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Chronique :Où allons-nous ?

08/06/2017
23:12

Chaque jour qui se lève est un défi qu’on relève avec les peines du quotidien de Sisyphe. Après le coucher du soleil, on se demande toujours de quoi sera fait le lendemain. Plus rien ne tient dans la main. Demain n’est plus loin et la nuit ne porte plus conseil. Tout est flou. Les voyants clignotent au loin, mais la myopie du visionnaire est avancée. Le mal est connu ; la thérapie n’est pas homologuée. Chaque jour qui passe est une caravane aux abois, les chiens ont perdu la voix. Seul le silence est assourdissant, le silence de l’indifférence coupable. Il y a trop de pointillés dans la vie des gens. Il y a trop d’incertitudes autour de nous. Il y a trop de vicissitudes. C’est la quadrature du cercle. Sommes-nous tombés dans un cercle vicieux ? Il y a un cercle de feu à franchir ; ceux qui ont une longue queue seront brûlés vifs. Les faux prophètes se bousculeront au trou de l’aiguille, mais c’est l’éléphant qui y passera sans encombre. L’avenir est devenu un mirage intouchable. Les prévisions annoncent la fin des provisions. La patrie est un vaste champ d’« acridiens » où le moindre grain est disputé. Chacun se bat pour soi, rien que pour soi, avant que le ciel ne s’assombrisse. La météo prévoit des averses. Même avec un imper, on peut commettre des impairs. Personne n’est à l’abri, nul n’est épargné d’office. 
La nuit sur mon lit de souffrance, je cogite jusqu’à ce que Morphée me tende ses bras. Quand je ferme les yeux, je ne rêve plus. Je descends dans un abîme. Je vois des monstres partout ; ces agneaux qui me côtoient le jour, me poursuivent la nuit avec des cornes et des crocs. Mon meilleur ami s’apprête à me poignarder dans le dos. Je me débats pour sortir du gouffre. A mon réveil, la réalité d’en-face me fait peur. Quand je me retranche dans mon sommeil, les mêmes horreurs surgissent. Du sommeil à l’éveil, le revers et l’envers sont les mêmes. Entre le rêve et la réalité, je me perds dans la vérité. Tout le monde à raison. Tout le monde a tort. Tout le monde est coupable. Tout le monde est innocent. Tout le monde a des droits, rare ont des devoirs. Je suis dans un panier de crabes. Dans la foulée, on s’entredéchire, on s’oppose pour la même cause. Tous les coups sont permis, les boiteux sont abandonnés, les agonisés sont achevés. Même les morts sont enterrés les pieds dehors. Pourquoi s’étonner que l’otage soit un mort ? Pourquoi être sidéré que celui que l’on vient d’enterrer n’était pas le bon corps ? Pourquoi s’indigner que l’autorité soit huée par la meute agacée ? On peut avoir raison et perdre sa raison. On parle de bien en marchant à reculons vers la vertu. Face à l’adversité, il y a trop d’individualité dans le jeu ; trop de maladresse dans les tirs. Les uns lancent le cri du cœur, les autres, le cri de guerre. Les secours accourent, les victimes crient aux vautours. 
Un vampire se cache en chacun de nous. Le diable n’est pas toujours en face. Notre propre ombre peut paraître étrange à l’étranger que nous sommes. Il ne suffit pas de dire « je pense, donc je suis » pour être. Il ne suffit même plus de crier : « yes, I can ! » pour avoir l’antidote. Avant, la connaissance de soi était liée à celle que l’on avait des lois de l’univers. Aujourd’hui, la connaissance de soi est liée au pour soi. Malheureusement, on ne peut pas exister que pour soi. On ne vit pas que pour ses propres intérêts. Maine de Biran disait qu’avoir conscience, c’est exister pour soi. Mais il n’y a pas que soi ; il y a aussi autrui, cet autre du soi, de nous-mêmes. Malheureusement, autrui est mort. L’autre ne compte plus. Entre autrui et nous, il y a trop d’égo, trop de bruits. Il y a trop de mesquineries, trop de bâtons dans nos propres roues. On ne peut pas scier la branche sur laquelle on est assis. Les plus belles chutes sont celles que l’on provoque soi-même. La convoitise qui fait fi du piège est un leurre. L’entêtement qui défie le bon sens est décadent.  


Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr





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