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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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L'autre regard : Un couple à l’épreuve du temps

12/07/2017
18:13

«Je dois me féliciter de la qualité des relations qui existent entre nos deux pays, dans tous les domaines, aussi bien sur les plans politique, économique et de la coopération sécuritaire. Je voudrais dire qu’en plus de cela, les concertations permanentes que nous entretenons entre les exécutifs, notamment le président Alassane Ouattara et moi, les premiers ministres, les gouvernements, permettent de consolider justement ces relations ». 

Ce sont les premiers mots du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, dans l’interview qu’il a accordée à deux journaux Burkinabè (Le Pays et Sidwaya) et deux autres ivoiriens (Fraternité Matin et L’Intelligent d’Abidjan). On est bien loin des moments où prendre l’avion pour la capitale ivoirienne peut susciter des interrogations, voire des suspicions. A la veille de la tenue de la 6e réunion au sommet du Traité d’amitié et de coopération (TAC), l’expression de cette disposition d’esprit finit de convaincre que les deux pays sont bien dans une phase de normalisation de leurs relations. La présence remarquée du Président ivoirien Alassane Ouattara à l’investiture du président élu du Burkina Faso en décembre 2015, à la clôture officielle de la XXVe édition du FESPACO en mars 2017 et la tenue, entre des deux événements,  du Conseil des ministre conjoint à Yamoussoukro en juillet 2016, attestent que de part et d’autre, des gages d’apaisement et de réconciliation sont donnés. Tant mieux pour  les grands projets communs dont l’élan de mise en œuvre a été fortement  ralenti par les affaires ! Les mandats d’arrêts internationaux émis à l’encontre de l’ex-président Blaise Compaoré et du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, les écoutes téléphoniques… ont, un temps, parasité la ligne Ouagadougou-Abidjan. A propos des relations avec le grand voisin ivoirien, des hommes de toutes conditions nous ont toujours rappelé, à longueur de discours, que les deux pays sont condamnés à vivre ensemble,  liés qu’ils sont par l’histoire et la géographie. Malgré ces considérations d’ordre naturel, il reste entendu que ces relations ont été façonnées et entretenues par  les personnalités politiques qui se sont succédé à la tête des deux Etats depuis les indépendances. Même si la tendance est à la construction de grands ensembles régionaux, c’est généralement par couples interdépendants que l’édifice se construit progressivement. Et comme dans tous les couples du monde, rares sont ceux qui ne peuvent pas s’entendre sur l’essentiel malgré des moments de frictions et d’orages. Le couple ivoiro-burkinabè n’échappe pas à cette donne. Le premier président du Burkina Faso indépendant, Maurice Yaméogo et son homologue de Côte d’Ivoire, entretenant de très bons rapports amicaux, avaient engagé  leurs Etats respectifs dans une relation forte au point d’envisager une nationalité commune. Ce qui a rendu la tâche particulièrement difficile à son successeur, le général Sangoulé Lamizana alors patron de l’armée nationale, accusé à tort ou à raison d’avoir fait évincer « l’homme-lige »  du Vieux du pouvoir.  Les intérêts des deux Etats finiront par prendre le dessus  et Houphouët de se rattraper en raccompagnant son homologue burkinabè jusqu’à l’aéroport de Ouagadougou à l’issue d’une visite officielle. A la défiance qui a caractérisé les relations ivoiro-burkinabè durant la longue période d’exception (sans pour autant empêcher à des millions de nos compatriotes d’enrichir le Burkina tout en assurant leur part de la prospérité ivoirienne) a succédé « la doctrine Compaoré » se traduisant par une logique de stabilisation des relations avec la Côte d’Ivoire. C’est pourtant à cette époque que les deux pays ont vécu l’une des plus graves crises avec le rapatriement volontaire à partir de 2002 de plusieurs centaines de Burkinabè. La résolution de cette crise a donné naissance au TAC que d’aucuns ont comparé au traité dit de l’Elysée entre la France et l’Allemagne après la Grande guerre, et qui préfigurait l’Union européenne d’aujourd’hui. La poursuite et même l’intensification de la mise en œuvre des projets du TAC procèdent de la real politik la plus élémentaire. C’est elle qui permet aux dirigeants des deux pays de s’élever au-dessus des contingences de leurs histoires récentes pour entretenir de bonnes relations en considération des intérêts de leurs peuples respectifs. Ces valeurs, pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris,  priment absolument sur les amitiés et reconnaissances personnelles. Neuf ans après le mariage en terre burkinabè, le 29 juillet 2008, c’est à Ouagadougou que le couple ivoiro-burkinabè, véritable défi au temps, célèbrera ses noces de faïence ce mois de juillet avec de nombreux projets.

Mahamadi TIEGNA
camerlingue78@yahoo.fr


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