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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Abdoulaye Nabolé, président de l’organisation professionnelle des industries du coton-textile:

02/07/2017
22:38

Alors que les industries ouest-africaines de transformation du coton sont en pleine tourmente et tournent à peine à 30 % de leur capacité, le président de leur organisation professionnelle, Abdoulaye Nabolé défend le renouveau. Le dirigeant de la Filature du Sahel explique dans cet entretien ses priorités.

Carrefour africain: En Afrique de l’ouest, si la production de coton explose, la transformation est à la peine. Comment expliquez-vous ce paradoxe doublé au fait que les rares usines tournent au ralenti?


Abdoulaye Nabolé: Ce paradoxe, nous le constatons avec vous et l’ensemble des acteurs de la transformation que nous vivons cette situation avec beaucoup d’amertume. Mais en réalité, cette situation trouve son origine dans l’histoire de la production cotonnière dans notre région. Au départ, nous devrions produire le coton pour alimenter les usines de transformation de l’Hexagone. Progressivement, la transformation s’est déplacée du continent européen vers l’Asie mais les grands groupes européens sont restés très actifs dans le courtage, contrôlant du même coup la mise en marché de notre production de fibre.
Cette situation est à l’origine de la fermeture de la quasi-totalité des unités de transformation et celles qui existent encore peinent à tourner à 30% de leur capacité. 


Le Burkina par exemple, premier producteur qui vise 800 000 tonnes de coton graine, moins de 5 % de cette production est transformée. Quelle est l’enjeu de la création d’un marché local pour les industriels?
Au-delà du cas particulier de notre filature, la question de l’érection d’un marché intérieur solide et structuré est un impératif de développement.
Nous ne pouvons baser toute notre stratégie de développement sur la commercialisation à l’international parce que nous ne disposons pas des mêmes facilités que les pays européens ou  asiatiques qui ont un accès privilégié à l’énergie, à des infrastructures de soutien à la mise en marché (routes, chemins de fer, ports) et qui disposent d’une main-d’œuvre qualifiée.
Aussi, quand on analyse les problèmes que la plupart des industriels membres de notre Groupement professionnel rencontrent, on arrive à la conclusion toute évidente que nous ne disposons pas de marché intérieur structuré, sinon comment comprendre que du sucre, des jus, de l’huile, du fil…, puissent être importés,   exemptés de taxes et impôts et être plus compétitifs que les mêmes produits fabriqués localement?
Les Burkinabè devraient apprendre à consommer local, mais les unités industrielles se doivent aussi de fournir les efforts qu’il faut, en se mettant à la pointe de la technologie, pour offrir des produits de qualité comparable.


Quelle est la place de ce secteur dans les économies ouest-africaines en termes de chiffres générés (emploi, chiffre d’affaires, apport au PIB, etc.)?
Il est difficile aujourd’hui de donner avec précision la place du secteur coton-textile dans les économies ouest-africaines. Cependant, jusqu’à une période récente, avant le boom du secteur des mines, le coton-fibre constituait la première source de recettes d’exportation dans des proportions comprises entre 35 et 65%.
Pour le cas spécifique du Burkina Faso, on estime que 2,5 à 3 millions vivent directement ou indirectement de la production du coton. La transformation artisanale du fil de coton fait vivre, quant à elle, plus de 80 mille artisans, soit plus de la moitié  des fonctionnaires  Burkinabè. 
C’est donc dire que le coton occupe une place de choix dans nos économies, ce qui a du reste conduit nos Etats, au plus fort de la crise du marché mondial de la fibre, à initier l’agenda coton-textile, dont l’objectif était de transformer sur place 25% de la fibre produite dans l’espace UEMOA ; ce qui aurait pu générer à l’horizon 2020, 50 mille emplois directs industriels. 
 
Quels sont les goulots d’étranglement qui minent la filière coton-textile?

De toutes les investigations réalisées dans le cadre du COS-COTON, avec les experts internationaux les plus pointus sur les questions de transformation du coton, on retiendra trois faiblesses majeures à toutes les stratégies élaborées à ce jour.
La première réside dans le coût relativement élevé de l’énergie, parce qu’il faut savoir que l’industrie du textile fait partie de l’une des plus énergétivores. Aussi pour un pays comme le Burkina, il faudrait réduire le coût moyen de l’énergie électrique de pratiquement 50% pour nous permettre d’être dans les standards internationaux qui sont de 45 francs le Kw.
Dans le même temps, il faudrait agir sur le coût de la matière première, qui est un facteur limitatif à la transformation. En effet, acheter localement au prix du marché international n’est pas de nature à rendre compétitive la transformation.
Enfin, il est impératif de pouvoir disposer d’une main-d’œuvre qualifiée, couvrant tous les corps de métier de l’industrie textile. Le CERFITEX au Mali qui devrait combler ce vide mérite d’être redynamisé, pour fournir et ou répondre aux besoins des professionnels du secteur.
Ce sont là les trois contraintes majeures auxquelles il faut certainement ajouter la question du coût de l’accès à la technologie, avec les difficultés de financement que nous connaissons dans notre sous-région et ce, malgré l’engagement des chefs d’Etat de l’Union dans le cadre de l’Agenda coton.


L’UEMOA a adopté un agenda pour la compétitivité de la filière coton-textile qui vise la transformation de 25 % avant 2020. Est-ce le signe d’une prise en main de la filière?

Lorsqu’en décembre 2003, les ministres sectoriels adoptaient «Agenda pour la compétitivité de la filière coton-textile dans l’UEMOA», nous étions loin de penser qu’en 2017, nous serions toujours à 2% de transformation du volume total de coton produit dans l’Union.
Cela était effectivement un signe de prise en main, mais je crois que la plupart des acteurs ont vite déchanté et fondent l’espoir que la réorganisation en cours de la Commission de l’UEMOA et la désignation du Président du Faso pour conduire le plaidoyer régional et international en faveur de la transformation du coton dans l’Union devraient permettre de lui donner un nouveau souffle.
En attendant, les acteurs réunis au sein de l’OPICT ne ménagent aucun effort pour relancer la dynamique. 
 
Après les contrecoups de la crise, FILSAH a débloqué 1, 5 milliard pour l’acquisition de nouveaux équipements devant lui permettre de fabriquer du fil pour le marché local. Où en êtes-vous avec ce programme d’investissement?

Des divers diagnostics  réalisés dans le cadre du Programme de restructuration et de mise à niveau des industries et par nos équipes en interne, il ressortait un certain nombre de goulots d’étranglement qui ne nous permettaient pas d’arriver à une exploitation optimale du potentiel d’absorption du marché intérieur. Cette situation nous a conduits à investir en 2016 dans l’acquisition de 11 machines flambant neuves pour augmenter les capacités de la section filage de 20% et de 60% celles de la section retordage qui nous permet de rendre disponible le fil pour le marché national du tissage.  
Grâce aux investissements nouveaux, à la réorganisation du travail et à l’implication des ouvriers dans la sauvegarde de leur outil de travail, nous avons réussi, après une année 2015 particulièrement difficile, à augmenter de 58% l’offre de fil retordu pour le marché national, pour une production globale de fil en hausse de 16,12%.

Propos recueillis  par 
Saturnin Nadoun Coulibaly









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