Suivez-nous                                                                                                   Contactez-nous  +22625312289
Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
Flash info :

Vulgarisation du téléphone portable au Burkina : Une politique bien inspirée qui procure des revenus aux jeunes

15/11/2017
21:05

Le téléphone portable est devenu accessible au Burkinabè lambda, grâce à une politique gouvernementale hardie. Plus de 15 millions d’abonnements au téléphone mobile ont été comptabilisés auprès des trois opérateurs en fin 2016. Ce qui permet au pays de récolter environ 8,72 milliards FCFA en taxes et impôts et d’offrir à la frange jeune, des opportunités d’affaires dans la vente des téléphones. En effet, ils sont nombreux, les jeunes qui se débrouillent dans ce secteur pour gagner leur pitance. Halte dans cet univers du « système D».

Ablassé Bamogo est un marchand ambulant de portables. Chaque jour que Dieu fait, il arpente les rues de Ouagadougou muni d’un sac au dos et de portables dans les mains, à la recherche d’éventuels clients. Les marchandises, en réalité, appartiennent à quelqu’un d’autre et lui doit les placer pour garder les bénéfices. Il nous accoste devant une banque de la place en miroitant un téléphone en ces termes : «Un joli portable pour vous tantie. Il a beaucoup de fonctions et c’est moins cher. Un Samsung». Merci, lui avons-nous répondu. «Prenez et regardez, ça ne coûte rien, 40 000 FCFA seulement. Prenez». Devant son insistance et pour lui faire plaisir, nous nous exécutons. Quelques secondes après, nous tentons de lui remettre son bien. Toute chose que le vendeur n’accepta pas et nous invite à proposer un prix. Ablassé Bamogo nous poursuit et ce fut à la limite un harcèlement qui n’a pris fin qu’à l’apparition d’un autre client. Celui-ci apparemment avait l’intention de se procurer cet outil de communication. A l’image de M. Bamogo, plusieurs jeunes ont opté pour ce type de commerce. Devant les sièges des opérateurs de téléphonie mobile, aux alentours des marchés, à chaque carrefour, le long des rues, ils réparent, vendent des portables,  des cartes de recharge, des accessoires. 
Combien sont-ils les citoyens à avoir déjà eu affaire à eux ? Plusieurs. Face à leur acharnement, on finit souvent par céder et acheter un téléphone portable à l’improviste. 


«Redonner vie» au téléphone


En plus de ces vendeurs de portables et de cartes de recharge, se trouvent les réparateurs. Bien que n’ayant bénéficié d’aucune formation, ils arrivent à réparer les cellulaires à la satisfaction de leurs clients. Au nombre de ces  « sauveurs » figure Germain Valéa, spécialiste du flashage. 
Son atelier s’appelle Nanéma Télécom, sis au centre-ville. Il explique à quoi consiste son travail : «Il y a des téléphones qui viennent de l’Europe qui ne marchent pas avec les opérateurs installés ici. Je les reprogramme, les tropicalise afin qu’ils puissent fonctionner avec les puces actuelles. J’ai appris ce métier auprès d’un vieux père en 2006. Et progressivement sur Internet». Comme la plupart de ses camarades, M. Valéa a appris sur le tas. «Je n’ai aucune formation de base en informatique. J’ai uniquement fait l’école jusqu’en 3e», confie-t-il. A l’écouter, «redonner vie» à des outils de communication est une passion. «J’aime manipuler, chercher, trouver des solutions, rendre service à autrui», se réjouit-il. Pour tropicaliser un téléphone, le client doit débourser au moins 2 000 FCFA. Le prix varie en fonction de l’appareil, de l’opérateur et de la provenance. Car selon lui, il faut souvent passer impérativement par l’opérateur qui a fabriqué le téléphone  pour  payer le code avant de débloquer. M. Valéa travaille ainsi six jours sur sept, de 8h30 à 23h, pour récolter au moins 20 000 FCFA.
Son atelier ne désemplit pas. Au moment de l’entretien, au moins cinq personnes s’impatientaient dans la salle d’attente. Parmi lesquelles, Aminata Yaméogo qui a confié avoir fait le tour des réparateurs avant de venir ici. Elle explique : «Il m’a été recommandé par un collègue. Je n’ai pas été déçue. Cette fois, je suis là pour qu’il reconfigure mon ipad». «Il connaît bien son travail. Il est courtois. Je trouve ses prix abordables», telles sont les réponses qui nous ont été données par les clients pour expliquer l’affluence chez «Nanema télécom».
Abdoul Razak Zangré, 22 ans, travaille dans la boutique de son grand frère à Zabr-Daaga. Il vend des accessoires de téléphones portables dont des batteries, des fourreaux, des écouteurs, des bluetooth et des clés de connexion. Les prix  des batteries varient en fonction de la qualité et de leur provenance.  Il y en a de 3000, 4 000 et 6 000 FCFA.  Il a dévoilé son gain journalier qui peut atteindre 100 000 FCFA. Quant à Salif Kindo, il est réparateur de portables également à Zabr-Daaga. Il a confié que c’est depuis 2002 qu’il a commencé ce métier à Abidjan. A l’entendre, les problèmes de réseau, de tactile, d’écran… trouvent solution dans son atelier, dénommé Alias télécom. «Je peux régler par exemple un problème de tactile à 5000 FCFA. Les prix varient », déclare-t-il.  
Aux multiples jobs engendrés par la téléphonie mobile, s’ajoute la vente d’unités de recharge.  Pascal Compaoré, 35 ans, y gagne sa vie. Son lieu de prédilection est la devanture d’une boulangerie à Pissy. Il s’approvisionne auprès d’un fournisseur et passe toute la journée à courir derrière les clients pour proposer ses marchandises. M. Compaoré indique que son fond de roulement lui a coûté 25 000 FCFA.   «Je commence à vendre à partir de 6 heures pour finir vers 22 heures. Mes bénéfices peuvent atteindre 3 000 FCFA par jour», révèle-t-il.
Comme toute autre activité, ces différents acteurs du secteur informel rencontrent des difficultés. 


Les difficultés


M. Valéa regrette que certains clients ne comprennent pas souvent le risque qu’il peut y avoir en démontant un appareil. Au cas où ça tournerait mal, il devrait user de tous ses talents pour les convaincre de sa bonne foi. Un autre fait qui met à mal son activité, ce sont les coupures d’électricité, le manque de débit à l’internet (accès limité).   Salif Kindo pense que son travail est trop risquant, mais lui apporte des revenus. «Je  peux vouloir réparer un appareil qui s’allumait et qui finit par ne plus donner. Dans ce cas, je dois le rembourser», dit-il. 
Selon Pascal Compaoré, la plus grosse difficulté à laquelle un vendeur d’unités de recharge doit faire face, est le manque de vigilance dans l’envoi des crédits. Il peut se tromper et envoyer les crédits à un numéro inconnu. M. Compaoré a aussi évoqué le cas des faux billets. «Un automobiliste peut venir demander d’envoyer des unités. Il peut me tendre un faux billet et le temps de m’en rendre compte, il a filé», déplore-t-il. 
Le constat que l’on peut faire après avoir échangé avec tous ces interlocuteurs, c’est que la plupart gagnent assez bien leur vie. Toute chose qu’ils s’interdisent d’affirmer. La preuve est qu’ils roulent en motos «originales», dont l’unité coûte au moins 700 000 FCFA. 


Habibata WARA








16
Partager sur Facebook

> Recherche





>SOURIRE DU JOUR




>IMAGE DE LA CITE






> Edito

 



> Inscrivez-vous à la Newsletter

Newsletter

> Conseil des ministres


Voir tous les comptes rendus