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Editorial :Ça tangue au Zimbabwe

15/11/2017
23:59

Robert Mugabe a limogé lundi 6 novembre 2017 son vice-président Emmerson Mnangagwa. L’homme avait promis en septembre dernier de choisir entre sa femme, Grace Mugabe, et son vice-président pour lui succéder à la tête du Zimbabwe. Ça y est ! Le plus vieux président du continent africain (93 ans) a préféré sa femme à son collaborateur direct depuis 2014 qu’il accuse de « manque de loyauté ».
On savait qu’il existait des tensions entre Emmerson Mnangagwa et Grace Mugabe. Une rumeur accusait le Première dame du Zimbabwe d’être derrière une tentative d’empoisonnement du vice-président qui avait même été hospitalisé d’urgence en août en Afrique du Sud. Cependant l’on ignorait que Mugabe se séparerait aussi précipitamment de l’un de ses potentiels successeurs car l’annonce de son limogeage a été faite « avec effet immédiat ». Et voici les troubadours” du parti au pouvoir, en l’occurrence la Ligue des jeunes de la Zanu-PF, prendre fait et cause pour Grace Mugabe… « Nous avons besoin de quelqu’un dont la loyauté vis-à-vis du parti et de son dirigeant, le président Mugabe, soit indiscutable, et, plus important encore, une personne qui n’ait aucune volonté de travailler contre le président », ont-ils déclaré. Et de préciser : « La seule personne qui possède de telles qualités est le leader de la Ligue des femmes (de la Zanu-PF), personne d’autre que son excellence la Première dame de la République du Zimbabwe, Amai Grace Mugabe ».
Comment peut-on développer l’Afrique si au lieu de construire des institutions fortes, on préfère déifier les Hommes ? Sans attendre le congrès de la Zanu-PF, le successeur du vieux Bob est déjà imposé. 
Pourquoi Mme Mugabe doit-elle absolument remplacer son mari à tête du Zimbabwe ? Ce pays-là a-t-il besoin d’une succession dynastique pour se développer ? En tout cas, pour la deuxième fois Grace Mugabe vient d’évincer un vice-président.  Joyce Mujuru, avait été évincée en décembre 2014, parce que Grace Mugabe l’accusait de vouloir renverser le président.
Après avoir dirigé son pays pendant 37 ans, le président Mugabe aurait pu sortir par la grande porte en donnant la liberté à son peuple de choisir son successeur mais pas en dictant sa seule volonté à ce même peuple qui est assez mature pour trouver l’Homme capable de conduire sa destinée. Cette façon d’agir crée des frustrations, des tensions et compromet la paix et la stabilité d’un pays. En foulant au pied les règles de démocratie de gestion du pouvoir d’Etat et en voulant gérer le pays comme une propriété privée, on prépare une bombe à destruction massive” contre des innocents. 
Dans les pays africains ayant opté pour le régime démocratique, les héritiers présomptifs ont rarement réussi leur gestion du pouvoir. Joseph Kabila qui a succédé à son père Laurent Désiré Kabila en République démocratique du Congo peine à instaurer une paix durable depuis 2001, date de sa prise du pouvoir. Ali Bongo Ondimba, fils de Omar Bongo Ondima a transformé le Gabon en volcan. Faure Gnassingbé du Togo qui a pris la place de son père feu Eyadema Gnassingbé en 2005 est toujours objet de contestation. Depuis plus d’un mois, les Togolais sont dans la rue pour exiger son départ. Beaucoup de familles ont été endeuillées depuis son accession au pouvoir (cf. les rapports des commissions d’enquête togolaise officielle et de l’ONU de 2005). Une expérience zimbabwéenne sur la succession dynastique” est-elle nécessaire au regard de l’échec des autres dans cette même option ? Nul ne conteste le sacrifice consenti par l’ancien chef de guérilla en Rhodésie du Sud (Zimbabwé) depuis 1960 jusqu’à nos jours. Mais l’on préfère que le titulaire de 7 diplômes académiques sorte par la grande porte en passant le témoin à celui ou celle que ses concitoyens auront choisi librement. Ce sera une preuve supplémentaire que « l’Afrique est bien mûre pour la démocratie ».

Enock Kindo








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