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Justice, paix et réconciliation en Afrique : Un continent où il fait bon vivre

23/10/2017
18:29

Le Conseil Paix et Sécurité (CPS) de l’Union africaine a organisé, le vendredi 20 octobre 2017 à Addis Abéba, une séance publique sur la Justice, la Paix et la Réconciliation en Afrique.

Il faut rompre avec le passé d’une Afrique caractérisée par des violences et l’impunité. C’est l’appel lancé par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine au cours de la session publique qu’elle a tenue, ce vendredi 20 octobre 2017.  L’objectif de cette rencontre entre le CPS et ses partenaires est de partager des expériences réussies de réconciliation afin de mettre fin aux conflits qui sévissent dans plusieurs pays du continent. L’Union africaine a pris plusieurs décisions sur la question de la réconciliation nationale considérée comme un facteur essentiel de paix, de sécurité et de développement en Afrique. Aussi, estime-t-elle qu’au-delà de leurs spécificités, les expériences de réconciliation nationale présentent des caractéristiques communes qui peuvent servir d’inspiration à d’autres pays qui cherchent à sortir du cycle de la violence. A cet égard, le Directeur par intérim du Département Paix et Sécurité  de la CUA, a souligné, entre autres, lors de sa présentation que «le caractère inclusif, à travers une association judicieuse de mesures liées à la vérité, à la repentance, à la justice, à l’apaisement, au pardon, à la solidarité, aux indemnisations, à la réinsertion et au développement socioéconomique» peut servir de base à la conduite des processus de réconciliation nationale. Pour le Conseiller spécial du Secrétaire General de l’ONU, monsieur Adama Diang, la justice et la paix ne peuvent être séparées du processus de réconciliation et l’amnistie ne peut être une excuse à l’impunité dans le cas des crimes graves. « La vérité, la justice et la paix peuvent emmener les victimes à pardonner dans l’esprit de la réconciliation », a-t-il poursuivi. Et Monsieur Diang d’ajouter que « les Etats africains ne doivent pas ratifier les textes sans les mettre en application, ou sans mettre en place des mécanismes de lutte contre les violations des droits des humains,».  L’injustice, l’arbitraire, le manque de vérité, les excès de pouvoir et la mal gouvernance sont autant de facteurs pouvant engendrer des conflits. C’est pourquoi, les participants à cette session prônent pour une lutte contre ces causes structurelles, la mise en application de l’arsenal normatif en matière des Droits de l’Homme et de justice, le renforcement des capacités des institutions pouvant traduire les décisions et textes juridiques en actions. Pour le Premier Secrétaire aux Affaires politiques, de paix et de sécurité de l’Ambassade du Royaume du Maroc en Ethiopie, Monsieur Adil El BADMOUSSI, qui a partagé l’expérience de son pays dans la mise en œuvre de la justice transitionnelle,  « toute expérience de justice transitionnelle serait vaine et inutile si elle n’est pas couronnée par des réformes globales et profondes, aussi bien constitutionnelles et juridiques que politiques et institutionnelles ». Selon monsieur Adil, le processus qui a donné lieu à des réconciliations politiques, sociales et culturelles au Maroc a été le fruit d’une convergence de volontés multiples : la classe politique, les acteurs de la Société civile, les victimes des violations des Droits de l’Homme. Mise en place  en 2004, l’Instance Equité et Réconciliation a eu pour mission d’établir un  bilan courageux des violations des Droits de l’Homme au Maroc de l’Indépendance (1956) jusqu’à 1999, de proposer des réparations aux victimes et de formuler des recommandations visant à la non-répétition de ces violations. Les débats menés au cours de cette session,  contribueront à articuler les lignes directrices et à recommander les voies et moyens, ainsi que les politiques devant permettre à l’UA de s’engager dans la formulation et la mise en œuvre du mécanisme de justice et de réconciliation pour les sociétés passant d’une situation de conflit à une paix restaurée, ceci dans le but de respecter les engagements visant à instaurer la reddition de comptes pour les atrocités commises et la lutte contre l’impunité.

Aline Verlaine ZOROM
Ambassade, Mission Permanente
du Burkina Faso en Ethiopie



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