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Non négociable !

12/10/2017
17:36

La Catalogne espagnole et le Cameroun anglophone font parler d’eux ces derniers temps. La raison, les deux entités réclament leur indépendance.Si en Espagne on parle de dialogue à condition que les indépendantistes abandonnent l’idée de proclamation unilatérale d’indépendance de la Catalogne, au Cameroun « toute rebellion se mâte ». Le gouvernement a utilisé la méthode forte pour contrer ceux qui rêvent de l’indépendance du Cameroun du Sud. Bilan, 10 morts, selon le gouvernement camerounais même si les défenseurs des droits humains parlent de 17 macchabées.

 En Espagne comme au Cameroun, «l’indéfectible unité nationale» reste non négociable selon les gouvernements. Dans un contexte mondial où les pays individuellement peine à sortir la tête de l’eau et où l’on encourage les regroupements, faut-il encore favoriser le saucissonnement des pays ? Mais pourquoi ces deux tiennent-ils à la séparation ?

Au Cameroun et en Espagne, les indépendantistes sont persuadés que leurs régions jouent un rôle extrêment important dans l’économie de leurs pays. La Catalogne bien que représentant 6% de la superficie de l'Espagne, est une province très riche. Son PIB a été évalué à 224 milliards d'euros en 2016. Un cinquième de la richesse d’Espagne est capitalisé dans cette région. Secteur par excellence de l’industrie agroalimentaire mais aussi celui qui produit 19% des automobiles de fabrication espagnole, la Catalogne a des atouts insoupçonnés pour réclamer son indépendance en lieu et place de l’autonomie. Lieu de concentration de puissantes banques et où le PIB par habitant est estimé à 28 600 euros contre 24 000, la moyenne nationale, la Catalogne est aussi une province où il y a peu de chômeurs (13,2% au deuxième trimestre de 2017). C’est fort de ces multiples avantages que les indépendantistes catalans ont organisé un référendum d’autodétermination, le 1er octobre, contre la volonté de la capitale espagnole. Et que dire du Cameroun du Sud ?

Le Cameroun est l’un des rares pays bilingue (francophone-anglophone) de l’Afrique. Les anglophones et les francophones bénéficient d’un statut identique, conformément à la Constitution. Seulement, les anglophones habitant la région Nord-Ouest et la région Sud-Ouest se disent « marginalisés, étouffés » par les huit autres régions du pays. Difficiles, selon ceux qui nourrissent des vélléités séparatistes, d’être nommés à des postes de responsabilités, la croix et la bannière pour eux de décrocher des emplois sur le marché du travail parce que ne parlant pas le français. Ils se voient en citoyens de seconde zone, d’où l’organisation ces derniers temps de manifestations pour défendre leur langue et leur culture. Pourtant, c’est bien dans cette partie du pays que s’opèrent les grandes productions pétrolières. Et ce n’est pas la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun qui accueillera favorablement un appel à la séparation. 

C’est au regard des grands enjeux que les pouvoirs camerounais et espagnol ne veulent pas entendre parler d’indépendance. Et quel que soit le prix à payer pour maintenir l’unité nationale, ni le roi d’Espagne, Felipe VI, ni Paul Biya du Cameroun n’accèderont aux appels sécessionnistes. Revendiquer une meilleure attention, plus de réalisations pour le bien-être des populations peut avoir plus d’écho favorable qu’un morcellement de l’Espagne ou du Cameroun en ce 21ème siècle. Le rêve d’une séparation pacifique n’est pas pour aujourd’hui. Le Soudan du Sud qui l’a tentée a fini par prendre les armes et les conséquences sont aujourd’hui douloureuses (2 millions de morts, frontières difficiles à tracer). Et pour éviter un tel scénario, il vaut toujours mieux négocier et reconnaître ce qui est négociable.  


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