioulasso, du commissariat de Solenzo, du poste frontalier de Kantchari… ? 
Ce sont autant de primes accordées à l’impunité dont l’expression la plus courante est l’incivisme qui sévit à toutes les strates de la société. La tendance est en train de s’inverser avec le procès des manifestants de Nadiagou, des élèves de Gounghin. Là où la justice passe, il va sans dire que l’incivisme aura tendance à trépasser. 



Mahamadi TIEGNA
camerlingue78@yahoo.fr





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