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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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L'autre regard : Enrichissement sur le dos de la gratuité des soins

09/08/2017
18:23

La morale agonise au Faso, disait le Dr Arsène Bognessan Yé. Il s’agit certes, de propos qui ne font pas honneur mais les actes et comportements dans un pays dit des « Hommes intègres » confirment à longueur de journée cette triste réalité. Pour preuve, le mardi 11 juillet dernier, la Police judiciaire de Bobo-Dioulasso mettait la main sur un agent de santé en possession de produits pharmaceutiques (Artesun) et de matériel médical destinés aux structures publiques de santé burkinabè. Une cupidité et un appât du gain facile qui lui ont fait frauduleusement soustraire 4 360 boîtes d’Artesun (d’une valeur d’environ 13 000 000 de F CFA), une boîte d’insertion Norplan, du matériel chirurgical, un aspirateur, un pèse-bébé, une imprimante, des gants, des compresses, de la Bétadine et bien d’autres produits pharmaceutiques. Ces produits détournés devaient être vendus à un autre agent de santé chargé de les revendre directement aux malades et aux dépôts pharmaceutiques privés.  Même si les investigations de la police sont toujours en cours, il est évident qu’un individu ne peut siphonner à lui seul une telle quantité de médicaments et de matériel. C’est dire donc qu’il n’est qu’un pion de tout un réseau qui n’est peut-être pas à son premier forfait. La police doit donc remonter toute la filière et situer les responsabilités afin de sanctionner convenablement cet agent et ses complices qui sapent les efforts des autorités nationales. Alors que le pays entre en plein dans la période de paludisme, comment peut-on être cupide au point de voler des médicaments aussi essentiels que l’Artesun ? L’Artesun, faut-il le rappeler, est un produit qui entre dans l’effectivité de la gratuité des soins engagée par l’Etat en 2016, subventionné au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans et qui lutte contre le paludisme. Et dire que ce sont les mêmes qui renvoient à longueur de journée les « pauvres » malades éligibles à cette gratuité des soins sous le prétexte qu’il y a rupture de tel ou tel autre produit dans les centres de santé publics.  Dans un simple jeu de calcul, 4 000 Artesun, c’est 4 000 malades qu’on aurait pu soulager gratuitement. Sans dramatiser la situation, combien de personnes sont mortes ou ont dû s’endetter pour se soigner dans le centre de santé où ces produits ont été volés et dans bien d’autres centres, étant donné que les premiers bénéficiaires de la gratuité des soins sont des indigents ? En 2016, l’Etat a mobilisé environ 20 milliards de F CFA pour l’effectivité de la gratuité des soins et de tels actes ne doivent pas rester impunis.  Il est indiscutable que des agents de santé consciencieux et honnêtes, on en trouve encore et partout, mais de plus en plus, ces gardiens de nos santés se muent en bourreaux, assoiffés de « l’argent en vitesse ». Insensibles à la mort de leurs prochains parce qu’habitués à enjamber les cadavres, ils ont pourtant juré (pour les médecins) par les dieux et les déesses Apollon, Asclépios, Hygie et Panacée, de se consacrer à sauver des vies et d’exercer cet « art » dans l’innocence et la pureté. « Si je remplis ce serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais des hommes ; si je le viole et que je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire ! ». Qu’il en soit ainsi donc. Les faits sont suffisamment établis.

Jean-Marie TOE


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