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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Des troubles précoces de mémoire de l’insurrection

01/11/2017
23:13

Les Burkinabè ont commémoré, le 31 octobre dernier, le souvenir douloureux de leurs  frères qui ont payé de leurs vies les 30, 31 octobre et les 1er et 2 novembre  2014 au cours de la deuxième insurrection populaire de leur histoire. L’un des principaux enseignements de la commémoration de l’An III de ce soulèvement du peuple contre la tentative de modification de la clause limitative des mandats présidentiels au bénéfice du clan Compaoré, est l’effritement de l’élan unitaire des Burkinabè, des relations de leurs dirigeants, de la classe politique et de la société civile face au drame. Pendant les deux premières années (2015 et 2016), les journées de souvenirs ont donné lieu à une mise sous l’éteignoir des clivages partisans et à une belle convergence de vue des partis politiques, des Organisations de la société civile (OSC), quand il s’agissait de s’incliner devant la mémoire des martyrs et d’avoir une pensée positive à l’endroit des nombreux blessés. Cette année, comme s’il s’agissait juste de position de circonstance, l’union sacrée semble s’être estompée pour faire place aux coups de coudes politiques dans toute leur splendeur ou laideur (c’est selon). En effet, après avoir exprimé leur « totale adhésion » à la journée nationale d’hommage aux martyrs instituée par le gouvernement de Transition au 31 octobre, associées, un an plus tard, aux baptêmes de certaines artères symboliques en mémoire des insurgés, certaines organisations en sont aujourd’hui « à se démarquer résolument » de ce qui ne constitue plus pour elles que du « folklore ». C’est la position du principal parti d’opposition, l’Union pour le progrès et le changement (UPC), dénonçant au passage des velléités attribuées au parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et le taxant d’être  plutôt préoccupé par des deals  politiques souterrains dans le but d’éliminer des adversaires politiques. C’est aussi  celle de nombreuses associations de défense des droits humains et des acquis de l’insurrection populaire. Celles-ci ont préféré différer leurs hommages au 3 novembre 2017.  Comme on a pu le voir, la commémoration a été malheureusement prise dans le tourbillon des guéguerres politiques et des divergences d’approche. Un pas que la classe politique, dans son ensemble, aurait dû éviter de franchir, tant les occasions de se « rentrer dedans », de se régler les comptes sont légion et ne manqueront jamais. En se désolidarisant du mouvement d’ensemble de l’hommage national, c’est certainement un message clair qui est envoyé au gouvernement et même à la justice (elle a tendance à se mouvoir à l’approche des commémorations) qui devraient, chacun en ce qui le concerne, revoir toutes les pratiques décriées par une certaine opinion. Mais quel message a-t-on envoyé au « peuple insurgé », aux victimes de l’insurrection et à leurs familles  ainsi qu’aux âmes des martyrs par une célébration en rangs dispersés ? Sont-ils, eux aussi responsables des choix politiques en vigueur, de la situation sociopolitique et économique actuelle du pays au point d’en devenir des otages à leur corps et âmes défendant ? Sûrement, non ! La seule considération qui vaille, de notre point de vue, est celle du sacrifice suprême de ceux qui ont opté, en connaissance de cause, de faire face pendant que certains se terrent, pour que d’autres passent, par-dessus leurs dépouilles, de l’ombre à la lumière, des doutes à la certitude, de l’anonymat à la révélation et même de la rareté à l’abondance…Il ne parait donc pas juste et opportun de conditionner la participation à la journée d’hommage aux martyrs à une lecture politique de la situation nationale. Ce faisant, on tombe dans la caricature politique de l’humoriste français Coluche : « C’est pas compliqué, en politique, il suffit d’avoir une bonne conscience et pour cela, il faut avoir une mauvaise mémoire ».  Ces troubles précoces de la mémoire de l’insurrection populaire encourent des risques d’aggravation si la question est laissée aux mains des seuls politiques.   


camerlingue78@yahoo.fr





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