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Interview : Abdoulaye Ouédraogo, président de la commission thème du FNS

19/10/2017
19:56

Le secrétaire général du ministère de la Sécurité, Abdoulaye Ouédraogo, préside la commission thème du forum national sur la sécurité  qui se tiendra, du 24 au 26 octobre 2017, à Ouagadougou, autour du thème : « Garantir la paix et la sécurité pour un développement durable au Burkina Faso : la nécessité d’une réforme du secteur de la sécurité ». A quelques jours de la rencontre, il revient, entre autres, dans les lignes qui suivent, sur les préparatifs, les impératifs et les attentes.

Sidwaya  (S :) : Quel est le point des préparatifs à quelques jours de la tenue du forum national sur la sécurité ?

Abdoulaye Ouédraogo (A.O. :) : Je voudrais vous dire merci pour l’occasion qui m’est offerte de me prononcer sur les préparatifs du forum national sur la sécurité. Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, avait, à l’occasion de son discours à la nation, le 31 décembre 2016, souhaité que l’on s’organise pour la tenue d’un forum national sur la sécurité. Ceci afin de dégager des pistes de réflexion pour trouver des solutions à l’ensemble des préoccupations sécuritaires qui se posent dans notre pays. Suite à ces instructions, un comité national d’organisation a pu être mis en place par arrêté à la date du 24 mai 2017. Il est présidé par le ministre d’Etat, ministre de la Sécurité, Simon Compaoré. Ce comité comprend dix commissions qui ont travaillé d’arrache-pied pour que le forum puisse se tenir et connaître un succès éclatant. Initialement, le forum était prévu pour se tenir au cours du mois de septembre, mais en raison de contraintes indépendantes de notre volonté, il y a eu un décalage. La période retenue est  finalement celle du 24 au 26 octobre 2017.
A ce jour, nous pouvons dire que les choses avancent comme nous le souhaitons et trois séquences majeures vont marquer la tenue de ce forum national.
D’abord, au niveau de la commission thème, nous avons préalablement identifié un certain nombre de thématiques qui devraient faire l’objet de réflexion au cours des plénières et ateliers au moment de la tenue du forum. Mais, au regard de l’importance des thèmes à aborder, il s’est avéré  nécessaire de recentrer  les choses de sorte  que certaines thématiques spécifiques puissent être discutées avant le forum. C’est dans ce sens que nous avons organisé, les 9 et 10 octobre 2017, le pré-forum sur la sécurité. Cette rencontre qui a regroupé environ 200 participants, a pu prendre en charge un certain nombre de thèmes majeurs à travers deux groupes. Le premier groupe s’est penché sur les questions liées à l’offre de sécurité des Forces de défense et de sécurité (FDS). Les débats ont porté sur les prestations des FDS, les questions de coordination entre elles, leurs corrélations et la collaboration avec les populations. Le second groupe s’est intéressé à un thème aussi fondamental qu’est la gouvernance dans le secteur de la sécurité. A ce niveau, les questions qui sont revenues au cours des débats  ont porté sur la gestion du contrôle interne au sein  des FDS, sur celui externe et les aspects liés aux problèmes de communication. Ce pré-forum a été un succès  aux dires des participants parce que les objectifs assignés à cette rencontre ont été pleinement atteints.
Ensuite, la deuxième activité majeure concerne les consultations populaires. Le Président du Faso a souhaité que l’ensemble des forces vives de notre pays puissent se prononcer sur les questions fondamentales inhérentes à la sécurité. C’est pourquoi il a voulu qu’avant la tenue du forum, il y ait des fora dans tous les chefs-lieux de régions. A ce titre, les gouverneurs ont été reçus par le ministre de la Sécurité, le 30 septembre dernier, sur cette question de fora régionaux. Ces fora sont actuellement en train d’être tenus dans les régions. Hier (NDLR : le mardi 17 octobre 2017), il y a eu des fora dans le Centre-Ouest et le Sahel.  Ce matin (NDLR : le mercredi 18 octobre 2017, jour de l’entretien), cinq autres régions vont prendre la relève. Il s’agit du Centre-Est, du Centre, des Cascades, des Hauts-Bassins et du Plateau central. Les six autres régions organiseront leurs fora à partir du jeudi 19 octobre. Au cours de ces fora, l’ensemble des forces vives des régions, à savoir les chefs de circonscription, les élus locaux, les responsables d’initiatives locales de sécurité, les FDS, les acteurs de la société civile, les opérateurs économiques, tous ceux dont la voix compte au niveau local, vont se prononcer sur les questions sécuritaires. Ils vont donner leurs points de vue sur  leurs perceptions de l’offre en matière de sécurité et faire des propositions afin que nous puissions juguler les difficultés  qui sont les nôtres actuellement.
Enfin, la dernière séquence est relative au forum proprement dit, qui s’ouvre mardi prochain. Nous pouvons dire que nous sommes prêts pour sa tenue. Initialement, nous nous attendions à 450 participants, mais l’engouement est tel que nous risquons d’aller au-delà de 500, voire 600 personnes. L’ensemble des composantes qui ont été conviées ont commencé à nous faire parvenir les listes de leurs représentants. A ce jour, nous pouvons dire que presque la quasi-totalité des composantes concernées ont pu fournir les noms de leurs représentants. De façon pratique, les différentes commissions sont à pied d’œuvre  et nous pensons que le forum pourra se tenir à bonne date.

S. : Pouvez-vous revenir sur l’opportunité d’un tel forum sur la sécurité d’autant plus que certains le qualifient de forum de trop ?

A.O. : Nous ne pensons pas que c’est un forum de trop. Au contraire, si les autorités au plus haut niveau n’avaient pas eu l’idée de l’organiser, il fallait l’envisager. Les questions de sécurité, telles que nous les avons connues, ne sont plus celles d’il y a trois, quatre voire dix ans. Il y a des phénomènes qui ont vu le jour et qui nous posent des problèmes aujourd’hui. Au-delà des préoccupations anciennes qui demeurent telles que les attaques sur les voies interurbaines,  celles à domicile, la question du terrorisme est à l’ordre du jour avec des dimensions comme la pose des engins explosifs. Depuis très longtemps, nous n’avions jamais connu cela dans notre pays. C’est un nouveau phénomène face auquel nous devons impérativement trouver une solution. Il y a le problème de la cybercriminalité qui est en train de prendre de l’ampleur et qui fait des victimes tous les jours. Il y a également les questions liées à l’utilisation des drones de nos jours. Sur le plan national, nous n’avons pas une règlementation sur ces questions. Il est fréquent de voir des drones qui circulent lors des cérémonies pour filmer  sans qu’on ne sache qui les manipule. Alors que nous savons que ces engins sont utilisés sur des théâtres d’opération et peuvent être téléguidés pour éliminer des cibles. Ce sont autant de préoccupations qui font que sur le plan national, nous avons des difficultés.
A cela, il faut ajouter le problème de la déstructuration de nos FDS. Il faut avoir le courage de le reconnaître. Depuis l’avènement de la révolution, il y a des difficultés au sein de nos FDS. Des problèmes de discipline se posent. Sous la révolution, nous avons des adjudants qui ont commandé des officiers supérieurs. A une date récente, nous avons vu un lieutenant-colonel prendre le pouvoir au détriment d’un général, de surcroit chef d’Etat-major  général des armées. Il va falloir qu’à un certain moment on mette tout cela sur la table, qu’on en discute afin de trouver la meilleure solution. Je crois que le fait d’avoir convié l’ensemble des forces vives de notre pays à la réflexion est une bonne initiative. Il y a ceux qui sont pour et d’autres qui sont contre. La liberté est donnée à chacun de venir non seulement pour critiquer, mais aussi de proposer des solutions à même de pouvoir endiguer le phénomène de l’insécurité.
Au-delà des critiques qui sont formulées dans les médias, c’est au niveau du forum que tout le monde aura droit à la parole pour dire ce qu’il pense de la gestion des préoccupations sécuritaires. Sans la sécurité, il est illusoire de penser que nous allons tendre vers le développement, d’où le thème de ce forum : «Garantir la paix et la sécurité pour un développement durable au Burkina Faso : la nécessité d’une réforme du secteur de la sécurité »

S. : Une certaine opinion  estime également que 500 participants pour parler des questions de sécurité, c’est exagéré. Comment réagissez-vous à cela ?

A.O. : Je pense qu’au lieu de voir le nombre de participants, il faut plutôt regarder la qualité du travail qui sera abattu au cours du forum. En réalité, si nous n’avions pas limité le nombre de participants à ce chiffre, nous n’aurions pas eu de salle pour les contenir. Il y a des personnes qui écrivent à titre individuel au ministre pour prendre part au forum. Nous devons prendre en compte toutes les opinions plurielles dans notre pays. C’est pourquoi nous avons jugé utile de convier l’ensemble des forces sociales au niveau du Burkina Faso à ce rendez-vous. Les services publics, la société civile, la chambre des mines, les opérateurs économiques, les responsables d’initiatives locales de sécurité et les FDS seront représentés. Bref, nous sommes conscients que les questions de sécurité ne sont plus l’apanage des seules  FDS. Tout le monde doit jouer sa partition. Les réflexions qui vont être menées au cours de ce forum vont permettre de tendre vers l’élaboration d’une politique nationale de sécurité à même d’orienter les décideurs en vue d’une organisation efficace des FDS. Il s’agit ici de questions d’ordre opérationnel. Face aux attaques terroristes, comment s’organiser pour apporter une réponse efficace ? Face à l’insuffisance de ressources, quelles propositions endogènes faut-il formuler pour apporter des solutions aux FDS ? Pouvons-nous continuer à opérer comme si rien ne s’était passé dans notre pays depuis 2015 ? Je crois que non ! Un corps comme celui des Eaux et forêts ne peut plus travailler comme avant  dans la mesure où les bases-arrière des terroristes sont des forêts. Et dans notre pays, un certain nombre de forêts ont failli être colonisées par des groupes terroristes.
Il en est de même pour la question des renseignements. Il n’est plus question de travailler comme de par le passé. C’est pourquoi la nécessité de  mettre en place l’Agence nationale de renseignements (ANR) s’est posée. Si cette agence existe, il faut que tout le monde accepte que ce soit cette structure faîtière qui doit collecter les renseignements sur le plan national pour les mettre à la disposition de qui de droit en vue de la prise de bonnes décisions. Lorsque nous prenons l’ensemble des référentiels sur les questions de sécurité, il n’y a pas une certaine cohérence entre eux. Au niveau du département de la sécurité, nous avons la stratégie nationale de la sécurité intérieure 2011-2020 qui a connu des difficultés de mise en œuvre, mais qui existe tout de même. Au niveau de la défense, ils ont une politique nationale de défense. A d’autres niveaux, il y a des politiques sectorielles  qui comprennent la garde de sécurité pénitentiaire, les Eaux et forêts et la douane. Au regard de tout cela, il faut qu’il y ait une politique d’ensemble de toutes ces composantes-là. A chaque département d’avoir une stratégie sectorielle avec des plans d’actions opérationnels. C’est ce vers quoi nous devons tendre aujourd’hui.
Une fois de plus, ce forum n’est pas de trop, surtout que ce sont des questions d’ordre pratique qu’il faut régler. Celui qui vit au village n’est pas confronté aux mêmes problèmes que son compatriote qui réside à Ouagadougou. On attend de chacun qu’il vienne partager son expérience et qu’il exprime ses attentes vis-à-vis de l’Etat en matière de sécurité. Il y a eu des études que nous avons commanditées à travers le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) sur la perception des Burkinabè de la question sécuritaire et leurs besoins. Mais nous pensons que les réflexions au niveau des régions viendront renforcer les résultats de ces enquêtes et nous permettre véritablement  d’avoir une vision claire.

S. : Quels sont les critères qui ont prévalu au choix des participants ?

A.O. : L’essentiel est que l’ensemble des forces vives du pays  puissent être représentées à ce forum. Toutes les composantes, les FDS, la société civile, les communautés religieuses, etc., enverront des représentants. L’ensemble des structures  suffisamment organisées  ont été  conviées à ce rendez-vous.

S. : Les mesures de sécurité sont-elles garanties pour la tenue du forum ?

A.O. : (Rires) Si nous parlons de sécurité, c’est le minimum qui doit être fait. Tous ceux qui doivent participer au forum peuvent être rassurés que toutes les dispositions sécuritaires ont été prises. Pour cela, nous avons souhaité que les structures qui ont été invitées envoient leurs représentants  de façon nominative. Nous avons élaboré des badges individuels, ce qui va permettre aux FDS d’avoir des éléments d’appréciation clairs pour accepter les gens dans les salles.

S : Est-ce que les 100 millions de F CFA ont pu être mobilisés pour la tenue du forum ?

A.O : Je ne suis pas spécialiste des questions de finances, mais je pense qu’il n’y a pas d’obstacle majeur. Les ressources sont disponibles, il reste  des questions de procédures pour les débloquer et nous sommes là-dessus. Les partenaires sont vraiment disposés à nous accompagner et jusqu’à ce jour tout se passe comme il se doit. Je pense qu’il n’y aura pas de difficulté.

 Selon un ressortissant  de la région du Sahel, en l’occurrence Dr Boubacar Ly, pour lutter contre le terrorisme dans la zone, il suffit de responsabiliser les chefs traditionnels. Partagez-vous cette opinion ?

A.O : Je pense que si les choses étaient aussi faciles, il y a longtemps qu’on aurait trouvé la solution. Du reste, ce forum est le cadre où il faut venir nous faire des propositions concrètes. Si nous pensons que c’est une proposition qui peut nous permettre de trouver une solution rapide à cette préoccupation, nous allons effectivement l’examiner et donner une suite rapide. Je ne doute pas en tout cas des compétences du Dr Ly que je connais très bien. Du reste, je pense qu’il va participer au forum et aura la latitude de nous faire  des propositions à même de nous permettre d’avancer le plus rapidement possible.

S : Un conseiller municipal soupçonné de traiter avec les terroristes a été récemment abattu au Sahel. Est-ce un avertissement pour tous ceux qui agissent dans ce sens ?

A.O : Un avertissement c’est trop dire, mais lorsqu’on prend la décision d’aller à l’encontre des intérêts de son pays, on doit savoir à quoi s’attendre. Tôt ou tard, lorsqu’on est félon, on en récolte les fruits. Nous invitons nos populations à travailler dans l’intérêt supérieur de notre peuple où que l’on se trouve ; que ce soit sur la terre natale ou hors du pays. On doit toujours mettre en avant l’intérêt général, celui de nos compatriotes. C’est en cela que nous invitons tout le monde, que tous  ceux-là qui ont tourné dos à leur pays se ravisent très rapidement parce qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. C’est un appel que nous lançons à tous ceux qui ont cru qu’il fallait aller à l’encontre des intérêts de ce pays.

S : Des recommandations seront certainement formulées au cours de ce forum. Quelle suite leur sera réservée?

A.O : Les recommandations vont servir à l’élaboration de la politique nationale de sécurité, qui va être le référentiel supérieur sur les questions de sécurité au niveau de notre pays. Et à partir de cette politique-là, on aura certainement une réorganisation des FDS  dans l’optique de leur permettre d’être opérationnelles sur le terrain. C’est vraiment l’objectif qui est recherché et comme le ministre d’Etat l’a dit  lors de la conférence de presse qu’il a animée le 3 septembre passé, le dispositif est déjà prêt pour enclencher le processus d’élaboration de cette politique dès que le forum aura pris fin. Là également, nous avons reçu des engagements de certains partenaires qui sont disposés à nous accompagner pour que cette politique puisse être élaborée le plus rapidement possible. Il ne sera pas question de recueillir des recommandations pour les mettre dans les tiroirs et attendre deux  ans pour les ressortir et les examiner. Dès que le forum prend fin, l’autorité donnera des instructions pour que l’élaboration de la politique nationale de sécurité puisse être enclenchée immédiatement.

S : Avez-vous un appel particulier à lancer aux Burkinabè par rapport à la tenue de ce forum ?

A.O : C’est d’inviter l’ensemble des composantes qui ont été conviées à ce forum à faire de ce cadre de réflexion le lieu où effectivement leurs opinions vont être partagées avec le reste des Burkinabè. Tout le monde ne peut pas être invité, mais au niveau des composantes, il faut des concertations préalables, que ceux-là qui ont été désignés pour participer au forum puissent porter les préoccupations des membres de leurs structures respectives. Nous souhaitons qu’ils parlent au nom des structures qu’ils représentent et non enleurs propres noms parce qu’ils auront recueilli au préalable les propositions de l’ensemble des parties prenantes. Dans tous les cas, nous sommes confiants sur l’issue de ce forum et nous sommes rassurés, au regard de ce que nous avons déjà vu lors du pré-forum, que ceux-là qui viendront vont effectivement être à la hauteur de nos attentes. C’est-à-dire faire des propositions concrètes qui vont nous permettre d’aller vers des réformes profondes de nos FDS.

Propos recueillis par
Karim BADOLO



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03/12/2017 19:50
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