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Bénin : Ajavon, le souffre-douleur de Talon ?

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L’homme d’affaires béninois, spécialisé dans la distribution de la volaille, Sébastien Germain Ajavon, peut avoir des raisons d’avoir le sommeil troublé. Son pays, le Bénin, lui réclame  la somme de 167 milliards de francs CFA pour avoir organisé à travers plusieurs de ses sociétés, une évasion fiscale sur les années 2014, 2015, 2016. Cette nouvelle affaire intervient un an seulement après celle de trafic de drogue pour laquelle il avait été détenu en 2016 pendant huit  jours avant d’être relaxé au bénéfice du doute. On comprend pourquoi ses partisans crient à un acharnement politique contre leur champion. On le sait, le roi du poulet au Bénin est un adversaire politique du président Patrice Talon. Il est arrivé en troisième position en 2016 aux élections présidentielles et ne cache pas ses ambitions pour le scrutin de 2021. Cette avalanche d’accusations peut être perçue à juste titre par ses partisans, comme une manœuvre visant à écarter M. Ajavon des prochaines consultations électorales. Il n’est pas non plus infondé de penser que le président béninois, homme d’affaires dans le domaine du coton, veuille écarter  un adversaire économique  redoutable pour avoir un boulevard tranquille pour mener ses activités, une fois son mandat de président de la république terminé. Mais quel intérêt aurait le président Talon à forcer le richissime Ajavon à mettre la clé sous le paillasson  au risque de mettre plusieurs employés au chômage? Ajavon est-il aussi blanc comme neige tel que ses partisans veulent le faire croire ? Rien n’est moins sûr. On se souvient qu’en 2012, ce magnat béninois avait été l’objet d’un redressement fiscal de 35 milliards de francs qu’il n’a finalement pas payés à la faveur d’un protocole d’accord conclu avec le gouvernement de Yayi Boni. Pourquoi encore lui ? C’est à croire qu’ici comme ailleurs, le business rime malheureusement avec affaires mafieuses et croque-en-jambes politiques. Et le Bénin, malgré son niveau appréciable de démocratie, n’échappe pas à cette réalité. Cette affaire béninoise donne raison à ceux qui pensent qu’en politique, il n’y a pas d’amis, mais seulement des intérêts. Cela est d’autant plus vrai que les deux adversaires d’aujourd’hui s’étaient  mis ensemble à la faveur du second tour de l’élection présidentielle en 2016, pour barrer la route au Premier ministre d’alors, Léonel Zinsou, d’accéder à la magistrature suprême. Une coalition qui avait permis à Patrice Talon de remporter  haut les mains le scrutin. En tant qu’humain, il est normal qu’Ajavon veuille qu’en reconnaissance de ses bienfaits au candidat Talon, celui-ci, une fois au trône, lui laisse mener tranquillement ses affaires. C’est pourquoi cette nouvelle affaire est perçue comme une prime à l’ingratitude. Mais il est possible que le candidat à l’élection présidentielle de 2016 n’ait pas compris que son soutien à Talon ne saurait être un passe-droit ou une prime à l’impunité. Il est aussi possible que Sébastien Ajavon soit le souffre-douleur du président Talon dont les promesses électorales pour un Bénin nouveau tardent à se mettre en œuvre. On se rappelle l’échec cuisant qu’il a essuyé dans sa volonté de réviser la constitution béninoise et ramener le nombre de mandat du président de la république à un. Sur le plan économique et la lutte contre le chômage, les choses ne se sont guère améliorées depuis son accession au pouvoir. Cette ‘’cabale’’ politico-économique pourrait détourner, un tant soit peu, les Béninois des difficultés auxquelles ils sont confrontés et permettre à Patrice Talon de prendre un bol d’air. Mais, dans ce marigot politique béninois, n’allons pas vite en besogne. Seul l’avenir nous le dira.


Anselme KAMBIRE



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03/12/2017 19:50
26/11/2017 22:30
 

 



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