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Leçon kenyane

03/09/2017
18:48

Fait sans précédent dans l’histoire de la démocratie en Afrique. La Cour suprême kenyane, saisie par l’opposant Raila Odinga, a annulé les résultats de l’élection présidentielle et ordonné, vendredi 1er septembre dernier, la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel d’ici au 31 octobre 2017. C’est un coup de massue pour le président sortant, Uhuru Kenyatta, et ses partisans qui avaient déjà commencé à sabrer le champagne, à l’annonce des résultats provisoires. Certes, la décision n’a pas été prise à l’unanimité des sept juges (deux ont déclaré s’opposer à la décision finale de la Cour), mais elle servira d’exemple pour nombre de juridictions sur le continent. Selon la plus haute juridiction du pays, la Commission électorale n’a pas réussi à conduire le scrutin « en accord avec la Constitution ». Du coup, Uhuru Kenyatta, qui se félicitait d’avoir remporté haut la main la présidentielle du 8 août, avec 54,27 % des voix contre son adversaire, Raila Odinga, va devoir tout recommencer. Mais ce retour à la case départ ne le laisse pas de marbre.  L’homme qui vient de subir une humiliation à travers l’invalidation de sa victoire n’a pas tardé à accuser les juges d’ « escrocs », tout en promettant de se pencher sur le cas de cette Cour, une fois la présidentielle terminée. Ainsi va la démocratie en Afrique. On se proclame démocrate et l’on désapprouve les règles de la démocratie. La séparation des pouvoirs n’est-elle que de nom ? 
Ce n’est pas la première fois que le candidat malheureux Odinga se plaint de la sincérité d’un scrutin présidentiel .  De 1997 à 2013 en passant par 2007, il a subi les décisions parfois discutables de la Cour suprême kenyane. Les documents qu’il exhibait comme preuves de fraudes électorales ont été à maintes reprises rejetés par cette juridiction. Pour l’une des rares fois que l’institution n’est pas allée dans le sens souhaité par le pouvoir en place, les déçus crient au complot. Pareil projet vise à assassiner l’indépendance de la justice et la démocratie sur le continent africain.
On était habitué à voir des juges annuler les votes des opposants, tout en fermant les yeux sur ce qui s’est passé dans le camp du président sortant. Le contraire a surpris même les observateurs indépendants de cette élection. On se rappelle que Jean Ping, l’opposant gabonais, malgré ses preuves de fraude lors du scrutin d’août 2016, n’a rien pu face à son vis-à-vis. Après avoir demandé un recomptage des bulletins de vote dans la province du Haut-Ogooué, fief familial de son adversaire Ali Bongo Ondimba, parce que celui-ci y avait obtenu, selon les résultats de la Commission électorale, 95% des voix pour 99% de participation, M. Ping a simplement été débouté. La Cour n’a même pas osé ordonner le recomptage de ces données ahurissantes qui ont provoqué la contestation et la mort de plusieurs Gabonais. Conséquence, le « vainqueur » Bongo de la Commission électorale et de la Cour suprême se trouve à la tête d’un Gabon divisé ; Jean Ping s’étant, lui, autoproclamé président. Depuis le samedi 2 septembre 2017, Ping et tous les leaders de la Coalition pour une nouvelle République dont Casimir Oyé Mba sont frappés par une mesure administrative provisoire d’interdiction de quitter le territoire gabonais. Preuve que la présidentielle gabonaise de l’an dernier continue de faire des vagues. Le cas kenyan doit inspirer tous les pays d’Afrique qui ont opté pour la démocratie. Le respect des règles de la démocratie garantit la paix et la stabilité dont rêvent les Africains. Il n’y a pas de paix dans un pays qui manipule ses élections. A l’endroit des afropessimistes, l’exemple kenyan montre que rien n’est définitivement perdu. L’Afrique doit simplement se ressaisir.


Par Rabankhi Abou-Bâkr Zida
 rabankhi@yahoo.fr




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