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RDC : un cadeau de Noël empoisonné

08/11/2017
22:33

RDC : un cadeau de Noël empoisonné


 

Le pouvoir en République démocratique du Congo (RDC) vient d’annoncer une nouvelle date pour la tenue de l’élection présidentielle. Ce sera précisément le 23 décembre 2018. Le nouveau calendrier permettra au président Joseph Kabila, de se maintenir une année supplémentaire au pouvoir alors que son mandat a pris fin en décembre 2016. Ce que l’on s’interroge le plus, c’est que personne ne peut dire avec certitude que les élections annoncées et reportées plusieurs fois depuis plus d’un an, auront lieu un jour. En plus, cette annonce, a eu le don de jeter un nouveau pavé dans les eaux troubles du landerneau politique au pays de Lumumba. En effet, après quelques jours de tergiversations, l'opposition congolaise a réagi en ordre dispersé à la publication du nouveau calendrier électoral. Les fortes têtes de l’opposition politique du pays, Vital Kaméhré, Félix Tchissékédi et Moïse Katumbi, à défaut d’une déclaration commune, sont d’accord sur la posture à adopter : rejet du calendrier proposé sur la base d'une même analyse, l'affirmation que des élections d'ici à juin 2018 sont possibles. Ce que disait aussi déjà la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Ils s’accordent tous aussi sur le départ impératif du président Joseph Kabila, le 31 décembre 2017, avant même les élections. On est donc en droit de se demander si ce n’est pas un cadeau empoisonné que le locataire du palais présidentiel a annoncé pour Noël 2018, pariant justement sur une division du camp d’en face sur lequel il pourrait surfer et même en tirer les raisons d’un nouveau report. Au premier abord, le pouvoir semble même avoir l’opposition au jeu. Les opposants à Kabila croient même tenir les preuves d’une collusion éventuelle entre le pouvoir en place et les premiers responsables de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La présence du vice-président de l’institution (bien qu’il soit issu de la majorité) dans la ferme présidentielle, à une réunion du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), au pouvoir, a jeté le doute au sein des tenants d’un scrutin transparent, sincère. Du moins, s’il a lieu. Tout porte à croire que le régime de Kinshasa, malgré les déclarations hésitantes de bonnes intentions, préfère jouer au « j’y suis, j’y reste ». A l’opposition ou à la rue de l’en déloger si elle a les moyens de le faire. Les dernières manœuvres politiques donnent une indication claire des intentions de Kabila-fils face aux mobilisations d’une partie de ses concitoyens. Un projet de loi sur les associations, introduit auprès de l’Assemblée nationale en octobre dernier, inquiète la société civile. Les ONG congolaises comme internationales pourraient, sous peu, être soumises à des conditions d'existence et d'exercice plus drastiques. Au terme de ce projet, plus de 3 500 ONG de droit congolais ou étranger verront leur sort géré directement par l’exécutif. Ceux-ci n'auraient pas de personnalité juridique et auraient bénéficié, selon certains, d'une loi jugée trop permissive, et contribueraient à troubler l'ordre public. Une allusion à peine voilée au mouvement citoyen Filimbin qui a donné du fil à retordre au régime de Kinshasa. Si la loi passe, un simple avis technique du ministère concerné ne permettra plus à une ONG de commencer à fonctionner sans attendre l'arrêté portant octroi de la personnalité juridique. Ce qui suscite une inquiétude légitime auprès des acteurs de la société civile. Sont menacées de dissolution, toutes organisations accusées de porter atteinte à la sécurité, à l'ordre public, d'occasionner des troubles politiques, de jeter le discrédit sur les institutions politiques. Pour les ONG étrangères, interdiction leur est faite de mener des activités politiques sans autre précision. Cette disposition est clairement un résumé des récriminations du pouvoir contre des organisations de défense des droits de l'homme comme Human Rights Watch, Amnesty International. Ces empêcheurs de violer les droits humains passeront sous les fourches caudines du ministère de la Justice et du Premier ministère, qui auront toute la latitude de disposer des ONG nationales et internationales avec un regard sur ceux qui les financent. C’est un tour de vis supplémentaires du président Kabila pour plomber la société civile qui a pris le relais de fait, des partis politiques empêtrées dans les contradictions, pour combattre les velléités de maintien au pouvoir du clan Kabila.

 

Mahamadi TIEGNA

 





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