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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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L’éducation, le contraceptif le plus efficace

26/07/2017
21:29

L’éducation, le contraceptif le plus efficace

Lors d’une rencontre régionale tenue à Ouagadougou du 20 au 22 juillet 2017, des parlementaires de l’espace CEDEAO ont formulé une résolution jugée courageuse. Ils ont précisément proposé la limitation du nombre d’enfants par femmes. « Les parlementaires de la CDEAO, de la Mauritanie et du Tchad, ont convenu que d’ici à 2030, les parlements devraient inciter les gouvernements à mettre en place des politiques tendant à faire en sorte que chaque femme… ait, au plus, 3 enfants, pour maîtriser le boom démographique », avait déclaré l’hôte de la rencontre, le président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, à la clôture des travaux. Pour l’instant, ce n’est qu’un engagement à long terme, mais il n’a de cesse depuis, d’alimenter les débats, parfois vifs, dans certains milieux de la capitale burkinabè. Les chiffres légitiment, pour partie, cette prise de position résolument antinataliste. Le taux de fécondité dans la CEDEAO est nettement supérieur à la moyenne continentale et les « Honorables » sont convaincus de la nécessité de trouver des solutions urgentes à l’« explosion démographique » dans les pays de la région. Dans leur logique, moins de personnes équivaut à moins de bouches à nourrir, moins d’enfants à scolariser, à soigner…donc à plus de ressources, d’opportunités de croissance économique suffisamment vigoureuse pour impacter le bien-être du plus grand nombre. Si cet engagement franc paraît nouveau, le débat a toujours opposé les tenants de deux approches diamétralement opposées. D’un côté, les pro-natalistes voient plutôt d’un bon œil le boom démographie. Les êtres humains seraient la ressource ultime selon cette école (minoritaire),  puisque, plus de gens, signifierait plus de productivité, plus de demandeurs de biens de consommation, plus d’esprit de créativité... En face, les antinatalistes dans le sillage desquels s’inscrivent les parlementaires de la CEDEAO, adhèrent à une limitation des naissances, y compris par des politiques de l’ordre de celles de l’enfant unique en Chine et plus généralement en Asie. Dans la situation du Burkina Faso et des autres pays pauvres,  c’est  la pauvreté qui est mise à l’index. Ne dit-on pas que « le lit de la pauvreté est fertile ». D’un côté, c’est parce qu’on est pauvre qu’on est en surfécondité. De l’autre,  c’est   la fécondité qui appauvrit. Faut-il pour autant légiférer sur la question comme l’envisage les députés des parlements de l’espace CEDEAO au nom d’un simple calcul économique et statistique, sans tenir compte des spécificités locales ? Délicate question ! Mais c’est le Mahatma Gandhi qui semble avoir trouvé la réponse à cette préoccupation. Il a soutenu en substance que la réalité du tiers monde doit être diffusée par des tiers-mondistes dans des conditions tiers-mondistes. Il explique qu’une femme enceinte portant un fagot de bois, le cadet de ses enfants au dos et l’aîné dans les bras est un signe de richesse et de bonheur pour cette dernière. La même réalité est interprétée par les occidentaux comme la misère et la souffrance parce que les enfants y sont considérés comme des charges et non  une richesse comme c’est le cas en Afrique. La notion d’épanouissement, de bonheur s’avère très relative. Quel type de fécondité peut-on donc suggéré à ce vieux cultivateur qui, par le même calcul économique, préfère avoir autant de bras valides que Dieu pourrait lui en donner en soutien ? La préoccupation n’est pas qu’économique. Il ne faut pas que nos sociologues (où sont-ils ?), laissent le terrain du débat aux seuls économistes. Aujourd’hui, il en va de la limitation des naissances que de l’utilisation des toilettes, présentée comme la panacée contre la défécation à l’air libre dans les villages.  En effet, grâce à une campagne soutenue de sensibilisation, de nombreuses toilettes ont été construites dans des villages. Le constat est que très peu sont effectivement utilisées. Faire le tour des cases ou des buissons chaque matin continue d’être le premier réflexe chez les villageois. Face à une question aussi hautement sociologique que la limitation des naissances, l’éducation semble être le  contraceptif le plus efficace et sans effets secondaires. Lorsque le Burkina Faso atteindra un taux d’alphabétisation de 100% de sa population, un taux de scolarisation proche du même ordre de grandeur, il n’aura nul besoin de perdre du temps et des ressources pour convaincre qui que ce soit, de ce qu’il gagnerait à mieux espacer ou à limiter les naissances de ses enfants. Qui plus est, loin de contredire cette façon de voir, les grossesses à la pelle enregistrées en milieu scolaire interpellent chaque Burkinabè et le met face à ses responsabilités sur le contenu et la pertinence de ce qui est effectivement enseigné aux jeunes scolaires. Que chacun fasse donc son autocritique.

Mahamadi TIEGNA
camerlingue78@yahoo.fr



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