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Jean Martin Coulibaly, ministre de l’Education nationale " Que l’enfant aille à l’école, même dans des conditions difficiles "

21/06/2017
19:30

Le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, Jean Martin Coulibaly, était dans les locaux de Sidwaya, le mardi 20 juin 2017. A l’occasion, il nous a livré une interview sur le bilan de l’année scolaire et les grands défis de son département.  

Sidwaya (S): L’année scolaire tire inexorablement vers sa fin. Quel bilan pouvez-vous en tirer ?

Jean Martin Coulibaly (J.M.C) : L’année s’achève assez normalement et dans la quiétude, même si nous avons eu de temps en temps des négociations avec les partenaires sociaux qui se sont d’ailleurs très bien passées. Nous avons eu également quelques soucis au démarrage des examens parce que les différents mouvements de cette année ont retardé certains de nos marchés d’acquisition. C’est seulement cette semaine que nous sommes en train de faire les réceptions. Donc, à la fin de la composition des matières théoriques, les enfants ont dû attendre une semaine parce que le matériel n’était pas arrivé et parce que la procédure n’avait pas pu être suffisamment anticipée, au regard des grèves que nous avons connues au ministère des Finances. Donc, tout cela a eu un impact sur l’organisation des examens scolaires puisque ces fournitures font parties des sujets. Nous ne pouvions donc pas les acquérir à l’avance et les déposer. La confidentialité serait alors mise en cause. Nonobstant, ces difficultés, il y a eu des velléités de prendre en otage certaines copies du CEP parce que les gens attendaient d’être payés avant de faire le service. Tout cela est aujourd’hui derrière nous et les équipes devraient pouvoir délibérer. C’est seulement la partie pratique des examens techniques qui va se poursuivre jusqu’à mi-juillet selon les filières et le nombre de candidats.

S. : Il y a des localités où le CEP n’a pas encore été délibéré jusqu’à présent, comment comptez-vous y remédier ?

J.M.C. : C’est un problème qui n’aurait pas dû arriver parce que l’administration est la même partout. Nous travaillons tous et c’est seulement à la fin du mois que nous sommes payés. Il en est de même pour la correction. Nous avons été surpris de voir que certains collaborateurs exigeaient d’être payés avant d’avoir corrigé. Mais nous avons discuté avec eux et j’ai donné des instructions hier(ndlr : 19 juin dernier). Les gens ont été payés et donc normalement, il n’y a pas de difficultés que les délibérations aient lieu d’ici mercredi qui était la date d’ailleurs indiquée pour la fin des examens. Il n’y a donc pas de retard.

S. : Le chef du gouvernement avait lancé l’opération de construction d’écoles en remplacement de celles sous paillotes. Pouvez-vous nous garantir qu’aucun enfant ne recevra le savoir, la rentrée prochaine dans une classe sous paillote ?

J.M.C. : L’engagement qu’a pris le président du Faso, c’est que les écoles sous paillotes qu’il est venu trouver, nous puissions les remplacer. Il s’agissait précisément de 4353 salles de classe. Ce travail de résorption est en bonne voie d’être atteint, même avant 2020. Ce que les Burkinabè doivent savoir, c’est que nous avons un taux d’accroissement de la population qui est très important à savoir 3,1%. Tant que nous n’aurons pas fait suffisamment d’efforts par rapport à la natalité du pays, je pense qu’il n’est pas raisonnable de penser que nous n’aurons plus jamais de classes sous paillotes. Parce que la responsabilité de l’Etat, c’est de faire en sorte que chaque Burkinabè puisse aller à l’école. Donc, il est préférable que l’enfant aille à l’école même parfois dans des conditions difficiles que de ne pas y aller. Bien sûr, l’effort du gouvernement est de faire en sorte qu’il n’y ait pas de classes sous paillotes et nous réfléchissons d’ailleurs aux mécanismes qui peuvent nous permettre cela. Mais, en même temps et comme je le dis souvent, il vaut mieux avoir la moitié d’une classe de 140 élèves sous paillote que de les avoir tous à 140 ou 150 dans une seule classe parce que pédagogiquement, vous ne pouvez pas leur assurer dans ce cas, une éducation de qualité. Donc, ce sont des choix que nous opérons de fois de façon avisée en attendant bien sûr que les moyens de l’Etat permette de résoudre ces classes sous paillotes.

S. : A ce jour, quel bilan peut-on faire de ce vaste projet du gouvernement en matière de construction d’écoles de bonne qualité ?

J.M.C. : Nous sommes à la deuxième année. L’année dernière, nous avons construit 480 salles de classe sur les 4353 prévues. Pour 2017, nous avons construit au niveau du ministère, 1780. Au niveau des communes, c’est à peu près la même chose donc théoriquement, si nous suivons ce rythme, en 2018 ou au plus tard en 2019, les 4353 salles de classe sous paillotes que ce régime est venu trouver seront presque résolues. Mais, comme je l’ai indiqué, nous devons faire l’effort d’accroître le dispositif parce que le nombre d’enfants à accueillir augmente également dans les mêmes proportions. Pour vous donner une idée, ce sont des chiffres un peu anciens. Mais, c’est un rapport que nous venons de sortir sur les enfants hors école. En 2014, sur une population d’environ 17 millions d’habitants, les 6-16 ans qui représentent le segment que gère le ministère de l’Education nationale représentait presque 32% de la population. La population burkinabè en général double tous les 20 ans. Ce doublement est encore plus fort pour ce qui concerne les tranches d’âge qui sont à l’école. Cela montre un peu les efforts qui doivent être faits. C’est à l’Etat et à ses partenaires de s’organiser pour trouver les moyens afin de faire en sorte que plus aucun enfant ne soit encore dans une classe sous paillote. C’est un effort qui est continu et qu’il faut poursuivre.


S. : L’une des gangrènes du système éducatif, c’est l’incivisme. Où en êtes-vous avec cet épineux problème ?

J.M.C. : J’ai l’habitude de dire que nos enfants ne sont pas tombés du ciel avec l’incivisme en main. Ces enfants ne reproduisent que ce que nous les parents ou notre société leur ont appris. Et, je dis toujours que la responsabilité par rapport à cet incivisme est d’abord du côté des adultes. Un enfant qui est dans la rue, s’il voit un adulte qui arrive et qui brûle le feu pendant que tout le monde est arrêté, il apprend que c’est possible de brûler le feu, mais si personne ne brûle le feu, cet enfant comprendra qu’il n’est pas bon de brûler le feu. C’est à nous les adultes de leur montrer la voie à suivre. Comportons- nous de façon civique et nous verrons que nos enfants vont se comporter également bien. Il ne suffit pas d’inculquer les valeurs civiques seulement en famille, mais il faut aussi l’enseigner et le défendre en société. C’est donc dire que nous-mêmes, nous ne devons pas seulement être spectateur de constater que quelqu’un brûle le feu. Nous devons prendre des mesures pour parler à cette personne et lui dire que ce qu’elle a fait n’est pas bien. Mais, si nous nous disons qu’on ne le connaît pas et donc ce n’est pas notre problème, cela devient compliquer. Mais concrètement, pour l’école, nous avons rétabli l’enseignement sur nos valeurs culturelles, le respect de soi et de l’école. Nous avons même institué la semaine des actions sur le civisme que nous avons faisons chaque année au niveau national et même dans les régions. Nous avons également introduit des modules sur la culture et les arts à l’école.

S. : Pour la rentrée scolaire 2017-2018, quels sont les grands chantiers de votre département ?

J.M.C. : Pour l’année scolaire à venir, il y a deux ou trois chantiers qui sont importants pour nous. Il faut bien sûr poursuivre l’expansion du système parce que si nous arrêtons, nous prenons le risque qu’il y ait des Burkinabè qui n’aillent pas à l’école. Donc, c’est un effort que nous devons continuer, en construisant plus d’écoles et en formant plus d’enseignants pour renforcer le dispositif. Mais au-delà de cela, une des choses à laquelle nous devons nous attaquer avec beaucoup de détermination, c’est la question de la qualité. Je n’ai pas encore tous les résultats du BEPC, mais je sais que cette année, ils sont moins bons que l’année dernière. Il y a donc une réflexion qui va se mener sur les examens et certaines parties du programme dispensé dans nos écoles. Une des grandes difficultés que nous avons par rapport à cette qualité est la non-maîtrise du français par les élèves et même parfois par les enseignants. C’est une situation que nous devons prendre à bras-le-corps et nous allons réfléchir pour voir quels sont les moyens pour traiter adéquatement cette question. L’autre innovation que nous voulons apporter, c’est de faire en sorte que les structures éducatives, que ce soit une école, un collège d’enseignement général ou un lycée technique, soient dotées d’un budget de fonctionnement parce que jusque-là, ce n’est pas effectif. Ce qui ne permet pas aux responsables qui sont nommés à la tête de ces entités, de prendre leurs responsabilités et d’organiser l’année scolaire en fonction du nombre d’élèves qu’ils ont.

 S. : En cette fin d’année, quel est votre message à l’endroit des acteurs de l’éducation ?

J.M.C. : C’est d’abord leur souhaiter de belles vacances et surtout des vacances instructives parce qu’on ne finit jamais d’apprendre. Je les exhorte à profiter de cette période pour approfondir leur culture et revenir avec un plus à partager avec les autres. J’espère surtout qu’ils reviendront avec plus d’engagement d’offrir une éducation de qualité à nos enfants. C’est une responsabilité qui est vraiment importante. L’éducation est le socle qui fonde tout développement. Il faut donc que l’on comprenne le rôle important que joue l’école dans l’éducation et la formation des cadres dont notre économie a besoin.

Interview réalisée
par Nadège YAMEOGO



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