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Cinéma : Le film Thom du réalisateur burkinabè Tasséré Tahirou Ouédraogo a été sacré meilleur film de fiction long métrage à Toukountchi festival de cinéma du Niger./Burkina: Mariam Diallo/Zoromé, ex-gouverneur du Centre Nord, a été inhumée ce dimanche 10 décembre au cimetière municipal de Bobo-Dioulasso./Emmanuel Macron : « La France n'investira plus uniquement pour faire des opérations de gouvernement à gouvernement qui n'auraient aucune retombée sur la population locale ».
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Contrôle citoyen au Burkina Faso : Les journalistes se forment pour dissiper la nébuleuse dans le secteur éducatif

15/11/2017
21:25

Une cinquantaine de journalistes ont reçu une formation, du 23 au 27 octobre 2017, à Koudougou sur le thème du Contrôle citoyen (CC). Maillon essentiel dans l’éveil et l’information des populations, ils ont été invités à jouer pleinement leur rôle en portant la bonne information aux populations afin qu’elles exercent le contrôle dans le secteur éducatif, plombé depuis des années.

En moins de cinq, la société civile  burkinabè est passée maître dans l’art de revendiquer, d’interpeller les dirigeants sur les cas de mauvaise gestion de biens publics, de crimes, dans le vote de certaines lois... 
Yoropo Abdoul Dembélé qui a assuré cette formation, pense que c’est de plus en plus avec l’implication d’un certain nombre d’acteurs  de la société civile, de la communauté régionale et internationale (Banque mondiale), que le CC est en train de prendre un bon pas. Il met cela au compte du travail réalisé par les journalistes qui fait que l’ensemble des citoyens, aujourd’hui, s’intéressent de plus en plus à la gestion de l’Etat. Mais cet exercice qui est un droit du citoyen doit se faire dans un cadre législatif bien défini. Pour M. Dembélé, il s’agit d’un certain nombre de dispositions qui sont prises à différents niveaux au rang desquels la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 en ses articles 14 et 15, la Charte africaine de la démocratie et de la bonne gouvernance, la Constitution du Burkina,…Toutefois, son regard sur ce qui se passe dans notre pays est que « lorsqu’on regarde d’une certaine façon, on voit souvent des actes posés qui ressemblent à des actes d’incivisme qui ne s’inscrivent pas du tout dans la logique du CC ».
Contrairement à ce que l’on constate aujourd’hui, la société civile burkinabè sous les régimes passés était très peu structurée et demander des comptes aux dirigeants était peu visible. En 27 ans de règne, le régime de Blaise Compaoré a été secoué seulement pour les crimes de sang comme les assassinats de Dabo Boukary, Norbert Zongo, Justin Zongo, la gestion des parcelles dans l’arrondissement de Boulmiougou sous le maire Séraphine Ouédraogo, ou la cantine de milliards de l’ancien directeur général des Douanes, Ousmane Guiro…Les différentes manifestations n’ont pas résolu les problèmes posés et plusieurs de ces dossiers attendent encore d’être jugés. 
Le réveil du peuple burkinabè, taxé de ‘’peuple mouton’’ par le professeur et homme politique, Laurent Bado,  a été remarquable après le Conseil consultatif sur les réformes politiques. Ensuite, avec les élections sénatoriales, la question du référendum et l’annonce faite par Blaise Compaoré en décembre 2013, à l’occasion de la fête nationale sur la possibilité d’une modification de l’article 37 de la Constitution « si les Burkinabé le décident par voie référendaire ». Face à ce qui se préparait, c’est-à-dire le déverrouillage de l’article 37, la création des organisations de la société civile (OSC) se décuple. 1517 récépissés ont, ainsi, été délivrés en 2013, 1829 en 2014 et 839 au mois d’octobre de l’année 2015. C’est l’ère des marches et contre-marches, meetings et contre-meeting, avec une forte mobilisation des OSC alors taxées de ‘’chapelles de partis politiques’’. 


Former pour une bonne information de la population


Généralités et définitions des concepts, mécanismes légaux de l’exercice du contrôle citoyen, utilité et objectifs du contrôle citoyen, outils et moyens d’action, champ d’action et acteurs…sont les points abordés à cette formation.  Et au cours des travaux, les participants ont marqué leur intérêt pour le thème à travers des débats sur plusieurs points de l’actualité qui ont permis un partage des expériences vécues par les uns et les autres. 
Pour le formateur Yoropo Abdoul Dembélé, le contrôle citoyen est un moyen dont dispose tout citoyen lui permettant de demander aux autorités de rendre compte de leur gestion de la cité. Celles-ci, à son avis, sont soumises à cet exercice parce qu’elles sont chargées de mettre en œuvre un certain nombre de politiques de développement économique et social au profit des populations. Aussi, le CC, a-t-il dit, ne doit pas se limiter à la dénonciation mais plutôt rassembler les moyens et poursuivre cette dénonciation par le biais de bien d’autres actions à même de favoriser la résolution du problème. 
Obliger les gouvernants à rendre compte et améliorer la performance de l’action publique sont les principaux objectifs du contrôle qui, selon le formateur, est porté par quatre types d’acteurs. Il s’agit des citoyens considérés comme les acteurs de premier plan, les OSC, acteurs privilégiés, les acteurs des médias, sentinelles de la vie publique et multiplicateurs des efforts des citoyens et enfin, les acteurs culturels. Ces derniers parmi lesquels : les musiciens, les chanteurs-compositeurs, les cinéastes…peuvent concevoir des scenarii sur des sujets de préoccupations de l’heure qui peuvent aider à résoudre un problème. 
Sita Diallo, correspondante du journal Le Quotidien à Koudougou juge cette formation très instructive. « Ce que j’ai retenu, c’est d’abord le sens même du contrôle citoyen, et ensuite son importance. Nous avons vu comment les médias peuvent s’impliquer dans la gestion de la cité en donnant l’information juste à la population afin que chacun sache où se trouve le problème », affirme-t-elle. Elle s’est dit prête à jouer son rôle afin de permettre aux populations d’exercer le contrôle dans le cadre réglementaire prévu. 
Dans le contexte burkinabè où l’on voit certaines OSC, sans objectif fixe, défendre un individu plutôt que les questions touchant la vie publique, Abdoul Dembélé a interpellé les journalistes sur le fait que l’une des quêtes du CC est d’éviter l’instrumentalisation des pouvoirs politiques.


Tielmè Innocent  KAMBIRE






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