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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Terrorisme : Trois jours de conclave pour une politique sécuritaire adaptée

24/10/2017
23:01

Le ministère de la Sécurité tient du 24 au 26 octobre 2017  à Ouagadougou, un forum national sur la sécurité sous le thème «Garantir la paix et la sécurité pour un développement durable du Burkina Faso : la nécessité d’une réforme du secteur de la sécurité». Plus de 600 participants issus des Forces de défense et de sécurité (FDS), des autorités politiques et administratives, des initiatives locales de sécurité, des Organisations de la société civile (OSC) et des experts, vont se pencher sur le système sécuritaire du Burkina Faso.

Le Burkina Faso veut se doter d’une politique sécuritaire qui tienne compte des aspirations, des préoccupations  et  des suggestions de toutes les couches socioprofessionnelles de la société. C’est l’intérêt du forum national sur la sécurité qui se tient à Ouagadougou, du 24 au 26 octobre 2017 sous le thème «Garantir la paix et la sécurité pour un développement durable du Burkina Faso : la nécessité d’une réforme du secteur de la sécurité». 
Pendant trois jours, plus de 600 participants, composés d’experts nationaux et internationaux, d’autorités politiques et administratives, des Forces de défense et de sécurité (FDS), des initiatives locales de sécurité  vont faire un diagnostic complet de la situation sécuritaire en vue de déterminer des axes stratégiques pour l’élaboration d’une politique nationale de sécurité. Pour le président du comité national d’organisation, le ministre d’Etat, Simon Compaoré, ministre de la Sécurité, ce forum est d’une nécessité au regard de la situation sécuritaire du Burkina Faso et de la sous-région, marquée par la montée du terrorisme et de l’extrémisme violent, l’incivisme, l’intolérance, la recrudescence des attaques à main armée et la criminalité urbaine qui génèrent un sentiment d’insécurité. «La sécurité est une condition essentielle pour l’exercice des libertés individuelle et collective. Elle est au centre des préoccupations des gouvernants et des citoyens. Au regard de cette situation, il est important que chaque acteur puisse apporter sa contribution dans cette guerre asymétrique engagée par des hommes sans foi ni loi, car la victoire sur l’insécurité ne peut s’obtenir que par une approche intégrée et inclusive», a indiqué le ministre de la Sécurité. C’est pourquoi, la démarche de ce forum a impliqué tous les acteurs avec le pré-forum et les fora régionaux en vue d’une large concertation  pour une réforme profonde du secteur de la sécurité. 
Pour le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, patron de la cérémonie, ce forum doit parvenir à l’élaboration d’une véritable politique nationale de sécurité pour le Burkina Faso afin de répondre aux attentes des populations et des institutions en matière de sécurité et de consolider la nécessaire confiance entre les FDS et les populations. 


Adapter les méthodes au contexte


Pour lui, le système de sécurité du pays des Hommes intègres n’a jamais été autant mis à l’épreuve avec la multiplication des attaques terroristes sur le sol burkinabè. «Au moment où nos populations et notre pays ont plus que jamais besoin de la paix pour promouvoir un développement économique et social harmonieux de la nation, l’insécurité ambiante et le terrorisme se dressent comme les obstacles majeurs à surmonter», a soutenu le chef de l’Etat. 
A entendre le Président du Faso, l’état des lieux du secteur de la sécurité qui sera fait au cours de ce grand rendez-vous permettra d’obtenir une vue adéquate et réaliste des risques et des menaces pour les populations et les institutions. Au regard des moyens limités de l’Etat, le chef de l’Etat a appelé les acteurs nationaux du secteur à mutualiser leurs stratégies et optimiser leurs actions à travers une coordination, une synergie des efforts et une répartition effective des rôles en vue d’une meilleure défense des intérêts supérieurs de la Nation.
 «Il nous faut adapter nos méthodes de travail à ce nouveau contexte sécuritaire local, national, régional et mondial. Notre engagement à cet égard reste plein et entier au sein du G5 Sahel dont l’opérationnalisation de la force conjointe est en cours pour lutter contre le terrorisme au Sahel», a affirmé Roch Marc Christian Kaboré. 
Pour le chef de file des Partenaires techniques et financiers (PTF), section sécurité, Xavier Lapeyre de Cabane, ambassadeur de France au Burkina Faso, même si la position géopolitique du  Burkina Faso est  immuable et la situation sécuritaire dans les pays voisins est un fait qui  échappe au pays, la réponse à apporter à la situation sécuritaire dépend des autorités burkinabè. Pour lui, les PTF peuvent apporter des conseils objectifs  dans la lutte contre le terrorisme mais la manière d’organiser la sécurité intérieure et l’armée relève de la politique interne au pays. «Indépendamment de la situation sécuritaire au Sahel, le changement de régime politique dans votre pays, il y a trois ans, imposait une redéfinition des menaces auxquelles votre pays doit faire face et de la réponse que vous souhaitez apporter», a indiqué le diplomate français. Ce forum connaît la participation du  représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de bureau des Nations unies en Afrique de l’Ouest et du Sahel, Mohamed Ibn Chambas, ainsi  que des experts des Nations unies, de  l’Union européenne et de l’USAID. 


Lassané Osée OUEDRAOGO
Karim BADOLO


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Des participants réagissent


A l’ouverture du forum national sur la sécurité qui se tient du 24 au 26 octobre 2017, à Ouagadougou, des participants ont exprimé leurs attentes dans la lutte contre l’insécurité.


Yacouba Drabo dit Le bon, coordonnateur de l’Union nationale des  Dozo et tradipraticiens  : «Nous avons besoin d’une formation à la question de police de proximité»
«Notre attente est que le  gouvernement nous vienne en aide en tant que partie prenante dans la lutte contre l’insécurité. Les Dozo sont des hommes de terrain. Nous avons besoin d’une formation à la question de police de proximité.  Nous avons nous-mêmes donné une formation à 500 de nos membres aux questions liées à la police de proximité, mais nous attendons que le gouvernement continue de nous accompagner. Qu’on n’ignore pas les Dozo. Nous restons disponibles et engagés pour cette lutte. Nous vivons dans toutes les zones frontalières du Burkina Faso et c’est la raison pour laquelle, en 2015, nous avons mis en place l’Union panafricaine des Dozo sans frontière  qui regroupent aujourd’hui plus de 3 millions 800 membres dans la sous-région. Nous avons besoin d’appuis techniques parce que nous apportons toutes nos contributions avec nos propres moyens. Nous n’avons pas le soutien de l’autorité. Pour ce forum, nous demandons à l’autorité de donner une formation à nos membres pour mieux améliorer nos prestations et connaître nos limites. Nous sommes disponibles à accompagner l’administration, l’autorité mais nous avons vraiment besoin de leur soutien. Concrètement, il est difficile pour un terroriste de s’infiltrer dans une région sans que les Dozo ne sachent, parce que nous sommes un peu partout. Et c’est plus facile pour nous parce que nous communiquons. Mais nous n’avons pas l’autorisation pour  mieux travailler. Nous demandons à l’autorité de nous faire confiance et nous allons nous organiser entre nous par région et par village, pour sillonner toutes les frontières et participer activement à la lutte contre l’insécurité.»


Boureima Dicko, maire de Baraboulé : «L’état d’esprit actuel des populations du Nord est l’angoisse de mourir à tout moment»
« Etant concerné par la question de l’insécurité et résidant de la région du Nord en proie aux attaques terroristes, il était de notre devoir de participer à ce forum. L’essentiel est de voir ensemble comment nous pouvons relever le défi sécuritaire. L’état d’esprit actuel des populations du Nord est l’angoisse de mourir à tout moment. Notre attente est que des stratégies soient dégagées pour mieux lutter contre l’insécurité. Nous sensibilisons les populations à adopter des comportements différents face à la situation nouvelle et à collaborer avec les Forces de défense et de sécurité (FDS). Je peux dire qu’il y a une collaboration parce que chaque fois que nous remarquons quelque chose de suspect, nous informons qui de droit. La collaboration est sincère et franche, mais les résultats peuvent ne pas être à la hauteur des attentes pour le moment. Le sentiment d’insécurité est réel dans la région du Nord. Je me demande si les FDS disposent réellement de moyens adéquats pour assurer leurs missions de sécurisation du pays.»


Un ressortissant de la région du Sahel qui a requis l’anonymat : «Il y a des gens au sein de la population qui se sont affiliés aux groupes terroristes»
«Nous pensons que ce forum est une bonne initiative, du moment où le Burkina, dans son ensemble, est attaqué. Actuellement, nous sommes en guerre, vu que dans la région du Sahel, notamment dans les provinces du Soum et de l'Oudalan, les populations ne sont pas du tout en sécurité. Il y a de sérieux problèmes et tous les jours, ce sont des attaques, des enlèvements et des tueries. La situation est devenue très grave et très préoccupante. Il faut reconnaître qu’il y avait une collaboration entre la population et les FDS, mais à l’heure actuelle, chacun a peur. La population a peur parce que quand vous collaborez, vous courez le risque d’être exécuté. Les gens ne peuvent que collaborer dans l’obscurité. Le problème est qu’il y a des gens au sein de la population qui se sont affiliés aux groupes terroristes, surtout dans le Soum. Il y a des personnes de mauvaise foi qui dénoncent les collaborateurs et en même temps les mettent en insécurité. Aux mois de septembre et d’octobre, il y a eu beaucoup de tueries dans la province. La seule chose qu’il faut faire dans la région du Soum, c’est de donner les moyens nécessaires aux FDS et déployer au moins 1000 hommes sur la bande frontalière. Nous pensons qu’au sortir de ce forum, le gouvernement va essayer de trouver des solutions qui vont empêcher l’ennemi de gagner du terrain».


Propos recueillis par
Karim BADOLO





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