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Zoom sur Pouy : Le village de Ouezzin Coulibaly

15/11/2017
21:01

Situé à une trentaine de kilomètres de Solenzo, le chef-lieu de la province des Banwa, Pouy est un village riche de ses terres, où l’on cultive plusieurs variétés de produits agricoles. Le mil, le maïs, le sorgho, le haricot, le riz mais aussi des cultures de rente telles que le coton, le sésame et l’arachide. Village natal de l’homme politique, Daniel Ouezzin Coulibaly, il est difficile d’accès et encore pire en hivernage. Même pour rejoindre les villages voisins, c’est la croix et la bannière. Ce qui fait du village un grenier en pleine eau.

Dira et Yasso, deux villages voisins, sont distants presque de 3 km de Pouy. Contrairement à ce dernier qui n’a qu’une école primaire, les deux premiers disposent, chacun, de Centre de santé et de promotion sociale (CSPS), d’école primaire et de collège et ne sont accessibles seulement qu’à pied pendant la saison des pluies. Une situation très difficile pour les habitants de Pouy qui y mettent plus d’une heure en cas de maladie. L’accès en véhicule est un  grand risque et handicape l’écoulement des produits agricoles. 
Pour Sévérin Koala, directeur de l’école primaire de Pouy ouverte en octobre 1999, il faut que l’on pense à alléger leurs souffrances, eux qui ont leurs familles dans d’autres localités et qui sont donc amenés à se déplacer en permanence. « Je souhaite, bien que je sois de passage, qu’au-delà de ce village, qu’on puisse œuvrer au désenclavement de la province des Banwa », souhaite-t-il. 
Parti de Dédougou et après avoir quitté le bitume pour la commune de Sanaba, une voie rouge avec, par endroit, de petits creux souvent mouillés nous accueille. L’on apercevait des traces de voitures qui, en voulant défier ce tronçon, se sont embourbées. L’état des routes fait que les sociétés de transport connues ne s’y aventurent pas. Seuls quelques véhicules, ‘’taillés sur mesures’’ arrivent à braver ces chemins de calvaire. « C’est cette société qui nous aide », nous disait le préfet du village, Liègninè Somé, rappelant la rareté des moyens de transport à partir de Dédougou mais aussi les difficultés de la voie. Seulement deux départs sont programmés par jour : le matin et l’après-midi à 14 heures. Tout le long des deux côtés de la route, se succédaient les champs de maïs, de mil et des rizières. Au bout d’une heure et demie sur 45 km, nous sommes parvenus à Sanaba qui est une commune rurale à partir de laquelle il faut une moto ou un vélo pour Pouy. 


« Après les examens, nous ne sommes plus tranquilles »


Dans le répertoire des villages administratifs  du Burkina Faso arrêté à la date du 1er décembre 2005, Pouy comptait environ 1059 habitants, répartis entre les Marka, autochtones, les Bobos, les Peulhs et les Mosse. Situé dans un bas-fond, les populations racontent avec peine, la menace de l’eau sur leurs habitats et les récoltes. Sévérin Koala est à sa deuxième année, dans le village, et affirme que l’enclavement du village est une réalité. « Il nous est très difficile de respecter la rentrée administrative», dit-il ajoutant que sa famille  est à Yasso où il y a un collège pour son enfant. Pour lui, la vie n’est pas facile. Et l’une des difficultés, c’est le problème d’eau. L’école du village dispose de deux forages dont un seul est fonctionnel,  mais dont l’eau, à son avis, a un goût un peu étrange, les obligeant à se rabattre sur l’eau de puits. Pour les condiments, c’est à Dira, village voisin où le jardinage y est très développé, qu’il s’approvisionne. Et c’est l’abondance, affirme-t-il, jusqu’au moment des travaux champêtres, période de rupture. 
Le village n’a pas de marché et utilise les marchés alentours pour écouler tous les produits d’agriculture et d’élevage. Le grand problème se situe au niveau des soins de santé. Les CSPS les plus proches sont à 3 km et le parcours est très laborieux. « Pendant l’hivernage, si quelqu’un tombe malade, il faut souvent faire un grand tour pour aller à Yasso », révèle M. Koala. Il se souvient de la mésaventure de son prédécesseur qui avait son enfant malade et c’était en temps de pluies. « L’enfant avait cinq ans environ et ses parents étaient obligés de le mettre au dos à tour de rôle. Pour les 3 km, il a fallu trois heures pour arriver », confie-t-il. Il s’interroge alors sur ce qui peut arriver en cas d’urgence. Pour le cas spécifique des enseignants qu’ils sont, Sévérin Koala affirme sans détour qu’après les examens du certificat d’études primaires, ils ne sont plus tranquilles parce qu’il suffit que deux grandes pluies tombent pour que la voie leur soit fermée. Le meilleur, pense-t-il, pour les populations, c’est « qu’il faut un CSPS à Pouy parce que pendant l’hivernage, s’il y a un cas urgent, bien que les CSPS voisins ne soient pas éloignés, le pire peut arriver ». 


L’abondance noyée par l’enclavement


A 20 ou 30 km de Pouy, nombreux sont ceux qui ignorent l’existence du village qui, pourtant, a vu naître Daniel Ouezzin Coulibaly. Malgré tout, Pouy regorge de fortes potentialités agricoles et d’élevage. En cette période de récoltes, la culture la plus visible est le sésame. Certains l’ont déjà récolté et étalé sur leurs terrasses pour le séchage tandis que d’autres attendent de le faire. Mais en dehors de cette spéculation, il y a également le riz, le maïs, le mil, les arachides, le haricot, le coton,…Selon Sikiri Dao, un jeune cultivateur qui a parcouru plusieurs sites d’orpaillage avant de faire son retour au village, les prix des denrées sont très abordables. La mesure de la grosse boîte de tomate en conserve de mil fait 150 F CFA, le riz et le maïs 125 F CFA et souvent à 100 F. Et même en période de soudure, croit-il, ces prix excèdent rarement 250 F CFA. Pour la volaille, les prix sont compris entre 2000 et 2500 F CFA lorsqu’il s’agit des coqs et des pintades. Emmanuel Konaté, bien qu’exploitant de petites superficies de coton, de mil, de riz, de maïs, de sésame,…tire une large marge bénéficiaire de sa production. Son salon compte déjà un stock assez important de denrées pour lui, sa femme et ses trois enfants sans que toute sa récolte ne soit engrangée. Pour lui, le bissap qui se vendait à 75 F CFA, souvent moins que cela la boîte n’est pas rentable aux yeux de plusieurs qui sont en passe de l’abandonner. 
Quant à la végétation, malgré la pression des activités agricoles, il y a encore un grand nombre de neems, l’arbre dominant, de karité, de baobabs, etc. Plusieurs concessions disposent aussi de puits qui leur permettent de s’approvisionner en eau toute l’année.  Pouy, c’est également un village d’hospitalité où l’on accueille l’étranger comme un fils du village et où saluer dure une éternité.

Tielmè Innocent KAMBIRE

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Un projet pour faire de Pouy un lieu de pèlerinage


Un projet est porté par le député-maire de Solenzo, Désiré Traoré il y a un an. Ce projet vise à faire de Pouy un lieu de Pèlerinage. Plus d’un demi-siècle après la mort de, Daniel Ouezzin Coulibaly, il entend faire vivre son souvenir dans les cœurs. 
« Pour que son souvenir reste vivace dans nos cœurs et pour toujours, surtout pour nos enfants d’ici et d’ailleurs, j’ai trouvé nécessaire de faire du village qui l’a vu naître un site touristique, une destination à ne pas manquer. Ce n’est pas une affaire de régionalisme, d’ethnie ou d’individu mais une question nationale. Tous les Burkinabè d’ici et de la diaspora doivent s’impliquer. Si nous prenons le cas de la Côte d’Ivoire, le village natal de son tout premier président, feu Félix Houphouët-Boigny, Bonzi, près de Yamoussoukro est un site touristique qui reçoit des milliers de visiteurs. Même si à Pouy, il n’y a pas une basilique, un lac aux caïmans et bien d’autres, Pouy a son potentiel touristique. Tel que le tout premier puits creusé par le fondateur du village qui date de vers 1600, qui existe toujours et qui n’a jamais manqué d’eau. Les ruines de la révolte des Marka contre les colons en 1916 et le quartier ou la place des colons à la conquête de l’Afrique noire de 1896 à Pouy. Ensuite, l’unique puits appelé à Pouy ‘’le puits de Ouezzin Coulibaly’’. La case dans laquelle est né celui-là même qui pouvait être le premier président de la Haute-Volta. Je ne le fais pas parce que Pouy fait partie de la commune de Solenzo, mais  pour rendre un vibrant hommage de toute la nation burkinabè à Ouezzin Coulibaly. Ce village pittoresque avec ses 9 ruines historiques, nous allons le faire connaître au monde entier grâce au soutien de notre budget communal, aux soutiens de tous les Burkinabè d’ici et d’ailleurs. Nous allons le désenclaver, lui donner la place qu’il faut dans l’histoire du Burkina Faso. D’ailleurs, c’est le souhait de ses habitants ».




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