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Lucie Kaboré : Une icône dans la défense des veuves et orphelins

30/08/2017
14:30

Lucie Kaboré est présidente d’une Fondation qui porte son nom. Depuis une quarantaine d’années, cette veuve mène un combat sans merci contre toutes formes de discriminations à l’égard des veuves et des orphelins. La défense de leurs droits et leur insertion sociale constituent, dès lors, son cheval de bataille. Fort heureusement, sa lutte semble avoir payé, puisque l’Assemblée générale des Nations unies a institué le 23 juin 2010, la Journée internationale de la veuve. Au Burkina, c’est la ville de Koupèla qui a abrité les festivités entrant dans le cadre de cette commémoration en 2017. L’occasion faisant le larron, Carrefour africain en a profité pour faire un clin d’œil à une battante inlassable, celle-là même que l’on surnomme affectueusement «dame de fer», Mme Lucie Kaboré/Traoré.

 «La mort est inévitable, mais nous pouvons réduire les souffrances des veuves en améliorant leur statut social. Ainsi, nous contribuons à promouvoir l’égale et pleine participation de toutes les femmes au sein de la société», disait le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, le 23 juin 2011, à l’occasion de la  1ère édition de la célébration de la Journée internationale de la veuve (JIV). Cette déclaration, peut- on l’affirmer, est la quintessence du combat d’une dame, Lucie Kaboré-Traoré. Celle-là qui n’a pas hésité à braver la tradition pour défendre les veuves et les orphelins. A son corps défendant,  elle a dénoncé les maux dont sont victimes cette catégorie de personnes.Il s’agit, entre autres, de discriminations, d’expulsion illégale du domicile conjugal, du retrait de la garde des enfants, du retrait des biens familiaux. 

 Icône de l’émancipation de la femme au Burkina (première femme voltaïque à obtenir un permis de conduire le 4 décembre 1958), Lucie Kaboré-Traoré est née le 27 novembre 1926 à Sidi dans la province du Kénédougou. Après l’école primaire de 1934 à 1940 à Bobo-Dioulasso, elle poursuit ses études à l’Ecole supérieure de Bingerville, en Côte d’Ivoire, de 1940 à1944, puis à l’Ecole normale fédérale de jeunes filles de Rufisque au Sénégal de 1944 à 1948. Ses études sont sanctionnées par le Certificat d’aptitudes pédagogiques (CAP) qui va lui permettre d’entamer une carrière administrative bien remplie en tant qu’enseignante. 

Le 23 juillet 1949, elle épouse un administrateur civil de la France d’Outre-Mer, Dominique Kaboré avec lequel elle a eu huit enfants.  Le 16 mars 1972, celui-ci décède et lui laisse une dizaine d’enfants en charge. Elle devait, toute seule, surmonter de nombreuses difficultés liées à son veuvage. Cependant, elle se refuse de croire à la fatalité. C’est le début de sa longue lutte pour la sauvegarde des droits des veuves et des orphelins du Burkina. Elle crée le 25 mai 1974, l’Association des veuves et orphelins de Haute-Volta (AVOHV), reconnue officiellement le 20 janvier 1977. L’AVOHV devenue Association des veuves et orphelins du Burkina (AVOB) est une association féminine à but communautaire et à caractère social, ouverte à toutes les veuves volontaires sans distinction aucune. Les objectifs globaux sont la défense juridique de la veuve et de l’orphelin oppressés, la mise en place d’un statut véritable pour cette catégorie de personnes. En 2009, l’AVOB devient la Fondation Lucie Kaboré-Traoré pour la promotion des veuves et orphelins du Burkina (Fondation LKT). 

Un travail titanesque déjà abattu

Tout au long de sa vie, Mme Kaboré s’est battue pour le respect des droits des veuves et orphelins.  Très tôt elle a osé dénoncer les difficultés qui peuvent conduire à leur marginalisation, voire à l'exclusion sociale. D’où des surnoms de «Veuve joyeuse », « Dame de fer », « Femme battante ».Voilà ce que l’ancien Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, disait à Mme Kaboré lors d’une visite à la Fondation,le 23 septembre 2014. «Vous avez travaillé à défendre les droits humains et s’il ne tenait qu’à nous,  nous  vous aurions décerné le prix Nobel de la paix, car  les lauréats ne font pas mieux que vous». Il a poursuivi en ces termes : «Je suis certain qu’en Afrique, vous devez être l’une des premières à vous occuper  particulièrement de ces femmes qui ont perdu leur mari». On pourra facilement écrire des tomes sur le travail de Lucie Kaboré.  Nous dirons tout simplement qu’elle a voulu l’émancipation des femmes en créant des centres d’alphabétisation, dans plusieurs localités du Burkina et en faisant des émissions radiodiffusions de ménages en musique en jula.


 Elle est initiatrice de la traduction en langues nationales mooré, jula et fulfuldé de la 2e partie du code des personnes et de la famille portant sur la succession. L’un des membres de l’AVOB, Koumbo Drabo, pense que Mme Kaboré est une femme courageuse aux côtés de laquelle, les veuves ont appris à se battre. Elle dit reconnaître en elle une dame «Eprise d’amour et de paix ».«Maman Lucie est toujours aux côtés des veuves et des orphelins par son amour, sa paix, à manifester la joie de faire vivre», a déclaré Mme Drabo. Selon des témoignages, elle n’hésitait pas à retirer des chaussures des pieds de son enfant pour les donner à un orphelin.  

  La Fondation LKT et ses projets


Situé dans le quartier Larlé de Ouagadougou, le  siège  de la Fondation  abrite un centre médical et une école maternelle, «l’Alouette».L’objectif visé est de mettre l’accent sur l’éducation et la santé des veuves et orphelins, de renforcer leurs capacités à se prendre en charge. Agée aujourd’hui de plus de 90 ans, l’avocate des veuves et orphelins croule sous le poids de l’âge. Mais elle a su transmettre le virus à ses enfants dont Alice Zoungrana qui est la coordonnatrice de la Fondation. Celle-ci souhaite qu’une plus grande attention soit accordée aux veuves. «A l’instar de la Journée internationale de la femme, nous voulons que cette journée soit célébrée comme il se doit », a-t-elle souhaité. Lors des célébrations de la JIV, une série d’activités est organisée au centre médical. On peut citer, le dépistage gratuit du cancer du col de l’utérus, de l’hypertension artérielle, un don de vivres et de vêtements, un repas communautaire. Pour Mme Zoungrana, la veuve est une personne vulnérable qui devrait bénéficier d’une attention particulière du ministère en charge de l’action sociale. «Les autorités nous écoutent et nous promettent chaque fois qu’on va vers elles. Mais jusque-là, nous sommes toujours à l’étape des promesses», a-t-elle déploré. 

   A entendre Mme Zoungrana, la structure éprouve des difficultés pour répondre positivement aux besoins des veuves, tant les sollicitations sont nombreuses. Raison pour laquelle, elle lance un appel à l’aide aux bonnes volontés et à une synergie d’actions.  La Fondation n’entend pas s’arrêter en si bon chemin car elle ambitionne mettre sur pied un local dénommé «vitrine de la veuve» où seront exposées des œuvres, un centre de formation des babysister et des gouvernantes de maison. Au cours de sa longue carrière, la « Dame de fer » a reçu de nombreuses distinctions honorifiques dont celles de Commandeur du Mérite voltaïque-Agrafe administration en 1981, grand officier de l’Ordre du mérite burkinabè-Agrafe social en 2005 et prix Ambassador for peace en 2007. 

 Habibata WARA


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