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Togo : la reculade de Faure

07/11/2017
22:49

La  pression de l’opposition togolaise sur le pouvoir de Faure Gnassingbé est-elle en train de faire de l’effet ? Les derniers développements du bras de fer, qui se joue autour de la Constitution au Togo depuis trois mois, semble donner une petite victoire aux opposants. Les autorités, qui ne juraient que par la répression des manifestants,  ont  commencé à mettre de l’eau  dans leur vin. Dans la soirée du lundi 6 novembre 2017, le gouvernement a annoncé à la télévision nationale des mesures qui sonnent  comme une reculade face à la fronde sociale de plus en plus forte. Cette sortie médiatique, effectuée à la veille de nouvelles marches dans les rues, a consacré la remise en liberté de 42 personnes interpellées, jugées et condamnées par diverses juridictions dans le cadre des récentes manifestations violentes.  Il en est de même de la restitution des motocyclettes saisies à Lomé lors de la manifestation du 7 septembre dernier et de la levée de la mesure de contrôle judiciaire du chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara. Ces mesures viennent  en complément  de l’annulation de la décision d’interdire les marches de l’opposition les jours ouvrables.  Le gouvernement a aussi fait part de sa disponibilité  à l’ouverture, en terre togolaise, d’un dialogue avec l’ensemble de la classe politique. Ce rétropédalage  de l’exécutif togolais  s’assimile-t-il à une  main tendue ou à une stratégie politique pour  désamorcer une « bombe sociale » qui pourrait emporter le président Faure ?   On ne saurait le dire, mais la mobilisation  et la détermination des  opposants à obtenir le retour à la limitation sans calculs politiques des mandats présidentiels et  au  mode de scrutin à double tour  sont telles  que le chef de l’Etat ne pouvait  que reculer.  Même s’ils peinent  à ébranler sérieusement le système Faure à cause de l’appareil sécuritaire, ils ne démordent pas à le démonter en pièces.  Au-delà des réformes constitutionnelles,  les  frondeurs veulent le départ pur et simple de Faure,  au pouvoir depuis une quinzaine d’années,  avec en toile de fond l’instauration d’une dynastie Gnassingbé.  Toute chose qui rebute nombre de  Togolais, qui n’arrivent pas à  dompter les problèmes existentiels auxquels ils sont confrontés au quotidien, faute d’emplois et de politique de développement  dignes de ce nom. C’est  bien pour cette raison que l’appel au dialogue du gouvernement, à saluer au passage,  pourrait ne pas trouver d’écho favorable auprès de l’opposition. Dans les rangs des manifestants, nombreux sont ceux qui redoutent des manœuvres du camp présidentiel  pour  demeurer aux affaires.  Et ils n’ont pas tout faux.  A considérer le projet de réforme constitutionnelle  gouvernemental, dont l’objectivité est discutable, il y a de quoi tomber des nus.  Même si ce texte prend en compte les revendications  des opposants sur la limitation des mandats présidentiels, il n’en demeure pas moins qu’il pose problème dans le fond.  Et  c’est bien pour cette raison que le projet a du mal  à  avoir l’assentiment  de l’opposition.  En effet,  les opposants se sont rendus à l’évidence  que  la phrase « En aucun cas nul ne peut exercer plus de deux mandats », qui figurait dans la Constitution de 1992, n’est pas inscrite dans ledit projet. Ce  principe est  pourtant capital  aux yeux des  opposants, qui entendent s’y appuyer  pour obtenir légalement le départ  du président  Faure.  Si cette disposition n’est pas rétablie, le compteur pourrait être remis à zéro pour le  chef de l’Etat togolais,  qui  aura la latitude de se maintenir aux affaires jusqu’en 2030.  On le voit,  les intérêts sont  carrément  opposés, si bien que les positions sont  tranchées de part et d’autre.  C’est la raison pour laquelle  le dialogue est  bien  difficile dans la crise togolaise.  Et  ce qui cloche, selon certaines indiscrétions,  c’est  que le président Faure lui-même n’est pas vraiment disposé à accepter une médiation.  Nombre de ses pairs de la sous-région et la communauté internationale, emmenée par l’ONU, en savent des choses, eux qui ne sont  pas parvenus à imposer l’idée d’une médiation au maitre de Lomé.  Dans ces conditions, il est à craindre que le président  Faure ne soit balayé par la rue, comme son ainé du Burkina Faso,  Blaise Compaoré.  Il lui faut  alors faire des concessions servant  réellement la cause de la démocratie et de son pays,  que de vouloir  sauvegarder  ses  propres intérêts.   A vouloir ruser avec le peuple,  on finit  par subir les coups de l’histoire.   


Kader Patrick KARANTAO
karantaokader@gmail.com







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