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Abdoulaye Kara, producteur d’anacarde à Douna : «Que l’Etat harmonise les prix sur le marché»

02/07/2017
21:41

De nos jours, ils sont de plus en plus nombreux les Burkinabè qui s’intéressent à la production de l’anacarde. Pourquoi un tel engouement pour cette spéculation ? L’activité nourrit-elle réellement son homme ? A travers ces lignes qui suivent, Abdoulaye Kara nous fait partager son expérience de producteur d’anacarde à Douna, dans la région des Cascades. 

Carrefour Africain (C.A.) :
Qu’est- ce qui vous a motivé à produire l’anacarde ?


Abdoulaye Kara (A.K.) : J’ai constaté que c’est une spéculation qui donne d’énormes revenus. Ce qui est intéressant, c’est que l’anacardier s’adapte bien au sol de notre localité et produit en grande quantité. C’est ce qui m’a le plus motivé à me lancer dans sa production.


C.A. : Depuis quand avez-vous commencé à produire l’anacarde ?
A.K. :
C’est depuis 2000 que j’ai mis en terre mes premiers plants d’anacardiers. Actuellement, j’ai un verger de 5,5 ha en production et 3 ha de jeunes plants. J’ai donc au total un champ de 8,5 ha.


C.A. : Est-ce que vous êtes satisfait de la production ?
A.K. :
Je suis satisfait au regard des rendements que j’engrange dans mon verger. L’an passé, j’ai vendu mes produits à 460 000 FCFA. Au regard de la superficie, je m’attendais à ce que la production soit meilleure cette année mais ça n’a pas été comme je le voulais. Néanmoins, j’ai eu 675 000 FCFA. Je me dis que ça va un peu. Ma production tourne autour de 800kg par récolte. J’ai toujours de jeunes plantes et j’espère que dans l’avenir, ça va beaucoup donner. 


C.A : Où vos produits sont-ils vendus ?
A.K. :
La vente se fait sur le marché local, à Douna. Il y a des commerçants sur place qui achètent nos produits pour les revendre à ceux qui viennent de Bobo-Dioulasso. Le sac de 100kg se négociait avant à 70 000 FCFA chez nous mais présentement, il est passé à 85 000 FCFA. 


C.A. : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans vos activités ?
A.K. :
Des difficultés, on en rencontre beaucoup. En saison sèche, les animaux en divagation détruisent nos jeunes anacardiers. En plus, nous assistons, impuissants, à l’attaque des arbres par des parasites. Pour cela, nous avons besoin de soutien et d’un encadrement permanent.


C.A. : N’avez-vous pas le soutien de la direction régionale en charge de l’Agriculture des Cascades ?
A.K. :
On a quelques formations avec la direction à travers lesquelles on nous apprend comment entretenir les plantes. Mais ce n’est pas suffisant. Nous souhaitons davantage d’aide.


C.A. : Quelles sont les dispositions que vous avez prises pour faire face à la divagation des animaux dans vos plantations ?
A.K. :
C’est là le problème. Les éleveurs n’ont pas un endroit fixe, surtout en saison sèche, pour paître leurs animaux. Et pourtant, les bœufs aiment bien les fruits de l’anacardier. Ils mangent les pulpes et avalent les noix, alors que ce sont ces noix qui nous intéressent. Cela suscite parfois des tensions entre planteurs et éleveurs. Il y a certains bergers aussi qui volent nos noix pour aller vendre. Pour faire face à ces problèmes, nous avons mis en place des comités de veille. Et si on surprend un troupeau de bœufs dans un verger, on amène les animaux dans un parc afin que le propriétaire vienne payer pour les récupérer.


C.A. : Est-ce qu’on peut dire que la production d’anacarde nourrit son homme ?
A.K. :
Dans mon cas, j’arrive à prendre en charge ma petite famille et une partie de la famille de mon grand frère qui se trouve en Côte d’Ivoire. Mais il faut dire qu’un producteur d’anacarde ne peut pas vivre uniquement de cette activité. On associe aussi la culture des céréales pour pouvoir compenser. A cet effet, j’ai 5 ha de champ réservés à la production des vivres et il n’y a pas un seul pied d’anacardier dedans. Il faut aussi préciser que dans une jeune plantation d’anacardiers, on peut toujours produire d’autres spéculations mais à un certain niveau, ce n’est plus possible. Cela peut jouer sur les rendements de ces cultures si on n’y prend garde. C’est pourquoi, il faut toujours avoir un espace spécialement destiné aux cultures vivrières.


C.A. : Qu’est-ce que vous attendez de l’Etat en tant que producteur d’anacarde ?
A.K. :
Nous souhaitons que l’Etat nous aide à organiser la vente de nos produits, sinon on se rend compte que c’est du désordre. Les prix ne sont pas fixes sur le marché et varient d’une région à une autre. En harmonisant le prix, cela nous rendrait un grand service et nous fera plaisir.


C.A. : Avez-vous des relations avec des producteurs d’autres pays comme la Côte d’Ivoire ?

A.K. :
Non, nous n’en avons pas.


C.A. : En venant à la Journée nationale du paysan, ici à Kaya, quelles sont vos attentes?
A.K. :
Nous attendons de l’Etat qu’il améliore les conditions de travail de l’ensemble des producteurs avec davantage de soutiens matériel et financier. Une bonne gestion des conflits agriculteurs-éleveurs serait également bien pour nous.


Propos recueillis par Mady KABRE


 



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