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Est-ce que nous aimons ce pays ?

19/10/2017
19:42

Est-ce que nous aimons ce pays ?

Quand je pense à mon fils et à tous ces bambins qui nous regardent, je suis préoccupé par ce que nous leur dirons demain. Quand je pense à l’avenir de tous ces mômes innocents qui suivent nos pas pour la relève, mon cœur se soulève. Il y a des questions que nos enfants nous posent souvent. Nous nous débinons en baissant la tête. Nous détournons les yeux pour échapper à la vérité. Nous feignons de répondre, mais ils auront la réponse demain. Ils ne comprennent pas pourquoi nous nous détestons tant. Ils ne saisissent pas le sens de nos querelles intestines. Ils se demandent pourquoi nous marchons plus que nous ne travaillons. Ils veulent savoir pourquoi les uns vocifèrent et que les autres brandissent le poing. Ils n’appréhendent pas le sens du boucan national. Nos enfants apprennent à lire à travers les mots de nos maux sur les pancartes du malaise. Parfois le mien me demande qui a raison, qui a tort ; qui doit être puni et qui doit être récompensé. Il s’entête même à me faire désigner les bons et les méchants de notre drame. En vérité, il n’y a pas de bons ; il n’y a pas de méchants ; il n’y a que des hommes égarés qui se trompent ; il n’y a que des femmes perdues qui se méprennent. Il n’y a que la politique qui les divise. L’intérêt perso du Burkinabè a ravi la vedette à celui de la nation. La haine viscérale des uns pour les autres a marqué l’histoire et l’onde de choc des inimitiés menace déjà l’avenir. L’héritage est là, mais personne ne veut faire le partage. Les uns refusent d’assumer le passé, les autres se contentent de fumer un calumet sans fumée. Où est notre sincérité quand nous demandons pardon, le torse bombé ? De quelle justice battons-nous quand  la vérité marche au diesel ? Quel est l’apaisement qui marche sur les pansements pour accélérer la cicatrisation ? Quand je pense à tout le mal que nous nous faisons, j’ai bien peur que nous puissions relever les défis de la postérité. Notre « redevabilité » est presque nulle. Après nous, c’est le déluge.
C’est triste de voir que nous construisons en détruisant. C’est pathétique d’entendre des discours qui frisent le croassement des vautours. Nous avons oublié notre devoir d’héritage. Nous avons fait fi de nos obligations vis-à-vis de ceux qui nous remplaceront demain. Il y a de beaux discours qui encensent la jeunesse, mais la détresse de cette pièce maitresse me stresse. Il y en a qui pensent qu’il s’agit de léguer une fortune à son rejeton pour mourir en paix. Mais que vaut un château au pied duquel il n’y a que des taudis habités par les maudits d’un système bâti en dur sur du sable ? Il y en a qui pensent qu’il suffit d’être grand aujourd’hui pour le rester demain. Demain n’est pas loin ! Il y en a même qui pensent que la force est l’apanage des bénis des dieux. Même les dieux commencent à se méfier de nous ! Au soir de leur apogée, ils sont surpris de se retrouver sur le carreau. Il faut se tenir à carreau ! Attention à l’éclipse solaire ! On s’instruit à l’école, mais on apprend de l’histoire. Malheureusement, le signe indien est là ; il miroite même et nous éblouit, mais notre cécité est totale. Comme Sisyphe, nous trimballons nos vides fardeaux ; nous nous arc-boutons même sur nos torts. La réconciliation nationale risque d’être une compromission nationale, si nous enjambons les « jambons » sacrificiels de nos « années de plomb ». Les mêmes causes produisent les mêmes effets, évitons de maquiller les plaies à la Bétadine. Ceux qui savent lire les signes du temps vous diront que l’histoire est plus indépendante que la Justice. Rien ne passera à la trappe ! Quand vous frappez une balle droite contre le mur, elle vous revient toujours en face. Il en est de même pour le nigaud qui se couche pour cracher en l’air ; oublions la saugrenue chauve-souris qui pisse pour éclabousser Dieu.  Attention au partage de Dieu !    
A chaque fois que j’allume ma radio ou ma télé, j’ai peur du journal ; l’actualité me donne des frissons. Le tableau se noircit de jour en jour, malgré le badigeonnage des spécialistes de la langue de bois. La croissance économique est en pleine érection pendant que le panier de la ménagère se rétrécit comme une peau de chagrin. Nos priorités souffrent du nanisme de nos visions. Il y a trop de gendarmes couchés sur la route du développement. Des chefs de famille sont grugés et chassés par des chefs d’entreprise qui narguent parfois l’autorité sans cligner des yeux. Les enfants regardent leur père pleurer à chaudes larmes face aux besoins inassouvis de l’existence. La pitance journalière est une gageure, pendant que certaines poubelles peuvent nourrir des familles entières deux fois par jour. Il faut revoir le contrat social, aplanir les tensions sans contourner la vérité. Quand on aime vraiment son pays, on ne s’assoit pas dans son fauteuil douillet et regarder les murs tomber. Quand on aime son pays, on s’engage à dire la vérité aux filles et aux fils du pays ! Est-ce que nous aimons vraiment ce pays ?

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr


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