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Nicolas Sawadogo, Maire de Boussé : "Un maire ne doit pas se contenter de ce que l’Etat donne…"

12/09/2017
18:12

Pasteur et maire, Nicolas Z. Sawadogo est à la tête du conseil municipal de la commune urbaine de Boussé, localité située à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou, depuis plus d'une année. Dans l’interview qui suit, il décline sa vision de la politique et ses ambitions pour sa commune dite "émergente".

Sidwaya (S.) : Vous êtes connu comme pasteur, qu'est-ce qui vous a motivé à briguer la mairie de Boussé ?

Nicola Z. Sawadogo (N.Z.S.) :
Je rends grâce à Dieu pour toute chose. Je peux dire avec conviction et sincérité que c'est le retard dans le développement de ma commune qui m'a motivé à briguer la mairie. Pour moi, il est important de travailler pour le bonheur de son prochain et pour le développement de sa communauté. En étant à la mairie, je pourrai saisir l'opportunité d’accompagner la population dans son développement.

(S.) : Comment arrivez-vous à concilier religion et politique lorsque certaines personnes assimilent la sphère politique à un milieu de mensonges?

N.Z.S.:
C’est une mauvaise pensée de croire que tout est mensonge en  politique. C'est parce que les gens ne la définissent pas dans son vrai contexte, qu’ils pensent ainsi.  Personnellement, j'arrive à bien concilier les deux, c'est-à-dire la vie de l'Eglise et la politique. A mon avis, c'est ceux-là qui ont la crainte de Dieu qui doivent diriger un pays. Si les responsables de nos institutions ont à cœur de vivre sainement comme Dieu le demande, je pense que nous n'allons pas  vivre la corruption, les vols et les tricheries. Diriger une communauté, c'est comme diriger réellement une nation ou encore sa propre entreprise, car étant gérant de celle-ci, l’on voudrait qu'elle puisse porter des fruits. Aujourd'hui, en tant que serviteur de Dieu et homme politique, il faut chercher à trouver le pont qui relie les deux activités.

S. : Vous venez de boucler une année à la mairie, qu'est-ce que vous avez pu réaliser durant ces 12 mois ?

N.Z.S. :
En une année et sans exagérer, nous pouvons dire que le bilan est satisfaisant. L’Etat nous a accompagné dans le domaine des transferts des compétences. En tant que maire, ce que j'ai apporté comme contribution à la commune a été bien salué et apprécié. Il s'est agi de l'organisation de la foire dénommée ‘’Les 72 heures de la chèvre’’, parce que Boussé en mooré veut dire "chèvre". Il y a eu également la présentation officielle du conseil municipal. A cette occasion, des dons de toutes natures ont été faits à certains villages. A cela, il faut ajouter la journée spéciale pour les handicapés au cours de laquelle ils ont reçu des vivres, des chèvres et de l’argent pour débuter leurs projets. Des forages ont été réhabilités et réalisés. Des moulins ont été également implantés dans presque tous les secteurs de la ville de Boussé.

S. : Quels sont les grands axes de votre programme ?

N.Z.S. :
J'ai un plan quinquennal qui me sert de feuille de route pour mon travail. Dans ce plan, il y a le volet eau et assainissement, la sécurité, le social et l’économie, l’artisanat, le sport et la culture, l’environnement et la coopération. Aujourd'hui, nous sommes à l'œuvre pour que des projets liés à ces domaines soient réalisés.

S. : Vous voyagez fréquemment hors du pays, qu'est-ce que vous recherchez à travers ces déplacements?

N.Z.S. :
En une année, j'ai fait au moins quatre déplacements. Ce que je recherche, c'est la coopération. Parce que le volet 6 de notre plan quinquennal parle de coopération. J'ai pu rencontrer quelques  personnes en Europe. Nous avons tissé des relations et nous allons créer des jumelages avec certaines communes. A partir du mois de janvier, nous allons sceller tout cela au niveau de notre commune. Il y a également d'autres projets pour la province et pour toute la région mais je me garde d'en parler pour le moment.  Pour moi, un maire ne doit pas s'asseoir, il ne peut pas se contenter de ce que l'Etat donne. C’est en créant et en tissant des relations que nous allons pouvoir atteindre nos objectifs.

S. : Il y a des problèmes fonciers dans beaucoup de communes, est-ce que vous vivez les mêmes réalités ?

N.Z.S. :
Les problèmes fonciers ne manquent pas. Mais, je peux dire qu'à Boussé, nous arrivons à les gérer. Le fait que l'on n'a pas encore reçu l'autorisation du gouvernement pour se pencher sur cette question, nous ne pouvons dire avec exactitude ce qui ne va pas. L’Assemblée nationale a fait un travail là-dessus, mais cela est toujours en cours et nous pensons que très bientôt, au  niveau des communes, ils vont nous permettre d'ouvrir ce volet et voir ce qu'il faut faire. Nous avons déjà reçu les responsables du ministère de l'Urbanisme et de l'Habitat qui veulent voir comment faire pour qu'on trace une feuille de route pour l'aménagement de la ville de Boussé, et pourquoi pas aller au-delà du périmètre choisi.

S. : Vous avez apparemment su gagner la confiance de la population de Boussé, qu'est-ce que vous avez fait pour mériter une telle attention ?

N.Z.S. :
C'est très simple, vous savez qu'en politique, il faut chercher à développer sa localité. En étant en politique, il faut être proche des gens. Si vous êtes avec la population et vous répondez à leurs préoccupations, il va de soi qu'elle vienne vers vous. Mais une fois élu, si vous n'êtes plus joignable ou vous ne voulez plus recevoir ceux qui vous ont élu, il y aura un problème à la longue. Si la population me fait confiance, c'est parce que je suis accessible en tout temps et en tout lieu. Je reçois tous ceux qui viennent me rencontrer tant que je suis à la mairie. Le fauteuil du maire, c'est celui du peuple. Les gens sont contents et ravis parce que je suis à leur écoute. S'ils m'ont élu, c'est parce qu'ils attendent quelque chose de moi. Si j'étais assis tranquillement à Ouagadougou sans passer les écouter, il n'y aurait pas cette confiance.

S. : Quel rôle peut jouer votre commune dans la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES)?

N.Z.S. :
Nous faisons comprendre aux gens que les fonds demandés pour le financement du PNDES sont une grande opportunité pour les communes. Nous avons eu un atelier avec tous les maires du Burkina Faso. A l'issue de la rencontre, nous avons pu voir le Président Roch Marc Christian Kaboré. Nous avons échangé sur le rôle que doit jouer la collectivité pour la bonne marche du PNDES. C’est dans ce cadre que nous comptons organiser la foire sylvo-pastorale. De même, le marché va bientôt être reconstruit. J'ai foi qu'avec le concours de la population, la ville de Boussé aura un plus beau visage.

S. : Quels sont les défis et les perspectives pour la commune de Boussé ?

N.Z.S. :
Il y a d'abord le problème d'eau qu’il faut résoudre, même si  dans la ville de Boussé, des forages ont été réhabilités. Ce problème a été l’un des sujets-phares de ma campagne. Le château d'eau du lycée Dimdolomsom de Sabcé était en panne, et par la grâce de Dieu, nous l'avons réparé. Aujourd'hui, il vient en appui à l'ONEA. Toutes les nappes d'eau que l'ONEA a trouvées sont en baisse. Ce problème est très sérieux, surtout vers les mois de février à avril. J'ai espoir qu'avec le concours du PNDES, nous allons nous approcher des autorités compétentes pour nous aider à résoudre le problème d’eau à Boussé. Il n’y a que la commune de Nanoro qui a un barrage assez important. Pourquoi ne pas voir la possibilité de tirer l'eau de cette commune pour alimenter Boussé, Niou, Laye, Arbolé, Sourgoubila et même les périphériques de Ouagadougou ? C'est une possibilité. Ce sont de gros investissements, mais nous avons foi à nos autorités. Quand l'idée m'est venue, je me suis dit que je vais faire cette proposition à l'Etat et voir ce qui peut être fait.

S.: Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées?

N.Z.S. :
Il y a des difficultés comme partout ailleurs. A Boussé, au niveau de l'administration,  nous manquons de personnel et nous n’avons pas assez d'argent pour faire face aux problèmes. On nous a transféré les domaines de la santé, de l'environnement, de l'éducation, etc. Avec tous ces transferts des compétences, les ressources n'ont pas suivi. Mais la tutelle gère toujours ce côté et avec juste raison. Le souhait est que le processus de transfert des ressources puisse être activé le plus rapidement possible. En somme, sans ressources financières et humaines, il est difficile de joindre les deux bouts.

S.: Qu'est-ce qui vous tient à cœur ?

N.Z.S. :
Ce qui me tient à cœur est que les gens cessent de trop parler sans rien faire. Qu'ils viennent avec leurs idées et les moyens pour qu'ensemble, nous puissions bâtir notre commune. Je tiens également à ce que la population sache qu'on ne peut pas vivre dans une commune et ne pas payer les taxes. Beaucoup pensent que l'argent doit venir uniquement d’ailleurs. Je dis non. Il doit d'abord venir de chez nous et on complétera avec des ressources d’ailleurs. Si des gens acceptent de nous aider, c'est parce qu'ils voient qu'il y a eu des choses qui ont été concrétisées. A l'ensemble de la population de Boussé et de toutes les communes, je leur demande d’aider les maires. Si la population ne donne pas un coup de main, le maire ne pourra rien faire. Mon souhait également le plus ardent est de rehausser le taux de l'éducation dans toute la région. C'est pourquoi, j'ai pris l'initiative au niveau du plan quinquennal,  d'électrifier des villages par des panneaux solaires. Nous avons le soleil gratuitement. J'étais en Allemagne, j'ai constaté que toutes les maisons avaient des panneaux solaires, pourtant, ils n'ont pas assez de soleil.

Interview réalisée par
Elélé KANTORO



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