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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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L'autre regard : Comme dans un western

30/08/2017
18:04

«Si tu fais, je t’abats comme un… ». Cette violente menace, beaucoup d’entre nous l’ont maintes fois entendue au détour d’une conversation orageuse dans les rues de Ouagadougou. L’image du taximan exhibant une machette contre un usager de la route ou contre un client indélicat est passée de mode. Maintenant, on règle les problèmes à coup  de pistolet 7 mm ou 9 mm (une arme de guerre interdite aux civils)  dans la capitale.

Comme ce  fut le cas de ce pauvre militaire, fusillé à bout portant (et dans le dos)  dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 août 2017 par le gérant d’une boutique de transfert d’argent dans un quartier de la ville de Ouagadougou. La chronique ouagalaise est du reste truffée de ce genre d’incidents, se déclinant en crimes passionnels, règlements de compte... avec dans les rôles principaux, des hommes de tenue et des civils. Cela pose le problème du contrôle de la circulation des armes, de leur détention légale ou illégale au Burkina Faso.   Même si on ne vend pas encore d’armes au marché du quartier au pays des Hommes intègres, la détention d’une arme à feu semble faire partie de l’assortiment du jeune premier burkinabè. Et cela fait dissuasif, semble-t-il. Sous les selles des « 135», sur les sites d’orpaillage, dans les coffres de voitures ou même dans les sacs de travail sont, souvent, cachées des armes sans que leurs détenteurs, pour beaucoup,  ne puissent justifier d’une bonne raison de détenir une escopette. On est bien d’accord que le pays, pour des impératifs de défense du territoire, de gestion de la sécurité intérieure, a besoin d’armes, de munitions… pour l’équipement des forces de défense et de sécurité. Même pour offrir l’opportunité à certains citoyens de s’en procurer à des fins spécifiques suivant une règlementation très rigoureuse, il faut le reconnaître. On peut aussi être d’accord qu’avec un contexte sous régional où il est possible d’acquérir une kalachnikov à 75 000 FCFA ou un PA trois fois moins cher dans le voisinage, la problématique de la circulation des armes peut se poser avec beaucoup plus d’acuité dans le pays. On se demande en néanmoins, ce que l’Etat a bien pu faire ces dernières années dans un domaine aussi réservé que le contrôle de la circulation des armes, pour qu’on arrive à vivre ce qui ressemble à un western de mauvais gout où, de plus en plus, on fait parler la poudre au détriment des arguments ? Si le commerçant flingueur de Silmissin dispose d’un permis de port d’arme, quelles sont les conclusions de l’enquête de moralité à propos d’un tel individu qui s’est révélé, par son acte, avoir la gâchette trop facile ? Autant d’interrogations légitimes qu’on pourrait se poser. Encore faut-il savoir à, du ministère en charge de la sécurité à travers son service des armes de la Sureté nationale, du ministère de la Défense nationale,  de la Haute autorité de contrôle de l’importation des armes et de leur utilisation (HACIAU), de la commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères (CNLPAL)… est chargé en définitive de la gestion de cette lancinante question ? Bien malin qui pourra le savoir. A tel point que cela constitue une brèche pour les postulants à la détention d’armes à feu. En effet, dans la multitude de services habilités, certains parviennent à se faire délivrer un permis de port d’armes, nonobstant une enquête de moralité négative à son encontre. Ce sont des cas documentés et qui  engagent toute la responsabilité de celui qui a cru bon d’autoriser le port d’une arme à quelqu’un qui est prédisposé à prendre à parti ses semblables. C’est dans le contrôle que le problème réside et c’est en elle que se trouve la solution car, corser davantage la législation, n’est pas de la meilleure des solutions. Cela reviendrait à encourager l’illégalité et la clandestinité d’un phénomène qui deviendra, du coup, plus difficile à endiguer. L’autre variable à prendre en compte est la collaboration des populations. Elles sont les premières à déceler les détentions d’armes. Ce sont elles qui côtoient les personnes pouvant constituer un danger avec une arme à portée de main. En créant les conditions nécessaires à une franche collaboration, de nombreux incidents malheureux peuvent être évités.   En attendant, il est impérieux de mettre en place cette sorte de guichet unique par où transiterait toute demande d’autorisation d’importation, de commercialisation, de détention d’armes à feu au Burkina Faso. Il y va de l’efficacité même du contrôle.

Mahamadi TIEGNA
camerlingue78@yahoo.fr


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