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Un rapport inquiétant

09/07/2017
20:11

La commission d’enquête du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a déposé son rapport le jeudi 6 juillet 2017. Elle devait, à la suite des nombreuses plaintes des justiciables et des révélations par voie de presse burkinabè sur des cas de corruption supposée de certains acteurs de la justice, éclairer le CSM. Le contenu du communiqué publié est ahurissant pour nombre de Burkinabè. En effet, sur 51 dossiers, la commission a conclu à l’existence de manquement à l’éthique et à la déontologie dans vingt-neuf (29) dossiers et impliquant trente-sept (37) magistrats principalement et incidemment trois (3) avocats, cinq (5) greffiers, quatre (4) OPJ (Officiers de police judiciaire) et APJ (Agents de police judiciaire) de la gendarmerie nationale. Des présomptions de manquement à l’éthique et à la déontologie pèsent donc sur beaucoup d’acteurs de la justice. Même si les mis en cause restent des présumés innocents en attendant que l’instance habilitée à prononcer leur culpabilité se prononce, l’on doit admettre que les résultats de l’enquête sont alarmants.  En français facile, des magistrats, des avocats, des greffiers, des policiers et gendarmes sont accusés d’avoir fait du tort à d’autres Burkinabè. Ils auraient simplement manqué à leur devoir. Et il faut tout de même s’en inquiéter. Ce qui est inquiétant, c’est le nombre élevé des hommes de loi mis en cause dans ce rapport. Ceux qui connaissent mieux la loi ont-ils réellement fait du tort à des justiciables qui comptaient sur eux pour bénéficier de la réparation d’un préjudice subi ? Des soupçons de pratiques douteuses pèsent, en tout cas, sur près d’une quarantaire de magistrats.  Des Burkinabè ont été brimés en justice à cause des espèces sonnantes et trébuchantes. Le dieu Mammon a fait son œuvre dans le milieu judiciaire. Selon la commission, « le monnayage de la programmation des dossiers; le monnayage de la liberté provisoire notamment à l’instruction et au niveau des chambres correctionnelles des cours d’appel ; le monnayage du recouvrement de sommes d’argent dans les cabinets d’instruction et dans les sous-unités de police judiciaire au profit des victimes avant toute décision ; les décisions de mesures de garde à vue pour contenter la victime et recevoir de sa part des présents » sont des pratiques dans le milieu judiciaire. Et les conséquences sont multiples. La perte de confiance du citoyen vis-à-vis de la justice burkinabè, l’incivisme, la multiplicité des vindictes populaires, la montée en flèche d’une justice traditionnelle aux sentences inouïes des fameux Koglweogo. Voici ce que le comportement de quelques brebis galeuses a pu provoquer au pays des Hommes intègres.  L’existence depuis des années de dossiers pendants en justice s’explique-t-elle par le comportement peu recommandable de certains magistrats ? Le traitement parfois accéléré d’autres dossiers judiciaires est-il dû à des pots de vin ? Des questions qui restent sans réponses. 
L’absence de justice dans un pays constitue un danger pour les citoyens. Il y a lieu de saluer tout de même ce début de lumière sinon de toilettage de l’appareil judiciaire. Le moment est venu d’extirper les loups aux dents longues de la bergerie. Soulagés devrons-nous être malgré tout, car beaucoup de magistrats, d’avocats, de greffiers, de policiers, de gendarmes et de gardes de sécurité pénitentiaire sont intègres et accomplissent leurs missions avec probité.  Le rapport de la commission est produit à un moment où les Burkinabè lancent des pics à leur justice. Il y a urgence que la confiance soit réinstaurée entre les justiciables et leurs magistrats. Combattre l’injustice, sanctionner ceux qui ternissent l’image d’une institution respectable par le monnayage de leurs actes, c’est ce qu’on attend désormais du Conseil supérieur de la magistrature. Jeter ce rapport dans les oubliettes parce qu’il touche tel ou tel acteur de la justice sera agrandir le fossé entre justice et justiciables. Il faut avoir simplement le courage de réinstaurer une vraie justice au service des Burkinabè. Les magistrats burkinabè ont un combat à mener : se battre pour que leur image ne soit pas ternie par des ripous.


Par Rabankhi Abou-Bâkr Zida 
rabankhi@yahoo.fr






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