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Mercure : Aux trousses de Yahya Jammeh

24/10/2017
22:54

Depuis son départ forcé du pouvoir et son exil en Guinée Equatoriale en janvier 2017, l’ancien président gambien, Yahya Jammeh, semble se la couler douce. Mais l’apparente tranquillité de ce dictateur réputé, qui entend se reconvertir dans l’agrobusiness, pourrait être de courte durée. Son passé trouble fait de larmes et de sang, a refait surface  ces jours-ci. Les parents et proches des nombreuses victimes de son règne sans partage de deux décennies, ont commencé à sortir de leur silence, pour demander des comptes à l’ex-maître de Banjul. Assassinat de journalistes, exécution de prisonniers politiques, menaces de mort publiques à l’endroit des militants des droits de l’homme et des homosexuels, la liste des violations des droits de l’homme attribuée à Jammeh est longue. Et c’est bien pour ces bas faits que des Organisations non gouvernementales (ONG) gambiennes et internationales de défense des droits humains se sont réunies, du 19 au 21 octobre derniers,  pour réfléchir au meilleur moyen de  traduire  le despote devant la justice de son pays. L’objectif  affiché  est que Jammeh  réponde des  crimes commis sous son régime, au lieu de jouir d’une retraite dorée, signe d’impunité  pour nombre d’activistes des droits de l’homme. La détermination et le courage  des  ONG  ne font l’ombre d’aucun  doute,  mais  le chemin  sera sans doute long  et difficile pour elles. S’inspirant de la bataille juridique menée par les victimes tchadiennes pour faire juger l’ancien président Hissène Habré,  ces structures ont décidé d’aller au charbon. Si l’espoir est permis, rien qu’à considérer que l’ex-chef d’Etat du Tchad a été condamné  à la perpétuité par les Chambres africaines extraordinaires de Dakar, l’environnement n’a jamais été en réalité favorable  à un tel combat. Il a fallu attendre plus de 20 ans,  pour   juger  Habré pour la disparition de 40 000 personnes. Que de tergiversations et de procédures ont été enregistrées avant  la tenue d’un procès long et couteux, qui  fera date dans l’histoire de la démocratie et de la justice en Afrique.  Même s’il faut saluer le mandat donné au Sénégal par l’Union africaine (UA) pour vider ce dossier, la preuve que le continent  peut  s’organiser  pour juger  les chefs d’Etat coupables de crimes, en lieu et place de la controversée Cour pénale internationale (CPI).  Espérons alors que l’UA aura la même  posture  dans le cas  Jammeh, qui bénéficie de la protection de son frère de dictateur, le président équato-guinéen, Théodoro Obiang N’Guéma. Là-dessus,  la croix  pourrait être lourde à porter pour les ONG assoiffées de justice, qui devront, avant tout, constituer, avec de conseils avisés, un dossier prouvant la responsabilité personnelle de l’ex-président gambien dans les crimes perpétrés sous sa responsabilité.  Le gros problème serait de convaincre les autorités équato-guinéennes, qui offrent gîte et couvert à Jammeh,  de  l’extrader ou de le mettre à la disposition de la justice.  Toute chose qui n’est pas gagné d’avance, car  Obiang, appelé également à rendre des comptes à l’histoire par rapport à sa gouvernance de terreur, ne voit pas d’un bon œil, la justice internationale.  Il a d’ailleurs refusé de ratifier le traité de Rome, fondateur de la CPI, comme  pour  marquer sa méfiance avec le monde des juges.  Jammeh n’a  donc pas choisi  sa terre d’exil  sur un coup de tête,  il a bien muri son action.  Il y voit une garantie d’échapper à d’éventuelles poursuites judiciaires. 
Comprenons alors pourquoi l’ancien président gambien  avait refusé l’hospitalité mauritanienne ou nigériane, évoquée aux heures tendues ayant précédé son départ.  Dans ces circonstances, les ONG aux trousses de Jammeh  devront donner beaucoup de voix,  pour ne pas dire plaider  fort auprès de la CEDEAO ou de l’UA,  pour espérer un jour  voir  le « bourreau »  à la barre.  Cela n’enlève en rien la noblesse de leur combat.    Au regard de sa conduite plus ou moins chaotique des affaires  de son pays,   Jammeh   ne saurait se soustraire au tribunal de l’histoire.  Aucunement !  


Kader Patrick KARANTAO
karantaokader@gmail.com





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